• L'effondrement économique de la Grèce - Jacques Sapir

    "La Grèce est donc entrée dans la deuxième phase de la politique de « super-austérité », celle où les agents économiques, qu’il s’agisse des entreprises ou des ménages, fuient massivement l’économie officielle et cessent de payer les impôts." (2013)

    "Les dirigeants qui ont signé le mémorandum soit ignorent tout de l’économie et de l’histoire, car nous savons depuis les années 1930 que de telles politiques sont condamnées à l’échec, soit ont sciemment commis un crime contre leur propre pays.(...) Le gouvernement Grec peut réquisitionner la Banque Centrale et créer des Euros." (2012)

     

    L'effondrement économique de la Grèce - Jacques Sapir

     

     

    Grèce : Vers l’insolvabilité - Février 2013. Extrait.

    "La Grèce est dans une voie sans issue, au bout de laquelle il ne peut y avoir que le défaut sur le reste de la dette, une partie ayant été déjà restructurée dans des conditions qui s’apparentent à un défaut ordonné. Il est clair que, d’ici le mois de juin, la Grèce sera de nouveau insolvable. (...)

    La Grèce est donc entrée dans la deuxième phase de la politique de « super-austérité », celle où les agents économiques, qu’il s’agisse des entreprises ou des ménages, fuient massivement l’économie officielle et cessent de payer les impôts. Ce phénomène fut déjà observé en Russie, de 1995 à 1998. Le gouvernement avait tenté de réagir en coupant sauvagement dans ses dépenses et en ne payant pas ce qu’il devait payer (par exemples les salaires des personnels de santé et des professeurs mais aussi les commandes d’État aux entreprises). Le résultat fut, outre une aggravation de la crise, que les entreprises n’étant plus payées par l’État cessèrent complètement de payer leurs impôts. La politique de « super-austérité » aboutissait à reproduire le déficit budgétaire contre lequel elle était censée lutter. C’est très précisément ce qui est en train de se mettre en place aujourd’hui en Grèce. Le déficit a été pour le mois de janvier de 246 millions. Il devrait s’amplifier dans les mois suivants pour atteindre entre 500 millions et un milliard par mois. Le gouvernement procédera à de nouvelles coupes budgétaires qui provoqueront à la fois une aggravation de la crise économique et une accélération du mouvement de fuite hors de la circulation monétaire en Euro, et ce jusqu’au moment où le gouvernement sera insolvable. (...)

    La Grèce est donc sur la trajectoire qui conduit à un effondrement de son économie à relativement court terme. La chute des investissements et des importations d’équipements industriels va provoquer assez rapidement une détérioration de l’outil industriel. L’économie va continuer de s’enfoncer dans la dépression et les recettes du gouvernement vont diminuer de mois en mois. La réaction du gouvernement est prévisible : il va couper dans les dépenses, provoquant en réalité de nouvelles chutes de rentrées fiscales. Le cercle vicieux austérité-détérioration de l’activité-chute des recettes fiscales-nouvelle austérité-nouvelle détérioration de l’activité-nouvelle chute des recettes va se continuer de mois en mois. Seul un choc politique, un renversement du gouvernement, comme en Russie du fait de la crise financière, est à même de faire cesser cette spirale infernale. Il n’y a pas lieu de le redouter, mais bien au contraire de l’espérer."

     

    Grèce: seule l’annulation de la dette peut apporter un début de solution - Novembre 2012. Extrait.

    "La date de 2022, qui est celle aujourd’hui estimée par le FMI, pour un retour à 120% du PIB du fardeau est parfaitement illusoire, et cela tout le monde, sauf les nains de Bruxelles, le sait. Les solutions proposées, et dont certaines seront probablement adoptées ce mardi soir comme l’allongement des délais de remboursement, le repayement à la Grèce des intérêts perçus par la BCE (environ 0,754 milliard d’Euro), sont parfaitement illusoires et témoignent d’une gestion au jour le jour de cette crise. Même le FMI le dit. La seule solution consisterait en réalité en un effacement de la moitié de la dette, mais cela aurait un coût pour la France. (...) L’annulation de 50% de la dette grecque ne constituera, à elle seule, qu’une bouffée d’oxygène temporaire. Mais au moins aurons-nous fait quelque chose d’utile pour la population grecque que la dette réduit à une misère atroce."

