• Hollande, serviteur zélé de la banklatura (selon l'OFCE)

    La crise de la finance a remis en cause la légitimité du capitalisme libéral. A la stupeur générale, les Etats - par l'intermédiaire principalement des banques centrales - ont dû intervenir en catastrophe pour sauver les banques. Socialisation des pertes, privatisation des profits. Nous sommes loin ici des principes du libéralisme. Il s'agit plutôt - pour reprendre les termes de notre regretté Prix Nobel d'économie, Maurice Allais - de "chienlit laissez-fairiste", qui profite d'abord aux puissants et aux mafias.

    Face à cette monumentale défaillance des marchés financiers dérégulés, les Etats sont pressés, par leur population passablement énervée, de restaurer des règles permettant un meilleur fonctionnement de l'économie. Cela ne veut pas dire que la socialisation de la finance soit à l'ordre du jour. Néanmoins, même dans une optique libérale, on peut espérer qu'il soit possible d'assurer, par une régulation appropriée, un meilleur fonctionnement du marché. Cela signifie mettre un terme au pouvoir exorbitant des grandes banques, en séparant banques d'investissement et banques de dépôt. C'est cette voie qu'emprunte actuellement les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

    Pourtant, comme le relate l'OFCE, en Europe, un pays s'oppose à la mise au pas de la banklatura. Ce pays est la France : 

    "Il est donc assez curieux d’observer qu’aujourd’hui le Royaume-Uni a effectivement légiféré dans le sens préconisé, résistant à la pression des lobbys financiers ; tandis que le gouvernement français, non seulement a capitulé devant « l’ennemi invisible », mais bataille maintenant contre un projet moins strict que celui adopté outre-Manche. (...) En définitive, la France est devenue un des adversaires les plus résolus d’une réforme qui faisait l’objet, il y a moins de deux ans, d’une des principales promesses de campagne du Président élu. (...)

    Les propos du Ministre de l’Economie ainsi que du Gouverneur de la Banque de France ne font que renforcer les suspicions sur de possibles connivences dans notre pays entre une partie de la haute administration des Finances et le secteur bancaire."

    Incidemment, on progresse dans l'élucidation - qui passionne tant la presse - "des orientations idéologiques" de notre gouvernement. Il n'est ni socialiste (on le savait)... ni libéral (on le croyait). Il est tout simplement corrompu.

    « Le "modèle" Letton : le coût inouï de l'euroEuro : même Jean-Marc Vittori vient de comprendre ! »

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    BA
    Vendredi 21 Février 2014 à 10:43

    Italie, Espagne : les records sont battus.

    Les banques italiennes ont dans leurs livres 156 milliards d'euros d'actifs pourris. Record historique battu.

    Les banques espagnoles ont dans leurs livres 197,045 milliards d'euros d'actifs pourris, soit 13,6 % de l'ensemble des crédits. Record historique battu.

    Vendredi 21 février 2014 :

    Vers des besoins en capitaux accrus pour les banques italiennes.

    Les créances douteuses ont atteint un record de 156 milliards d'euros en décembre, le double de leur niveau de 2010.

    http://www.boursorama.com/actualites/vers-des-besoins-en-capitaux-accrus-pour-les-banques-italiennes-8cfca4cf3c0464650db65b65f4c020f7

    Espagne : record historique de créances douteuses fin 2013 à 13,6%.

    Le taux de créances douteuses des banques espagnoles a atteint fin 2013 son plus haut niveau en cinquante ans à 13,6%, alors que le pays vient de sortir du programme d'aide européen au secteur, a annoncé mardi la Banque d'Espagne.

    Ces créances, surtout présentes dans l'immobilier (crédits de promoteurs et de particuliers risquant de ne pas être remboursés), s'élevaient à 197,045 milliards d'euros en décembre, soit 4,6 milliards de plus qu'en novembre, lorsque leur taux avait atteint 13,07%.

    http://www.romandie.com/news/n/Espagne_record_historique_de_creances_douteuses_fin_2013_a_13617180220141116.asp

    2
    BA
    Lundi 24 Février 2014 à 10:41

    Aux Etats-Unis, les banques devront subir des soi-disant "tests de solidité" le 1er octobre 2015.

     

    En Europe, les banques devront subir des soi-disant "tests de solidité" en 2014.

     

    Aux Etats-Unis, comme en Europe, ces soi-disant "tests de solidité", c'est du pipeau.

     

    Et le plus rigolo, c'est que tout le monde sait que c'est du pipeau !

