• L'article du jour : Et si la Grèce décidait de faire faillite en restant dans l'euro?

    Jean Quatremer est un incorrigible eurolibéral, correspondant officiel du journal Libération à Bruxelles. Normal quand on connait l'orientation du journal. Depuis deux ans que la crise de l'euro a commencé, il ne cesse à longeur de colonnes et de commentaires (il est très actif sur son blog) de nier l'évidence : que le défaut grec est inévitable, que l'austérité mène au désastre et que tout cela va finir dans la plus grande confusion politico-monétaire.

    Voici donc un article, en forme de coming-out, qui ébouriffera plus d'un lecteur de Libé

     

    Et si la Grèce décidait de faire faillite en restant dans l'euro? Quatremer, mai 2012. Extrait.

    "Dire que la Grèce agace les Européens est une litote. (...) Les ultimes tractations ont échoué tout à l’heure, le Syriza (gauche radicale) ayant refusé la proposition du Président de la République de soutenir un gouvernement « technique » qui aurait été chargé de mener à bien les réformes en cours. Tout se passe comme si les partis grecs avaient décidé de jouer la faillite.

    (...) Mais imaginons que la Grèce joue le pire, c’est-à-dire la faillite, tout en restant dans la zone euro (c’est le souhait de 80 % des Grecs et les partis voulant clairement l’abandonner pèsent environ 25 % des suffrages exprimés). Elle n’aura certes plus droit à l’aide européenne et internationale (pas plus qu’aux marchés, mais c’est déjà le cas) et fera donc défaut sur ses 250 milliards de dettes dont les deux tiers sont entre les mains de l’UE et du FMI qui se prendraient donc une paume. Mais comme son budget primaire est quasiment à l’équilibre (en dehors des intérêts de la dette), l’effort supplémentaire à effectuer sera infime au regard de ce qu’elle a déjà fait.(...)

    C’est sans doute pour cela que certains font monter la pression sur la Grèce en la menaçant de l’exclure de l’euro et de l’Union, si elle n’applique pas le mémorandum, ce qui est tout simplement impossible. Un pays peut certes décider de quitter l’euro et donc l’Union, les deux étant juridiquement liés, mais il n’existe aucun moyen légal de l’y contraindre. La partie de bras de fer n’est donc pas terminée. On peut se demander s'il n'aurait pas fallu laisser la Grèce faire faillite début 2010, ce qui aurait éviter d'engager l'argent des contribuables européens. Mais, à l'époque, beaucoup craignaient l'effet de contagion à d'autres pays de la zone euro."

    Les coulisses de Bruxelles

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  • Commentaires

    1
    BA
    Mardi 15 Mai 2012 à 22:16

    En Grèce, le bank run s'accélère.

     

    Mardi 15 mai 2012 :

     

    Grèce : 700 millions d'euros retirés des banques grecques lundi.

     

    Les retraits d'argent dans les banques grecques ont atteint 700 millions d'euros lundi, a indiqué le président de la République Carolos Papoulias aux chefs des partis politiques grecs qu'il a reçu, selon les actes publiés mardi sur le site de la présidence.

     

    "Lors d'un entretien téléphonique avec le gouverneur de la Banque de Grèce, Georges Provopoulos, ce dernier m'a informé que la situation des banques était très difficile et que le système bancaire était actuellement très faible. Les retraits ont atteint la somme de 700 millions d'euros jusqu'à 16H00 lundi" a déclaré Carolos Papoulias, estimant par ailleurs que la situation serait pire au cours des deux prochains jours.

     

    "M. Provopoulos a dit qu'il n'y avait pas de panique, mais qu'il y avait une grande inquiétude qui pourrait se transformer en panique", a ajouté M. Papoulias.

     

    L'inquiétude est provoquée par l'incertitude politique qui a suivi le scrutin législatif du 6 mai, au cours duquel aucun parti n'a reçu de majorité, plongeant le pays dans une paralysie politique.

     

    Le chef de l'Etat a présidé lundi et mardi des réunions des chefs de partis, tentant en vain de former un gouvernement de coalition. Finalement, le pays doit avoir recours à de nouvelles élections en juin.

     

    En février, l'ancien ministre des Finances, Evangélos Vénizélos, avait chiffré à quelque 16 milliards d'euros les sommes déposées à l'étranger depuis 2009, début de la crise de la dette, dont 32% dans des banques au Royaume-Uni, et 10% dans des banques en Suisse.

