• Daniel Cohen en "dépression grave" sur les ondes

    Daniel Cohen est président de la fondation Jean-Jaurès, proche du PS. Il est surtout considéré par ses pairs comme "un des meilleurs économistes de france" et montre à chacune de ses interventions qu'il est un formidable pédagogue. De tradition keynésienne, il se lamente sur l'irrationalité de la gouvernance européenne qui semble incapable d'empêcher la répétition à l'identique du scenario mortifère de la crise de 1929, lorsque les pays s'étaient lancés dans une surenchère austéritaire, provoquant la dépression mondiale.

    Le professeur Cohen semble toutefois incapable de tirer les leçons politiques de l'échec - qu'il reconnait - de la construction européenne. Il est condamné à voir se dérouler sous ses yeux cette crise "irrationnelle", fruit des incohérences institutionnelles de la zone euro, de la stratégie impériale de l'Allemagne et des tensions sociales qui remontent à la surface à la faveur de la crise.

    Mon diagnostic pour cet homme est donc que rien ne pourra le tirer de sa dépression longue durée dans laquelle il est enfermé depuis que le bel édifice de l'euro, qu'il a tant adoré, s'est révélé en réalité si fragile.

     

     

     

     

     20 septembre 2012 - France Culture

     

     

    "Les allemands ne veulent pas payer pour les grecs et les espagnoles. Après 50 ans d'intégration économique européenne, on découvre qu'il n'y a aucune espèce de citoyenneté européenne.  L'économie en elle même est incapable de créer une quelque solidarité, à tout prendre elle la défait.

     

     

     

    «Hollande est parfaitement au clair sur les réalités de la crise», Daniel Cohen - Juin 2012. Extrait.

    "On ne peut partager une monnaie sans partager d’autres instances communes pour la protéger. Il faut, par exemple, une union bancaire pour protéger les Etats, et un fonds de solidarité doté d’une vraie force de frappe, bien supérieure à l’actuel fonds européen de stabilité. Il faut aussi construire une autre légitimité politique, avec de nouvelles institutions fédérales. C’est un chantier aussi important que ce qu’avait réussi à faire Franklin Roosevelt aux Etats-Unis avec le «New Deal», en inventant le modèle fédéral américain."



    Paris-Berlin : le dialogue de sourds ?, Daniel Cohen - Juin 2012. Extrait.

    " D'abord, on n'achète pas une police d'assurance après que l'incendie a eu lieu, lorsque le voile de l'ignorance a été levé sur les bénéficiaires du dispositif. Vue d'Allemagne, la proposition d'une union bancaire revient à demander aux contribuables allemands de recapitaliser les banques espagnoles. Ensuite - c'est l'obstacle le plus important -, on ne sait pas ce qu'est le "niveau fédéral" au niveau de la zone euro. La Cour constitutionnelle de Karlsruhe interdit de déposséder le Bundestag de son pouvoir budgétaire en faveur d'institutions non "démocratiques".(...)

    L'immensité de la tâche semble décourageante. Aucun de ces problèmes n'est pourtant insurmontable. Pour rester dans l'exemple de l'union bancaire, on peut tout d'abord s'entendre sur le fait qu'elle verra le jour une fois que les banques nationales auront été convenablement recapitalisées. Cela règle le premier problème, celui du voile de l'ignorance : on fait le ménage d'abord, puis on passe au niveau fédéral, pour redonner de la cohérence systémique au projet européen. Concernant le contrôle démocratique, il faut disposer d'une instance propre à la zone euro. Les Allemands réfléchissent à une nouvelle Chambre, constituée de parlementaires nationaux."

     

     

     

     

     

     

     

     

    « Pour la zone euro, une sortie de la Grèce serait une catastrophe », Daniel Cohen - Mai 2012. Extrait.

    "(...) Le vrai problème, pour moi, se situe dans les semaines qui nous séparent de ce scrutin. Si un puissant « bank run » oblige les autorités à geler les dépôts bancaires et à instaurer un contrôle des capitaux, cela reviendra, de facto, à une sortie de la Grèce de l'euro. Le pire serait que les marchés décident à la place des gouvernements. Et c'est ce vers quoi l'on risque de s'acheminer. (...)

    Pour moi ce serait une grave erreur. Les Grecs verraient leur monnaie s'effondrer d'au moins 50 % ce qui signifierait une ponction équivalente de leur pouvoir d'achat vis-à-vis des produits importés. L'inflation deviendrait galopante, le secteur bancaire serait soumis à une panique folle. Cela dit, on peut penser qu'après une période apocalyptique, il y aurait un retour de compétitivité. En pesant les avantages et les inconvénients, rester dans l'euro l'emporte à mon avis. Mais il faudrait un plan de croissance vigoureux, qui concentrerait sur un an ou deux tout ce à quoi la Grèce peut prétendre comme investissements et fonds structurels pour les cinq ou dix prochaines années. (...)

    Pour la zone euro, ce serait une catastrophe. On aura montré qu'on peut être dans la zone euro et en sortir. La zone euro ne serait qu'un régime de change fixe super-rigide, qui peut facilement voler en éclats. Pour avoir échoué à régler un problème qui pèse seulement 2 % du PIB de la zone euro, on va créer un précédent qui coûtera extrêmement cher.

    (...) J'espère que les autorités allemandes n'ont pas atteint le point où ils préféreraient que les marchés décident à leur place."

    Dans Les Echos


     

     Le 7/9 de France Inter - 14 Septembre 2011 - Partie 1

     

     

     Le 7/9 de France Inter - 14 Septembre 2011 - Partie 2

     

     

     

     

     

     

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