• 27 Février 2013 : Des aveux ?

    "Le "rêve allemand" célébré sans pudeur par le Spiegel, c'est le cauchemar de l'Europe."

    "Une Europe prisonnière de l'euro"

     "C'est l'échec de l'Europe. L'échec de l'euro. Fallait-il signer ce traité de Maastricht (1992), qui tourne au désastre ? Après l'avoir tant défendu, on finirait par en douter. Curieusement, le sujet reste tabou."

    "Mauvais joueur, nous avions grogné contre les électeurs français et néerlandais qui n'avaient rien compris en votant non à la Constitution européenne de 2005."

    Arnaud Leparmentier, éditorialiste au Monde

     

     

     

    Qu'y a t-il de plus moralisateur qu'un curé ? Un journaliste bien sûr;  plus précisément, un éditorialiste. Celui-ci ne cesse  décerner des bons et des mauvais points aux hommes politiques, de professer sa "pédagogie" en direction "des français", d'accabler les coupables du moment - et avec quelle sévérité même - surtout - envers ceux qu'il lui était arrivé par le passé d'encenser.

    L'éditorialiste peut se permettre tout cela parce qu'il a toujours raison. Telle la girouette, il est dans le sens du vent. Le vent tourne, et alors ? Il lui faudra employer toute sa verve, redoubler de conviction, accabler davantage. Ce qui compte est d'emporter l'adhésion de son lecteur sur l'instant.

    Mais la crise de l'euro est une bourrasque dont il est difficile de prévoir les embardés. Et les girouettes d'affolent au point que le lecteur habituellement amnésique pourrait soudain tiquer.

    Arnaud Parmentier est journaliste au Monde, dont il épouse parfaitement la ligne progressiste, libérale, proeuropéenne. En septembre 2012, il nous gratiffiait d'un article réclamant pour la France une "saignée", c'est à dire une cure d'austérité, sur le modèle de ce qui se déroulait avec succès, selon lui, partout ailleurs en Europe du Sud :

    "Les ministres des finances européens étaient réunis en fin de semaine à Chypre au chevet des pays dits du "Club Med" et de l'Irlande. Et tous se sont réjouis des effets bénéfiques des saignées des derniers trimestres. Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), a envoyé des satisfecit à ses meilleurs pénitents, l'Irlande et le Portugal. "Des success-stories", s'est-elle réjouie. Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, a surenchéri : "L'Irlande est l'exemple vivant que les programmes d'ajustement fonctionnent." Comme il n'est plus possible, euro oblige, de remettre à zéro les compteurs de la compétitivité en dévaluant sa monnaie, les pays les plus affaiblis le font à coups d'austérité et de réformes. Et, ô surprise, la potion FMI, ça marche. (...)

    Aujourd'hui, l'Europe entrevoit la fin de la crise, et le patient français fait grise mine. Il est le seul à n'avoir suivi aucun traitement. (...) Au fond, on l'avouera, c'est un peu ce que l'on souhaite. Une remontée des taux d'intérêt, une piqûre de rappel, pour signifier à la France que ses maladies ne sont pas imaginaires et qu'elle doit à son tour accepter la purge de Molière. (...) Plutôt que d'entonner une chansonnette keynésiano-illusoire, reprenons les propos de Mario Monti, accusé cet été d'avoir aggravé la récession en Italie : "Seul un idiot peut penser qu'il serait possible d'agir sur des problèmes structurels datant de plusieurs décennies sans provoquer sur une brève période une aggravation" de la conjoncture. Bienvenue en France, monsieur Diafoirus"

    Ces propos, délirants d'aveugement idéologique, ont été tenus il y a à peine 6 mois. Depuis Le Monde a eu le temps d'annoncer en avec roulement de tambour, l'entrée en campagne de "l'extraterrestre", du "professore" Monti : "selon les sondages, la "marque Monti" apporterait une nette plus-value aux partis qui se réclament de son action. (...) Les enquêtes d'opinions évoquent un score possible de 20 % des suffrages." Comme on le sait maintenant le candidat de la sainte alliance des capitales européennes et des financiers a fait un bide mémorable.  

    Arrière toute et changement de braquet chez Arnaud Leparmentier, qui signe un éditorial parfaitement eurosceptique et anti-allemand, à tomber de sa chaise. Voici quelques perles : 

    "Le "rêve allemand" célébré sans pudeur par le Spiegel, c'est le cauchemar de l'Europe. Dans ce contexte, pourquoi pousser des cris d'orfraie en découvrant le résultat des élections italiennes le 25 février ? Après les technos aux ordres d'Angela Merkel, les populistes ; après "il Professore" Mario Monti, les tristes amuseurs Silvio Berlusconi et Beppe Grillo. Le choix des Italiens est un non cinglant aux recettes européennes, un rejet de la potion de Merkel-Monti.(...)

    Ainsi s'accentue la crise de légitimité politique dans une Europe prisonnière de l'euro. (...)

    C'est l'échec de l'Europe. L'échec de l'euro. Fallait-il signer ce traité de Maastricht (1992), qui tourne au désastre ? Après l'avoir tant défendu, on finirait par en douter. Curieusement, le sujet reste tabou. (...)

    Mauvais joueur, nous avions grogné contre les électeurs français et néerlandais qui n'avaient rien compris en votant non à la Constitution européenne de 2005. (...)"

    Ce texte me ferait presque douter : si finalement ne pouvait-on pas y lire un aveu sincère de la part d'un éditorialiste qui explique s'être trompé sur tout la ligne depuis le début ? Attendons de voir...

     

     

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 11 Septembre 2013 à 18:54

    c quoi ça???????

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