• François Lenglet, où quand nous redécouvrons la lutte de classes

    Il faut annuler les dettes, il faut aider la Grèce à sortir de l'euro...

    François Lenglet est souvent injustement mal jugé à gauche. Il faut comprendre que sont rôle vis à vis des élites est le même que celui d'un Mélenchon vis à vis du peuple : un passeur et un éclaireur. 

    François Lenglet est un "Keynes" de notre époque qui tente de ramener les élites à la raison. Voici donc ce qui se fait de mieux parmi la bourgeoisie.

    Il faut l'écouter dézinguer l'europe fédérale sans que ses interlocuteurs eurobéats se sentent autorisés à le stigmatiser comme "souverainiste", "extrémiste".


    Les Matins de France Culture - Octobre 2012


     

    "François Hollande, le Président du retour au franc "

    BFM TV



    François Lenglet,  directeur de la rédaction de BFM Business, et François Heisbourg invités chez Good Morning Week End sur BFM - 18 Février. Extraits.

     

    F.L : « Cette affaire grecque ne peut que rendre triste quand on voit que depuis deux ans les européens, avec ce qu’il faut quand même appeler une incompétence extraordinaire, ont pris des décisions qui ont été démenties par les faits 3 mois après (…) La Grèce est d’ores et déjà en situation de faillite. C’était évident, tonitruant, compte tenu de l’ampleur de la dette qui pèse sur ses épaules (..) et compte tenu du fait que l’austérité ne fait qu’aggraver la situation. (…) Cela donne la mesure de l’aveuglement des dirigeants européen qui s’entêtent à imposer une cure d’austérité en pure perte et qui ne font que retarder l’inévitable qui est évidemment à tout le moins le défaut, sinon la sortie de la zone euro de la Grèce. »

    F.H : « La Grèce entre dans une 5ème année de récession. Les années 30 ne sont plus un parallèle suffisant pour comprendre ce qui se passe en Grèce aujourd’hui. (…) Le Portugal c’est comme la Grèce il y a à peu près un an. La courroie de transmission vers la zone euro va se faire par l’intermédiaire du Portugal. Très honnêtement tout cela me fait extraordinairement peur. Les traités que nous allons signer dans quelques jours va porter à l’échelle européenne le type de remède que l’on impose aujourd’hui au Portugal. »

    FL : « Il y a derrière ça un combat entre générations et entre classes sociales. (...) A partir du moment où on aura enfin admis que ces dettes ne seront jamais payées et que c’est le destin des agents surendettés que de répudier leur dette. Qu’une faillite si elle est douloureuse pour les créanciers, elle est aussi une renaissance de façon plus collective. La difficulté à résoudre cette crise monumentale, c’est la difficulté à admettre que ces dettes ne seront pas payées. »

     

     

    Comme d'habitude, les petits soldats socialistes de la revue Alternatives Economiques ne comprennent rien et défendent les intérêts du capital.

    François Lenglet, journaliste économiste aux Echos, La Tribune et BFM Business, comme toujours excellent, démontent les dernières illusions de la gauche néo-libérale. Il prédit la sortie de la Grèce de la zone euro; et la fin probable de l'euro. 

    La morale de l'histoire est que ces socialistes sont des idéologues dangereux, derniers militants du système néo-libéral qui s'effondre pourtant sous leurs yeux. Il est sidérant de devoir s'en remettre à un journaliste proche du monde économique et financier pour entendre dire que les peuples ont aussi leur mot à dire et qu'ils imposeront aux élites la fin de l'euro.

     

     

     

     

     

    « Soros est arrivé Pour une révolution fiscale - Piketty, Saez, Landais »

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  • Commentaires

    1
    quinqua+
    Mardi 2 Octobre 2012 à 17:15

    Bonjour,

           FL est sympathique, attentif, à l'écoute, nuancé. J'apprécie ce qu'il dit quant à l'aveuglement des élites européennes à vouloir payer absolument la dette. A la nécessité pour les pays du sud (mais pourquoi pas la France?) à sortir de l'euro pour pouvoir dévaluer et retrouver une activité économique pourvoyeuse d'emploi après. Ce qu'il propose comme accompagnement lors de la sortie de l'euro est tout aussi intéressant.

    Je suis d'accord qu'il faille choisir d'"euthanasier les rentiers".

    Cependant je crois que la lutte des classes n'est pas pour l'essentiel, une lutte des générations, contrairement à ce qu'il dit. Bien sûr, beaucoup de 68ards, issus de la petite voire de la grande bourgeoisie sont actuellement à des places de pouvoir et dans une "aisance" financière dérangeante... mais ce ne sont pas leurs enfants qui sont aujourd'hui dans les situations de précarité et de chômage... ce sont ceux des paysans, des ouvriers, des employés, des petits fonctionnaires, et autres salariés modestes.

