• "L'Allemagne devrait sortir de la zone euro", Pascal de Lima, économiste, enseignant à Sciences-po paris - Juin 2012. Extrait.

    " (...) Quel est l'intérêt de créer une zone euro des pays fragiles et de faire sortir l'Allemagne ? Imaginons tout d'abord que les pays fragiles sortent de la zone euro. Si ce sont les pays fragiles qui sortent, leurs nouvelles monnaies seraient rapidement sous-évaluées face à un euro qui se renforcerait. Dès lors, les anticipations d'une dévaluation, par les épargnants, engendreraient une fuite des capitaux depuis les banques locales vers les banques des pays membres de la zone euro. Dans le même temps, les pays devraient rembourser une dette en euro qui serait d'autant plus forte que la monnaie nationale se dévaluerait. Le résultat final serait donc une fuite des capitaux et l'inflation des taux d'intérêt, entraînant inéluctablement un défaut en cas de sortie des pays fragiles de la zone euro.

    À l'inverse, si c'était l'Allemagne qui sortait de la zone euro, le cours de l'euro chuterait, mais par rapport à la monnaie allemande et au dollar ! Les pays restés dans la zone euro pourraient dévaluer autant que nécessaire et réduiraient automatiquement leur coût du travail, sans couper dans les salaires. De plus, la valeur de leur dette externe déclinerait avec la baisse de l'euro, ce qui leur laisserait une chance d'éviter le défaut.

    Le principal argument contre cette solution, serait que la perte de valeur des dettes souveraines en euro entraînerait de lourdes pertes pour les banques qui posséderaient en masse des obligations d'État. Mais ces pertes, issues du risque de marché, seraient moins importantes que celles faisant suite à des défauts brutaux en cas de sortie de la zone euro !"

    La Tribune

     


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    Voici deux articles d'auteurs allemands de tonalité très eurocritiques. Si l'un, de M. SINN, économiste libéral, argumente très justement que le meilleur moyen pour les pays du sud confronté à la crise, est la sortie de l'euro, le second, publié par le Spiegel, journal de centre gauche, est d'une bêtise effarante, qui est aveugle sur les responsabilité de l'Allemagne dans la crise actuelle. L'euro serait un piège français qui se refermerait maintenant sous la forme d'un chantage des pays du sud voulant faire payer les allemands.

    L'égoïsme exprimé ici fera surtout une victime, l'Allemagne elle-même.


     

    “Jusqu’à ce que les allemands craquent…”, Der Spiegel - Juin 2012. Extrait.

     (...) Pour l’Allemagne, faire partie de l’Union Européenne a toujours comporté un élément de chantage. La France a joué cette carte depuis le début mais à l’heure actuelle, les Espagnols et les Grecs ont la maitrise du jeu. Ils tablent sur le fait que Berlin craquera bien un jour. (...)

    "En effet, en dépit de tous ses appels en faveur d’une solidarité européenne, la plupart des propositions de Hollande consistent à faire payer les autres. Quelqu’un devra forcément prendre en charge tous les programmes sociaux que le gouvernement français est en train de concocter. Et pourquoi pas le pays dont les habitants sont considérés comme particulièrement laborieux et fiables par une majorité de personnes récemment interrogées dans le cadre de ce sondage?

    Les politiques de Hollande dépendent de la volonté des créanciers étrangers de lui prêter les fonds nécessaires mais leur lecture des choses diffère de celle de l’électorat local. Puisqu’ils craignent de ne jamais revoir leur argent, ils demandent des primes de risque plus élevées. Une des voies menant vers du capital frais à moindre coût mène à l’épargne des Allemands – ce qui explique pourquoi le gouvernement français a été si insistant au sujet des Euro-bonds et, plus récemment, au sujet de l’union bancaire.

    Et pourtant, il y a une autre option : demander aux Français de travailler plus. Mais Hollande préférerait éviter d’exiger cela de ses concitoyens."

     Blog d'Olivier Berruyer

     

    Un retrait provisoire de la zone euro !, Hans-Werner Sinn - Février 2012. Extrait.

    "(...) Beaucoup de gens estiment que la restructuration et la mutualisation de la dette constitue la seule solution. Mais cela a déjà été fait. Le nouveau plan de sauvetage accorde 237 milliards d’euros à la Grèce, soit 30% de plus que son revenu national net, 180 milliards d’euros. Mais ce  plan conforte les “mauvais” prix – et de ce fait le manque de compétitivité de l’économie grecque. La dette va réapparaître comme une tumeur, grossissant année après année, et minant la solvabilité des pays stables de la zone euro.

    Si ce scénario se réalise, l’euro finira par s’effondrer. Seule une baisse des prix permettra aux pays en difficulté de redresser leur balance des comptes courants et de rembourser leur dette extérieure. Il est temps que l’Europe se confronte à cette cruelle vérité.

    Les pays en crise qui se refusent à baisser d’eux-mêmes leurs prix devraient se voir offrir la possibilité de quitter temporairement la zone euro pour baisser leurs prix et réduire leur dette. Autrement dit, ils devraient prendre une période sabbatique hors de la zone euro – une proposition soutenue maintenant par l’économiste américain Kenneth Rogoff.

    Une fois l’orage de la crise financière passée, le soleil brillera à nouveau très vite. Les pays créanciers devront faire face à des pertes importantes liées à la restructuration de la dette des pays les plus endettés, mais au bout du compte ils perdront moins que si ces derniers restent dans la zone euro. Car c’est en quittant la zone euro qu’ils parviendront à certaine une prospérité – la seule chance pour leurs créanciers de récupérer un tant soit peu leurs actifs."

     


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  • Philippe Murer fait partie de la bande des intellos eurocritiques dont les plus médiatiques sont Emmanuel Todd et Jacques Sapir. Il s'est amusé à exhumer une tribune d'acteurs politiques et économiques - majoritairement de centre gauche - publiée en 1997 annonçant un avenir radieux à la monnaie unique.

    Ce mois de juin 2012 est précisément celui où, dans les colonnes du Monde, s'exprime clairement, même parmi les défenseurs les plus acharnés du projet eurolibéral, des doutes quant à la pérénité de l'euro. Le raccourci temporel saisissant révèlant a postériori la naiveté et la frivolité des élites gouvernantes.

     

    Euro : le centre gauche prend peur...

     

      "L’euro sera l’un des piliers d’une cohésion nouvelle" (1997)

     

      "Si l’union européenne continue pendant quelques mois à se défaire sous nos yeux, en suivant très exactement les scénarios les plus pessimistes, ici exposés depuis des années, elle n’existera bientôt plus" (2012)

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