     

    http://www.romandie.com/news/n/_Grece_700_millions_d_euros_retires_des_banques_grecques_lundi_96150520122138.asp

    2
    nicodeme
    Mercredi 16 Mai 2012 à 02:36

    dans le même article, un peu plus loin: "Il faut bien comprendre que le programme imposé à la Grèce vise à rétablir son économie et ses comptes publics et à bâtir un État fonctionnel"

    cette phrase est un merveilleux condensé de la technocratie européenne:

    1. c'est arrogant et despotique ("il faut bien comprendre que...blabla...imposé...blabla")

    2. c'est inhumain

    3. ca ne marche pas: la rigueur tue l'économie, et liquider un état  n'est pas la meilleure façon de le rendre "fonctionnel".

    4. et puis, de toute manière, c'est hypocrite: on n'a jamais voulu sauver la Grèce, on veut juste sauver l'euro.

     

    C'est pas un coming out, ça. C'est plutôt le loup qui sort du bois.

    3
    Encore
    Mercredi 16 Mai 2012 à 06:50

    La Grèce n'est qu'un prétexte.

    En effet, si l'une des plus petites économies de la zone Euro provoque tant de méfaits, non seulement nous auscultons les autres problèmes de cette zone Euro, mais en plus nous ne donnons pas chère à la valeur de cette monnaie.

    En attendant, sortons nos portefeuilles pour combler ce fond perdu. Vite, du milliard en vois-tu, en voilà.

    4
    Coma81 Profil de Coma81
    Mercredi 16 Mai 2012 à 08:36

    En effet," coming-out" n'est pas le bon terme, laissant penser qu'il aurait secrètement eu des pensées déviantes , ce qui est évidemment faux."Le loup qui sort du bois" non plus. Cela fait longtemps qu'il aboit ses convictions libérales ultra orthodoxes (qui horrifieraient même le plus strausskhaniens des socialistes).

     

    5
    Coma81 Profil de Coma81
    Mercredi 16 Mai 2012 à 12:05
    Allez, voici une réaction très bonne d'un lecteur à l'article de Quatremer sur son blog :
     
    Dap a dit...

    On dirait que la terreur a changé de camp. Donc au départ, il était impensable de laisser la Grèce faire faillite et sortir de l'euro. Non pas pour des histoires de solidarité (la bonne blague) ou de rentabilité (la preuve s'étale à présent sous les yeux de tous), mais bien par pure logique politicienne: il ne fallait pas que l'exemple grec risque d'être suivi par l'ensemble du club med avec le risque de voir détricoter ce qui avait été patiemment construit à coup de référendum revotés et de traités imposés. Donc en maniant la carotte (les milliards d'argent public déversé en pure perte) et le baton (salauds de grecs, si vous essayez de quitter l'euro, faudra aussi quitter l'U.E et vous vous retrouverez tous seuls dehors avec les Turcs qui vont vous manger tout crus. Et on appliquera à vos olives les mêmes taxes qu'aux produits brésiliens, et toc! - Oui, oui, cela a été écrit en toute lettres sur ce blog). Donc ils sont restés. Ils ont sabrés dans leurs budgets sociaux. Ils se sont enfoncés années après années dans la récession. L'aide-européenne-si-généreuse est versée sur des comptes bloqués et repart directement au Nord. Rien ne les oblige à sortir de la zone euro et ils préfèreront en revenir à une économie de troc et de subsistance plutôt que de le faire (comme quoi la propagande européiste a bien marché. Jolie victoire à célébrer M.Quatremer!). Aucun économistes sérieux ne croie en la possibilité pour la Grèce de renouer avec la croissance ou de rembourser ses dettes. Et l'Europe se retrouve en son sein avec un problème grec, multiplié par 1000, parfaitement insoluble du fait des règles qu'elle a elle-même dictées. Qu'est-ce qu'on se marre, mais qu'est-ce qu'on se marre!

    6
    BA
    Mercredi 16 Mai 2012 à 14:15

    Mercredi 16 mai 2012 :

     

    Les retraits bancaires s’intensifient en Grèce.

     

    Les responsables politiques grecs se refusent pour l'instant à parler de bank run, c'est-à-dire d'un vrai mouvement de panique bancaire. Ils reconnaissent un "sentiment de peur qui pourrait évoluer en panique." Pourtant, ça y ressemble de plus en plus.

     

    Jusque-là, les retraits s'étaient étalés dans le temps. Les Grecs ont retiré 60 milliards d'euros depuis le début de la crise, en 2009. Ce qui représentait déjà près d'un tiers du PIB grec. Le mardi 15 mai, 700 millions d'euros ont été retirés des banques en une seule journée.