    Je pense que la GRANDE MAJORITE des "quinqua+" comme Langlet les appelle,  est plutôt  dans le besoin, que ce n'est pas une minorité comme il le dit... et que cela est vrai pour toutes les générations: une minorité gagne, la grande majorité y compris des diplômés, a des niveau de revenus et des statuts peu enviables et une minorité , mais de plus en plus importante est dans la grande misère, ou la précarité...

    Le discours d'une partie de la droite, du grand patronat (celui qui est représenté au MEDEF) , des financiers des capitalistes donc,   est d'opposer les actifs et les retraités , les fonctionnaires et les travailleurs du privé etc...

    Cela ne retrace pas la réalité sociologique du pays. Par exemple, il y a, parmi les retraités, une majorité de personnes qui ne touchent que des pensions extrêmement modestes: Christophe GULLY (le monde du 25 septembre 2012, dans une interwiew, article intitulé zones fragiles p 18) indique que "les retraités représentent 1/3 des ménages au niveau national: 67% sont d'anciens ouvriers, employés ou agriculteurs avec de très petits revenus". Or Langlet prétend que les "quinqua+" qui gagnent mal leur vie sont minoritaires.

    Quelquefois, ces retraités à petite pension ont mis de côté, sous à sous, une petite cagnote ,  après le départ des enfants,   afin de ne pas être un poids pour ceux ci,   au moment redouté de la grande dépendance, tout en étant "bien soignés", en clair en n'étant pas obligés de finir  dans un mouroir. Ceci au prix d'une vie étriquée durant toute leur retraite, après une vie de labeur destinée à donner à leurs enfants le meilleur, et en particularité la possibilité de suivre des études . Peut on parler de rentiers pour ces personnes? Ne faut il pas protéger leur épargne en cas de crash boursier tandis qu'on laisserait filer celle des hauts revenus (la plupart du temps non salariés ou indûment salariés car je ne considère pas comme salaires les sommes faramineuses que s'attribuent les grands patrons...)

    Qu'il y ait des inégalités criantes dans les retraites, sans doute: celles de certains  grands patrons ou grands fonctionnaires de l'état  ou professions libérales sont elles à la mesure de leurs cotisations je n'en sais rien, ... et peut-être faut il repenser le montant des pensions ,  mais il faut être nuancé dans ses propos et s'appuyer sur des chiffres avérés, sur des statistiques éprouvées de sociologues et de géographes comme GUILLUY, sinon, on parle dans le vague et cela ne sert à rien, sinon à alimenter l'idée que les retraités sont des poids pour la société, comme les chômeurs, les malades et les fonctionnaires, sangsues bien connues de la société...

      A quand l'euthanasie? La guerre des pauvres ne doit pas avoir lieu.

    Cordialement,

    Quinqua +.

     

    2
    Coma81 Profil de Coma81
    Mardi 2 Octobre 2012 à 20:29

    "Je pense que la GRANDE MAJORITE des "quinqua+" comme Lenglet les appelle,  est plutôt  dans le besoin"

    La grande majorité des quinqua +ne se rendent pas compte à quel point ils ont des conditions de vie provilégiées par rapport au reste de la population.

    La situation des jeunes génération est calamiteuse : chomage, précarité, pas d'autonomie financière.

    Le bloc social dominant qui nous impose le néolibéralisme est le résultat de l'alliance entre la majorité des quinqua + et de l'oligarchie financière.

    80% des plus de 65 ans ont voté UMPS (plus modem) (en suffrage exprimé)

    seul 47% de la population a voté pour l'ump, le ps, le modem ou les verts. Le reste est soit non inscrit, abstentionnistes, fn, front de gauche.

    http://www.les-crises.fr/presidentielle-2012-1t-1/

    Les quinqua + sont au fait de leur emprise sur la société

    3
    quinqua+
    Jeudi 4 Octobre 2012 à 21:52

    Bonjour coma81

    Je réfute vos chiffres d'après votre source: 50-64 ans: 26S+19LP+9 B = 44% pour la droite

    29H+12M= 41% pour la gauche et 15% abstention.

    par contre + de 65ans,  60% à droite et 38% à gauche avec seulement 2% d'abstension.

    Par ailleurs pour le site d'Europe 1.

    En 2012: 15 000 000 de retraités; retaite moyenne 1216euros /mois Avec fortes inégalités (15000 pour les hommes et 1000 pour les femmes; 400 000 personnes à 777 euros/ mois et 1 000 000 avec des retraites "chapeau". les dépenses de santé reviennent à environ 1200 euros/an soit un mois de pension en moyenne.

    Pour 2012 toujours, salaire moyen 1605 euros;   pour 50 % des salariés les moins payés: 1441euros /mois.

    Ils est donc vrai que l'écart entre actifs et retraités s'est amenuisé par rapport à il y a 20-30 ans.

    Ces chiffres moyens  des retraites et des salaires cachent de très fortes inégalités dans l'un et l'autre cas. Et je ne parle évidemment pas des 3,7 millions à 5 millions de chômeurs....

    Les jeunes sont particulièrement touchés comme vous le soulignez, mais, les générations spontanées n'existant pas, ce sont les enfants des quadras et quinqua +, désespérés par les situations, effectivement calamiteuses dans lesquelles se trouvent leurs enfants. Le pire étant évidemment le manque d'autonomie et l'exclusion.