     

    Et, cerise sur le gâteau, tout le monde FAIT SEMBLANT de ne pas voir que c'est du pipeau !

     

    Lundi 24 février 2014 :

     

    La Banque centrale américaine (Fed) et l'un des régulateurs des établissements financiers, l'OCC, ont assoupli vendredi les règles de calcul des fonds propres pour certaines grandes banques commerciales.

     

    JPMorgan Chase, Goldman Sachs, Morgan Stanley, Citigroup, The Bank of New York Mellon, State Street Corp, Northern Trust Corp et U.S. Bancorp peuvent à compter du second semestre choisir de présenter leur ratio de levier, un des principaux critères financiers imposés aux banques en réponse à la crise, suivant la méthode décidée par le Comité de Bâle, est-il précisé dans un communiqué de l'OCC.

     

    Elles pourront intégrer ces règles de calcul, jugées moins lourdes que les classiques, lors de leurs tests de solidité du 1er octobre 2015, précise le communiqué.

     

    Les règles de calcul du Comité de Bâle pour évaluer les risques sont plus souples que la méthode classique d'évaluation, selon le communiqué.

     

    La réforme dite de Bâle III, lancée au lendemain de la crise financière de 2007, vise à renforcer la capacité des banques à absorber des chocs, notamment en les contraignant à augmenter leurs fonds propres.

     

    Dans ce cadre, un ratio de levier avait été instauré. Il impose à chaque établissement de détenir à l'horizon 2018 des fonds propres représentant 3% de l'ensemble de ses actifs.

     

    Face au tollé de grandes banques européennes, ces règles ont été assouplies et il est désormais permis aux banques de comptabiliser leurs opérations de financement à court terme en prenant en compte leurs positions nettes et non plus brutes, ce qui leur offre plus de souplesse.

     

    Les banques peuvent aussi pondérer le poids de leurs actifs hors bilan en fonction du risque.

     

    http://www.romandie.com/news/n/USAFed_les_regles_de_calcul_des_fonds_propres_de_certaines_banques_assouplies89240220140621.asp

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    BA
    Mardi 25 Février 2014 à 11:59

    L'euro rejoindra le florin d'Autriche-Hongrie, la couronne de Tchécoslovaquie, le dinar de Yougoslavie, le rouble de l'URSS, etc, dans le grand cimetière des monnaies plurinationales.

    Même les plus acharnés partisans de l'euro commencent à comprendre ce que nous devons préparer :

    Nous devons préparer l'après-euro.

    Même Jean-Marc Vittori vient de le comprendre !

    Même Jean-Marc Vittori !

    Mieux vaut tard que jamais.

    Mardi 25 février 2014 :

    Se préparer à l'après-euro.

    La zone euro semble traverser des eaux plus calmes. Mais aucun de ses problèmes n'est réglé. Sur fond de croissance lente, le statu quo ne peut pas s'éterniser : il faudra approfondir ou démanteler. Or l'adhésion faiblit.

    Il est des messages que l'on ne délivre pas avec joie : l'euro a moins d'une chance sur deux de survivre. Il est donc temps de songer à l'après-euro.

    Le message peut sembler paradoxal. La monnaie commune paraît aujourd'hui sauvée. Après la plus grave crise de sa jeune histoire, les indicateurs se remettent au vert. L'activité est repartie fin 2013, plus fort qu'on ne le croyait. L'Etat emprunte à 3,5 % en Espagne comme en Italie, pratiquement deux fois moins cher qu'il y a deux ans. L'euro approche de 1,40 dollar, son change le plus élevé depuis 2011. Mais, au fond, rien n'est réglé. La zone euro reste enfermée dans un cercle vicieux. La dette des particuliers, des entreprises, des Etats restera trop lourde dans les années à venir face à une croissance trop lente pour rembourser sans peine et une inflation trop faible pour éroder la montagne.

    Il faut donc profiter du répit actuel pour se préparer à la suite des événements. La croissance trop lente réveille les vieux démons. En Italie, en Autriche, en Allemagne, en Finlande, en France, bien sûr, des partis politiques très différents les uns des autres prospèrent sur une idée commune : la vie serait plus belle sans l'euro - et au-delà, sans l'Europe. Ils vont sans doute obtenir un succès éclatant aux élections européennes de juin. Selon les pointages des experts de Deutsche Bank sur le prochain Parlement européen, un député sur six, voire un sur quatre, appartiendra à la mouvance anti-européenne.