     

    Ce rythme pourrait encore s'accélérer si l'hypothèse d'une sortie du pays de la zone euro se faisait plus vraisemblable. L’échec des négociations en vue de former une coalition gouvernementale et la tenue de nouvelles élections n’ont de ce point de vue rien de rassurant.

     

    Les Grecs craignent en effet que leur pays ne soit forcé de quitter la zone euro, et anticipent une dévaluation rapide de la nouvelle drachme, qui les appauvrirait encore plus. Ce qui expliquerait leur souhait de récupérer leurs dépôts en euros.

     

    Plus largement, ce mouvement pourrait se propager à tous les autres pays fragiles économiquement qui font partie de la zone euro. Certains économistes redoutent un scénario noir de contagion, dans lequel les épargnants portugais ou encore espagnols iraient massivement retirer leurs dépôts.

     

    http://www.bfmbusiness.com/article/1/les-retraits-bancaires-sintensifient-en-gr%C3%A8ce-155881

    7
    BA
    Mercredi 16 Mai 2012 à 14:54

    Mercredi 16 mai 2012 :

     

    Game Over.

     

    Voilà que la sortie grecque – ou plutôt son éviction ! – devient quasi chose faite. Citibank l’évalue à 75%, tandis que les bookmakers anglais ne prennent plus aucun pari tant l’affaire semble « pliée »… 

     

    Les Grecs sont d’une part complètement saturés d’austérité sachant que, par ailleurs, les allemands (en tout cas Madame Merkel, son Ministre Schauble et leurs suivants) ne donneront plus leurs sous sans davantage de régime minceur grec. Certes, de nouvelles élections grecques sont agendées au 17 Juin prochain, mais pourquoi les résultats seraient-ils foncièrement différents des précédentes ? De fait, ils le peuvent, mais dans le sens inverse que celui attendu car celles et ceux ayant protesté par leurs suffrages contre la rigueur se mobiliseront - et mobiliseront - indubitablement davantage. Attendons-nous, en d’autres termes, à l’affaiblissement supplémentaire des partis de gouvernement grecs et à une installation des extrêmes, donc des partis contestants l’austérité imposée par Bruxelles et par le F.M.I..

     

    Dans un tel contexte, les officiels allemands – qui se sont préparés depuis déjà plusieurs mois à l’éventualité d’une sortie grecque – familiarisent et rassurent désormais leur opinion publique en déclarant haut et fort que l’Allemagne et que l’Union Européenne s’en accommoderont sans problèmes majeurs. La presse allemande s’en fait également l’écho, voire l’espère, tant elle est exaspérée par l’insupportable fourmi grecque. Le très ironique titre du Spiegel - « Acropolis Adieu » - paru il y a quelques jours ne signifie rien d’autre… 

     

    Les marchés tangueront, certes, mais les Allemands semblent sûrs de leur coup et sous-entendent avoir concocté un « plan Grèce » qui n’éclabousserait pas trop l’Euro. Pourtant, absolument personne – les Allemands pas plus que les autres – n’est en mesure de prévoir les ravages de la contamination d’une sortie grecque. Mais l’Allemagne se rend-elle seulement compte qu’elle joue avec le feu ?

     

    Elle peut ériger des protections autour de ses banques. Elle peut même augmenter le Fonds de Stabilité et se coordonner avec le F.M.I. afin que les marchés financiers ne soient pas trop sonnés. Elle peut également sommer et sermonner les grecs. Une sortie grecque de l’Union Européenne en ce printemps ou été 2012 ne sera toutefois que le prélude à un tourbillon qui frappera d’abord le Portugal et juste après l’Espagne. A moins que cet ordre ne soit inversé, sachant que l’Italie se retrouvera à un moment donné à son tour sur un siège éjectable. 

     

    Quelles sont les conséquences de la cassure d’une union monétaire ? Les experts allemands peuvent-ils seulement le savoir ? Intuitivement, il est possible d’anticiper une fuite cataclysmique des capitaux hors des pays à risques, et une ruée pour se désister des billets de banque espagnols et italiens. La panique est capable de bouleverser et de rendre caducs en un rien de temps l’intégralité des simulations allemandes – et elle le fera !

     

    Quant à la Grèce, ce qui reste de son économie et de sa société civile s’effondreront : plus de services publics, plus de soins médicaux, plus de police, plus de justice, une masse d’exilés déferlera sur le reste des pays européens qui finiront pas leur fermer leurs frontières… Nul ne peut prédire les effets dramatiques – économiques, financiers mais également politiques voire sécuritaires – d’une sortie de la Grèce. Les responsables politiques sont certes connus pour leur vision court-termiste mais il est (encore) temps pour la classe politique européenne de réagir et de raisonner le gouvernement allemand actuel. Il ne faut pas attendre les résultats des élections en Grèce car il sera alors trop tard.

