• Comment la gauche « moderne » a abandonné les classes populaires - Louis Maurin

    L'intégralité de l'article ici : http://www.inegalites.fr/spip.php?page=article&id_article=2118

    La gauche « moderne » ignore les classes laborieuses ; elles lui rendent dans les urnes la monnaie de sa pièce. Voilà qui permet de comprendre la poussée du Front national, bien plus que la peur des étrangers dont la part dans la population (6,4 %) est inférieure à ce qu’elle était en 1982. L’incrédulité des dirigeants socialistes devant leur impuissance à endiguer la montée du parti d’extrême droite a une raison simple : ils ne comprennent plus rien à la société française.(...)

    Tout irait bien si cette gauche embourgeoisée pouvait s’affranchir du pouvoir de nuisance des classes populaires, prendre ses congés, manger bio et choisir la bonne école pour ses enfants tranquillement. Elle a même théorisé son divorce avec le monde ouvrier devenu conservateur, selon la fondation Terra Nova (« Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 », Bruno Jeanbart et Olivier Ferrand, 2011). Malheureusement pour elle, les catégories populaires sont nombreuses : 14 % seulement de la population adulte disposent d’un niveau de diplôme supérieur à bac + 2, la moitié des actifs sont employés ou ouvriers. Nous sommes en démocratie et elles continuent à voter. Même si elles s’abstiennent davantage, leur poids est tel dans l’électorat que l’on ne peut faire sans elles. Lionel Jospin cherchait encore à la fin des années 1990 à « réconcilier les classes moyennes et populaires » ; aujourd’hui, la gauche dirigeante veut faire l’alliance des couches aisées et des classes moyennes dites « supérieures », 20 % des électeurs en comptant large.

    Résultat, le Parti socialiste se désintègre : un électeur sur dix a voté pour lui au premier tour des dernières régionales. Les électeurs se détournent des partis politiques en général qui n’ont que faire des catégories populaires. La seule organisation qui produise un discours de classe fort est le Front national, en s’appuyant sur la démagogie et la xénophobie. (...)

    Comment défendre les catégories populaires sans utiliser l’arme de la démagogie ? Ces catégories n’ont pas davantage à gagner à la « dictature de prolétariat » et au renversement du capitalisme qu’on leur promet à l’autre extrême. Divisée, engoncée dans un discours révolutionnaire, l’extrême gauche ne peut que rester ultra minoritaire. Les Verts s’intéressent plus à leur panier bio qu’aux ouvriers. De son côté, la droite, plutôt que de partir à la reconquête d’un électorat populaire avec des propositions sociales, s’est fait piéger par la gauche qui lui a volé sa politique. Ses ténors font l’erreur de se lancer dans la surenchère. Le Front national comble ce vide sidéral. « Nos sociétés ne sont pas sans classes, mais sans discours de classe articulant, de manière nouvelle, une explication théorique de ces inégalités à un projet politique de transformation sociale, crédible et vérifiable », expliquait le sociologue Claude Dubar [2]. Tout est dit. Reste à savoir qui est prêt à rénover le projet social démocrate.

    « La gauche est morte, merci Hollande !Nouriel Roubini enterre l'euro »

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  • Commentaires

    1
    Samedi 9 Janvier 2016 à 10:41

    C'est quand même marrant. En lisant cet article sur le site Inégalités, je songeais à toi comme à quelques autres blogueurs (Des pas perdus, Dalipas...) qui restent sensibles à des thèmes sortant des marottes usuelles de la petite bourgeoisie d'État qui trustent la gôche institutionnelle. Bon week end !

    2
    BA
    Dimanche 10 Janvier 2016 à 11:22

    La conclusion de l'article : "Reste à savoir qui est prêt à rénover le projet social démocrate."

     

    Le projet social-démocrate ?

     

    Mais le projet social-démocrate a déjà été rénové en mars 1983.

     

    Avant mars 1983, le projet social-démocrate, c'était la justice sociale.

     

    Après la rénovation de mars 1983, le projet social-démocrate, c'est devenu la construction européenne. Lisez les déclarations de Mitterrand dans le livre "Verbatim" de Jacques Attali.

    3
    Dimanche 10 Janvier 2016 à 13:32

    Salut les gars.

    Bien votre association avec le Yéti.

    On les aura tous !

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