     

    Interview donné au Quotidien Grec « AVGHI » - Mai 2012. Extrait.

    La première option est d'inverser complètement la stratégie européenne en arrêtant l'austérité, en investissant pour relancer l'économie, en mettant en place un grand plan pour remettre l'économie parralèle dans l'économie légale pour augmenter les recettes fiscales. La deuxième possibilité est de laisser les Grecs sortir de la zone euro. Aujourd'hui le pays n'a pas la possibilité d'être gouverné. Négocier va être très compliqué. C'est un pari un peu fou, mais tout le monde considère que la Grèce est le membre gangréné de l'Europe. La stratégie de sortie de la zone euro était auparavant évoquée à mots couverts, elle fait aujourd'hui partie des scénarios, voir même du scénario central. Mais ce sera compliqué et éprouvant, car cela risque de se passer dans la panique.

    Source : http://www.euractiv.fr/xavier-timbeau-sortir-grece-euro-pari-fou-interview
    Copyright © EurActiv.fr

    Sortir la Grèce de l'euro "est un pari un peu fou"

    Source : http://www.euractiv.fr/xavier-timbeau-sortir-grece-euro-pari-fou-interview
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    Sortir la Grèce de l'euro "est un pari un peu fou"

    Source : http://www.euractiv.fr/xavier-timbeau-sortir-grece-euro-pari-fou-interview
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    "La politique d’austérité imposée par la Troïka ne fonctionne pas. Elle pousse la Grèce dans une dépression qui réduit ses ressources fiscales et reproduit le déficit budgétaire. C’est une politique absurde et inhumaine. Les dirigeants qui ont signé le mémorandum soit ignorent tout de l’économie et de l’histoire, car nous savons depuis les années 1930 que de telles politiques sont condamnées à l’échec, soit ont sciemment commis un crime contre leur propre pays.(...)

    Les menaces proférées contre la Grèce sont en réalité vides de sens. D’abord, il faut savoir qu’il n’existe pas de dispositions légales pour expulser un pays de la zone Euro. Ensuite, qu’un défaut et une sortie de la Grèce seraient coûteux pour les autres pays. Enfin que si les autorités Européennes se décident de suspendre le versement de l’aide, le gouvernement Grec peut réquisitionner la Banque Centrale et créer des Euros pour remplacer cette aide. Bien sûr, cela se ferait en contravention avec les dispositions du traité de l’Union Économique et Monétaire ; mais c’est techniquement possible. La Grèce a des moyens de pressions ses partenaires, et elle doit en user.

    (...)  Il faudrait autoriser les États à se refinancer directement à la Banque Centrale Européenne, faire baisser le taux de change de l’Euro face aux autres monnaies et en particulier au Dollar, et financer un grand programme d’investissements de 500 à 700 milliards en Europe. Mais l’Allemagne refuse obstinément cette politique. Dans ces conditions, nous allons vers un éclatement de la zone Euro, dont il est stupide de vouloir faire porter la responsabilité à la Grèce. La véritable cause de cet éclatement est l’intransigeance, passée et présente, de l’Allemagne."

     

     Commentaire sur la restructuration de la dette grecque - Mars 2012 : 


     

    La restructuration de la dette grecque et ses conséquences, Dans Ria Novosti - Mars 2012. Extrait.

    " (...) Tout d’abord, il faut comprendre que quels que soient les euphémismes dont on peut user (dont le plus joli est sans doute la « coupe de cheveux » ou Haircut), la Grèce a bien fait défaut sur sa dette. Assurément, il s’agit pour l’heure d’un défaut que l’on peut qualifier d’ordonné.

    Il n’en reste pas moins qu’il s’agit de cette perspective même que les pays de la zone euro s’étaient acharnés à refuser jusque-là. Le fait que les événements aient fini par rendre inévitable cette option, en dépit des protestations répétées des tous les acteurs, ne plaide pas en faveur de la crédibilité des divers engagements qui ont été pris, et ce jusqu’à tout récemment, par les pays de la zone euro. Quel que soit le succès de l’échange de titre, il a déjà fait une victime, la crédibilité de la zone. (...)

    « Pour Immanuel Wallerstein, "Le capitalisme touche à sa fin" Pour le PDG de Saxo Bank, l'euro est condamné »

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