     

    Michel Santi, économiste, analyste financier.

     

    http://www.gestionsuisse.com/

    8
    nicodeme
    Mercredi 16 Mai 2012 à 16:01

     

    De toute manière, sortie ou pas sortie de la zone euro, et panique ou pas panique des marchés, à terme, l'euro sous sa forme actuelle, et géré façon Merkel/BCE, n'est pas viable: l'Espagne aussi est en train de sombrer, or ce qui est infligé à la Grèce ne pourra être imposé à l'Espagne. Et inversement, ce que l'on refuse de faire pour la Grèce (en termes de révision de la stratégie d'ensemble) devra être fait pour l'Espagne. Donc on ne fait que reculer le problème d'un cran.

    A moins que la stratégie actuelle ne vise pas à sauver l'euro, mais soit plutôt une façon de gagner du temps:

    (1) donner du temps aux banques européennes de se défaire des obligations grecques

    (2) maintenant que c'est fait, laisser tomber la grèce

    (3) plus généralement, laisser le temps aux banques centrales des différents pays de prendre en pension les obligations nationales

    (4) une fois que c'est fait, l'allemagne et/ou d'autres pays annoncent leur sortie de la zone euro

    Peut-être pas une stratégie activement poursuivie. Mais en tout cas, probablement un plan B.

     

    9
    Coma81 Profil de Coma81
    Mercredi 16 Mai 2012 à 16:17

    élément de réflexion par  Paul Krugman : les banques grecques accumulent des créances privées vis à vis de la BCE.

    Donc les pertes pour l'allemagne en cas de sortie de la grèce sont considérables. :

     

     

    What’s happening now is a “bank jog” — Greeks are pulling euro deposits out of banks fairly rapidly, but not quite fast enough to be called a bank run.

    But where are the euros coming from? Basically, banks are borrowing them from the Greek central bank, which in turn must borrow them from the European Central Bank. The question then becomes how far the ECB is willing to go here; is it willing, in effect, to lend enough money to buy up the entire balance sheet of the Greek banking sector, given the likelihood that this sector will be left insolvent by Greek default?

    Yet if the ECB says no more, Greek banks stop operating — and it’s hard to see how they can be restored to operation except by ditching the euro and using something else.

    And if that happens, surely depositors in other European countries will start their own bank jogs …

    10
    BA
    Mercredi 16 Mai 2012 à 23:18

    Mercredi 16 mai 2012 :

     

    La Banque centrale européenne (BCE) a confirmé mercredi avoir cessé de fournir des liquidités à certaines banques grecques en raison de leur sous-capitalisation, confirmant ainsi une information diffusée par Reuters dans la journée.

     

    "En attendant la recapitalisation des banques grecques qui sont gravement sous-capitalisées en raison de la récente opération PSI (échange de dette ndlr), certaines banques grecques ont été transférées à l'Assistance d'urgence à la liquidité", a déclaré un responsable de la BCE, confirmant des informations publiées par Reuters plus tôt dans la journée.

     

    "Une fois le processus de recapitalisation finalisé - et nous espérons qu'il le sera bientôt - les banques grecques auront à nouveau accès aux opérations habituelles de refinancement de l'Eurosystème", explique-t-on.

     

    La nouvelle a entraîné l'euro à la baisse face au dollar, dans un climat de craintes croissantes sur les marchés que la Grèce ne sorte de la zone euro.

     

    Ce dernier développement souligne l'état de faiblesse du système bancaire en Grèce où les ménages procèdent à des retraits massifs sur leurs comptes en banque.

     

    La BCE ne fait d'opérations de refinancement qu'avec les banques solvables. Toutefois, les banques qui ne respectent pas les règles de la BCE mais sont jugées solvables par la banque centrale du pays concerné peuvent s'adresser à leur banque nationale pour la fourniture de liquidités d'urgence (FLU).

     

    Le nombre de banques concernées n'est pas connu, mais cette décision souligne le nombre croissant de banques grecques qui dépendent de prêts d'urgence de la Banque de Grèce.

     

    Selon une source proche du dossier, quatre banques grecques vont si mal qu'elles fonctionnent avec des fonds propres négatifs.