    Ce vote-condamnation prend racine dans un chassé-croisé de souvenirs. D'abord, la génération de la guerre s'efface, et avec elle le sentiment d'une impérieuse nécessité : l'entente entre pays voisins. Ce n'est pas faire injure à Helmut Schmidt et à Valéry Giscard d'Estaing de dire que l'essentiel de leur oeuvre est désormais derrière eux.

    Ensuite, la génération de la crise s'affirme, et avec elle la mémoire d'une cruelle évidence : l'Europe en a été la béance. Ce sont les nations qui ont sauvé banques et industries. Les dirigeants de la Commission ont disparu de la scène pendant le drame. Après, ils ont réapparu en une étrange trinité, avec le FMI et la Banque centrale européenne (la troïka), donnant des conseils d'étouffement qu'il a fallu ensuite inverser pour sauver ce qui pouvait l'être. Difficile de faire mieux pour donner corps à l'idée d'une Europe contre les peuples. Une idée de surcroît alimentée par les gouvernants nationaux, qui partent sans cesse «  en guerre contre Bruxelles » - en France à propos des OGM ou de la réforme bancaire, pour prendre des exemples récents

    La langueur persistante de la croissance fera le reste, dans un continent où un actif sur huit est au chômage. La Banque centrale européenne, dont le président, Mario Draghi, a pourtant promis qu'elle ferait «  ce qu'il faudra » pour sauver la monnaie commune, n'y pourra pas grand-chose. Non seulement la politique monétaire n'est pas un outil très efficace pour doper l'activité, mais, de plus, le très subtil arrêt rendu début février par la Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe lui coupe les ailes.

    Dans cette drôle d'Union monétaire sans solidarité budgétaire, le statu quo ne peut pas s'éterniser. Il faudra choisir entre l'approfondissement … ou le démantèlement.

    En attendant, les tensions vont fatalement monter. Au fil des mois, l'idée d'une « sortie de l'euro » va gagner du terrain. Mais l'euro n'est pas un club ou un pub d'où l'on sort à volonté. Le départ d'un pays fera exploser la monnaie unique. Maints économistes ont certes imaginé des systèmes séduisants sur le papier - les euros sud et nord du professeur du CNAM Christian Saint-Etienne, les sorties temporaires proposées par le président de l'institut allemand IFO Hans-Werner Sinn. Sauf que… ces systèmes ne tiendraient pas une journée sur les marchés financiers, où des centaines de milliards seraient aussitôt placés pour gagner de l'argent sur le prochain mouvement. Là aussi, un autre souvenir semble s'être estompé : celui des tempêtes monétaires qui ont soufflé sur l'Europe jusqu'au début des années 1990.

    Dans cette rupture, la France pourrait hélas jouer les premiers rôles. Un tiers de ses habitants souhaitent désormais le retour au franc. La tentation du repli y apparaît partout. Jusqu'à… la Française des Jeux , qui a renationalisé début février l'Euro Millions ! A chaque tirage du Loto européen, elle promet «  un millionnaire garanti en France ».

    Plus profondément, l'économie du pays a longtemps été droguée aux dévaluations qui compensaient sa dérive des salaires et des prix - un problème toujours pas résolu. Et les gouvernants de gauche - comme auparavant ceux de droite - enchaînent les « chocs » sans jamais parvenir à retrouver le chemin de la croissance.

    Christopher Pissarides a mis les pieds dans le plat le mois dernier. Ce prix Nobel d'économie 2010, qui avait été l'un des rares Britanniques partisans de l'entrée du Royaume-Uni dans l'euro, a dit tout haut dans le quotidien « The Telegraph » ce que nombre d'experts pensent tout bas à Paris : « [En cas d'échec de vraies réformes en France], je serais très inquiet de ce qui arriverait à l'euro. »

    L'éclatement de l'euro aurait des conséquences incalculables. Il remettrait en question la construction communautaire entamée il y a maintenant plus de soixante ans. Ce n'est heureusement pas une certitude. Il faut revenir ici au latin, à un vieil adage paraphrasé après un appel lancé sur Twitter par votre serviteur. Le précis Merlin Caesar propose : «  Si vis euro, para mortem ejus. » - « Si tu veux l'euro, prépare sa mort. »

    Le moins orthodoxe Monteno avance : «  Si vis euro, para chaos. »

    Jean-Marc Vittori.

    http://www.lesechos.fr/opinions/chroniques/0203335771066-se-preparer-a-l-apres-euro-652624.php

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