    Mais je continue de penser qu'il est absurde de monter les générations les unes contre les autres et que seule l'unité contre les politiques économiques et sociales délétères que vous dénoncez dans ce blog peuvent permettre finalement de retrouver la croissance nécessaire pour assurer l'emploi. je continue de penser que ces politiques profite à une toute petite partie de la société à ces ultrats riches amis de notre ancien président à ces financiers et autres parasites. Vous dénoncez fort bien  ce que vous avez nommé le"socialisme pour les riches" qui consiste à faire renflouer les banques et donc les rentiers, par les contribuables.

    Je vous joins un extrait du point de vue d'un internaute sur ces questions: je suis particulièrement d'accord avec le dernier paragraphe.

    Je ne suis pas plus économiste que vous, mais je vais tâcher de répondre à vos deux questions.

    Si j’ai bien compris la phrase que vous citez, les économistes signataires du texte (dont F. Lordon) reprochent au traité européen de s’intéresser davantage aux créanciers qu’aux salariés. Il faut, pour les partisans du traité, que les États paient toutes leurs dettes, et le plus rapidement possible - peu importe le coût social. Or, parmi ces créanciers, les plus influents politiquement sont ceux qui possèdent un gros "patrimoine financier". En somme, ce traité a été voulu par les plus riches pour les plus riches.

    En ce qui concerne les attaques à l’égard des retraités, elles me semblent avoir pour but de substituer à la lutte des classes (sociales) la division entre classes d’âge. Mettre tous les retraités dans le même sac est idiot. Certes, statistiquement, les retraités français ne s’en sortent pas trop mal, et ceux d’aujourd’hui sont sans doute plus riches que ceux de demain. Mais si on y regarde de plus près, on constate qu’il y a d’énormes différences entre les situations. La première est sans doute celle qui existe entre les femmes et les hommes. Cf. cet article de l’observatoire des inégalités : même s’il date de 2004, il est sans doute encore valable en grande partie aujourd’hui. De plus, une bonne partie des retraités actuels a vécu dans une époque de chômage de masse. Les trente glorieuses sont terminées depuis bientôt quarante ans, faut-il le rappeler ? Il y a donc parmi les retraités pas mal de gens qui ont eu des périodes de chômage plus ou moins longues, ce qui n’a pas été sans effet sur le niveau de leurs pensions.

    Par ailleurs, beaucoup de retraités aident financièrement leurs enfants ou petits-enfants. Leur richesse - toute relative - sert à amortir un peu la dureté de la condition des actifs.

    Bref, il faut arrêter de taper sur les retraités. Ce qu’il faut, c’est davantage taxer les plus riches, qu’ils soient ou non retraités. D’une manière plus radicale encore, il faudrait organiser différemment la répartition de la richesse produite. Avant de redistribuer les richesses, il faudrait veiller à une première distribution plus équitable.

     

     

     

     

    4
    Coma81 Profil de Coma81
    Vendredi 5 Octobre 2012 à 12:33

    bonjour. Le clivage fondamental est bien sûr le rapport de classe. La question est quel est le visage sociolgique que ce rapport aujourd'hui ? 

    Comme toujours, le patrimoine est extrêmement concentré dans les mains d'une oligarchie financière.

    Mais dans nos démocraties - certes  imparfaites - l'oligarchie doit composer avec d'autres forces sociales. Le compromis de classe définit un système économico-politique.

    Le néolibéralisme est le résultat d'un compromis entre l'oligarchie financière et la classe moyenne diplômée - anciens étudiants révoltés de 68.

    Cette génération a un profil particulier puisqu'elle a bénéficié de conditions sociales favorables, relativement égalitaires. Donc en comparaison aux autres générations, elle est moins marquée par les clivages de classe et plus solidaire dans ses intérêts. D'où la force qu'elle constitue encore aujourd'hui. Elle vote massivement pour les partis pro-système : UMPS, vert, modem comme le montre les chiffres que je vous ai fourni. Les hommes politiques au pouvoir représentent directement les intérêts des quinqua + (à l'exception des plus défavorisés, certes).

    Avez vous remarqué que le FN , anti-système, arrive devant l'ump, en ce qui concerne les 25-49 ans ?

    http://www.les-crises.fr/presidentielle-2012-1t-2/

    Voter PS signifie voter contre les classes populaires et les jeunes.

    Les jeunes qui votent encore PS ou UMP sont les plus favorisés.

    5
    Coma81 Profil de Coma81
    Vendredi 5 Octobre 2012 à 12:37

    Evidemment, il faut s'inquiéter du sort des quinqua +, car par leur choix, ils creusent leur propre tombe.

    6
    Quinqua +
    Vendredi 5 Octobre 2012 à 20:48

    Bonjour,

    merci de votre réponse que je comprends mieux dans le contexte que vous précisez.

    Cordialement,

    Quiqua+

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