     

    Une autre source de la Banque Centrale Européenne a indiqué que les banques grecques ont été exclues des opérations de prêts de la BCE en faveur des opérations d'urgence (FLU), car vue l'impasse électorale dans laquelle se trouve le pays, les chances d'une recapitalisation de ces banques s'évaporent.

     

    (Dépêche Reuters)

    11
    Coma81 Profil de Coma81
    Jeudi 17 Mai 2012 à 10:43

    Merci BA cela répond à l'article de krugman ci dessus

    12
    Coma81 Profil de Coma81
    Jeudi 17 Mai 2012 à 17:46

    Autre réponse d'un de ses lecteurs à Quatremer, très éclairante :

     
     
    etienne a dit...

     

    "Il faut bien comprendre que le programme imposé à la Grèce vise à rétablir son économie et ses comptes publics et à bâtir un État fonctionnel."

    Ben voyons...et pourtant ce programme a conduit exactement à la situation INVERSE, comme tout le monde pouvait le prévoir: plongée dans la dépression qui laisse les finances publiques à l'état exsangue, et affaiblissement considérable de l'Etat.

    Manifestement, Quatremer n'a toujours pas compris.
    Pourtant Cohen et Sapir ont bien essayé de lui expliquer une fois de plus très simplement: des politiques récessionnistes creusent mécaniquement les déficits publics par réduction de l'assiette des prélèvements.
    ...mais ça rentre pas.

    A ce niveau là d'incapacité à assimiler le moindre mécanisme macro-économique élémentaire...

    Le colmatage des MES et FESF qui faisaient faire des sauts de cabri à Quatremer ont complètement foiré: les transferts financiers massifs vers la Grèce n'ont servi qu'à recapitaliser les banques grecques, et absolument pas à rétablir la croissance dans ce pays. En outre, ces dispositifs ne possèdent pas les capacités de financement suffisantes pour faire face à une situation comparable dans un autre pays du Sud.

    Il est évident que la Grèce ne peut pas simultanément rester dans l'euro et faire défaut sur la totalité de sa dette sans intervention directe et massive de la BCE pour éviter la faillite complête du systême bancaire grec (et européen) ce qui est contraire à son mandat. Il ne s'agirait pas seulement de refinancement d'urgence, mais d'une recapitalisation massive : jusqu'à présent, ce sont les Etats qui s'en sont chargés, mais on ne voit pas comment l'Etat grec pourrait le faire compte tenu de ses finances.
    Or si malgré tout la BCE outrepassait son mandat pour jouer son rôle de PDR en recapitalisant entièrement les banques en faillite, ce qui reviendrait concrètement à monétiser indirectement la totalité des déficits passés de l'Etat grec, ce n'est pas la Grèce qui sortirait de l'euro, c'est l'Allemagne, après saisine de la cour de Karlsruhe.
    En effet, dans un tel cas, on ne voit pas ce qui empêcherait tous les autres Etats endettés de suivre l'exemple grec, ce qui constituerait un viol généralisé des traités et simultanément de la Constitution allemande: or ces traités avaient justement pour objectif d'interdire un tel scénario.

    Ce qui rend la situation bloquée n'est donc pas l'impéritie imputée aux gouvernements et au peuple grecs, mais le dispositif de l'euro lui-même, tel qu'il a été conçu depuis 1992. L'entêtement de l'UE et du FMI à réclamer les mesures "structurelles" habituelles alors que l'Europe du Sud s'enfonce dans la dépression depuis plus de 4 ans aura été certainement été une des plus grandes erreur historique en matière de politique économique: si l'éclatement de la zone survient, la responsabilité en incombera à ses propres institutions, et à elles seules.

     

    13
    indigné
    Vendredi 18 Mai 2012 à 06:59

    Comme JQ l'avoue (ou plutôt il s'en vante!!) c'est JC Trichet en personne qui lui a donné des cours d'économie! Pour rappel Trichet a supervisé la faillite du crédit lyonnais dans les années 80, orchestré la financiarisation de l'économie française dans les 90s au seul bénéfice du secteur financier et regardé passer les trains à la tête de la BCE dans les années 2000 tout en donnant en permanence des gages aux grands malades de la bundesbank, le tout sans sugérer ne serait-ce qu'une fois qu'il y avait peut-être quelques défauts de conception dans le système euro...

    14
    Coma81 Profil de Coma81
    Vendredi 18 Mai 2012 à 11:27

    AAAAAA jean claude trichet. Tiens d'ailleurs, il a proposé hier d'en finir avec la démocratie :

    http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202068917762-jean-claude-trichet-a-un-plan-pour-sauver-l-euro-324689.php

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