• La gauche à la lumière du Sarkozysme (Partie 3)

    "La crise est finie" nous annonce le président Sarkozy à la fin du mois mars de cette année 2012. C'est l'éternelle rengaine, en forme d'exorcisme, que les responsables servent à la population depuis quatre ans. Apprécions à leur juste valeur les performances réprétées de Christine Lagarde pour laquelle "le gros de la crise [était déjà] derrière nous" en juin 2008. Le 20 septembre de cette même année, déclarant que " le gros risque systémique qui était craint par les places financières et qui les a amenées à beaucoup baisser au cours des derniers jours est derrière nous », la ministre d'alors joua littéralement sa crédibilité en bourse... laquelle s'effondra dans des proportions historiques seulement quelques jours plus tard. 

    La victoire de Sarkozy, coup d'envoi annoncé d'un grand chambardement ultra-libéral sonnant la fin d'un modèle social - perçu comme une "exception française", a dû être un immense moment de bonheur pour l'élite économique de notre pays. Mais patatras ! Au moment où la France s'apprêtait enfin à faire sa conversion définitive, après tous les autres, au modèle du capitalisme financier anglosaxon, survient ce qui restera dans l'histoire comme la Grande Crise économique du 21ème siècle - tout comme celle des années 30 a été celle du 20ème siècle.

    Déjà, en cours de campagne électorale, l'UMP avait dû enterrer son idée de "subprimes" à la française - outil financier devenu célèbre pour être à l'origine du déclenchement de la crise aux Etats-Unis. Désormais le gouvernement se trouvait à devoir compter sur les mécanismes de solidarité - les dépenses sociales - pour faire face au coût social et économique de la récession de 2009. Ironie du sort, le président qui voulait réduire le poids de l'Etat dans l'économie sera celui qui aura augmenté les dépenses publiques à un niveau historique.

    En matière de fiscalité règne, à l'issu du quinquennat, la confusion la plus totale. A moins d'être un spécialiste, difficile de s'y retrouver dans le déluge de lois fiscales, en moyenne une tous les dix jours. Symbole de l'incohérence de la politique menée, le bouclier fiscal a finalement été aboli par le gouvernement qui l'avait mis en place. La révolte des riches qui avait inspirée la démagogie fiscale du candidat s'est vue prise à contre-pied d'une part par la crise des finances publiques, d'autre part par la sensibilité, exacerbée par la crise, de l'opinion aux inégalités.

    En matière de politique internationale aussi, la droite sarkozyste a dû affronter des vents contraires. Dans un premier temps, l'oligarchie française, échaudée par le non-alignement chiraquien, avait accueilli avec beaucoup de soulagement la réconciliation avec les Etats-Unis. Mais les défaites constatées de la coalition, en Irak et en Afghanistan, ainsi que la crise de la finance anglo-saxone, marquent le début du reflux de la puissance américaine. Orphelin d'un modèle qui cessait d'être légitime aux yeux du monde, le libéralisme de Sarkozy est intervenu à contre-temps. Cela n'a pas empêché le gouvernement de mener toutes une série de réformes d'inspiration libérale, mais au prix d'une impopularité massive et croissante auprès de la population.

    Des commentateurs bien intentionnés n'ont pas manqué de souligner "la réactivité" du président face à la crise. Certains s'aventurèrent même à se demander si la crise ne pourrait pas être un atout électoral donnant à Nicolas Sarkozy l'occasion de mettre en oeuvre sa promesse de campagne selon laquelle il serait le président qui protègerait les Français des turbulences mondiales. Mais, démuni de doctrine économique alternative, le volontarisme affiché ne pouvait déboucher que sur beaucoup d'agitation et de communication politique, sur tous les sujets, et de façon désordonnée. Le sarkozysme se révèle, sans surprise, impuissant tant face à la crise de la finance que face à celle de la gouvernance européenne.

    Brandissant le drapeau français lorsqu'il s'adresse à ses militants, l'action de Sarkozy en Europe a essentiellement consisté à s'aligner sur la position de la chancelière allemande, au fur à mesure qu'une grande partie des élites françaises tombaient sous les charmes du modèle allemand. Le traité "Merkozy" prévoit un transfert de souveraineté des Etats-membres vers "la gouvernance européenne". En clair, les pays financeurs, l'Allemagne en tête, auront un droit de regard sur les comptes des pays en difficultés financières.

    Aujourd'hui, le discrédit du sarkozysme semble complet faute d'avoir sû élaborer des politiques de réformes qui satisfassent tant les catégories supérieures - les riches, que les catégories populaires - parmi celles qui s'étaient tournées vers lui en 2007, aux exigences si antagonistes. Incapable de répondre aux attentes de protection économique et sociale, la droite sarkozyste s'est livrée le reste du quinquennat à une dérive droitière, manipulant grossièrement le thème de l'identité nationale, poursuivant les Roms, au point de déclencher les condamnations de l'église catholique et jouant la carte de la surenchère sécuritaire. "Du gros rouge qui tâche" demandait Sarkozy à ses ministres en campagne pour les Régionales, espérant ainsi faire oublier son échec au pouvoir.

    Mais le discours nationalo-ethnique, qui avait valu lorsque le malaise social et politique semblait concerner essentiellement la France, paraît bien inconsistant face à la crise généralisée de la mondialisation, dont tout le monde a eu le temps de comprendre, depuis 4 ans qu'elle a éclaté, qu'elle est faite pour durer. La faiblesse dans les sondages du président sortant annonce-t-elle la fin de l'illusion sarkozyste ?

    A cet égard, la campagne 2012 est pleine d'enseignements. Déjà, il apparaît à quel point la stratégie oscille entre d'une part, la défense du bilan accompagné d'un discours ordo-libéral à l'allemande, présentant notre partenaire d'outre-Rhin comme le modèle à suivre, axée sur les nécessaires sacrifices qui sont devant nous pour retrouver une économie compétitive ; d'autre part, la tentation d'adopter un discours d'affirmation de la souveraineté nationale face à l'Europe libérale, un jour menaçant de dynamiter l'espace Schengen de libre circulation des personnes, un autre jour mettant en cause l'indépendance de la Banque Centrale Européenne, au risque de rompre le couple franco-allemand, et de paraître irresponsable aux yeux des lecteurs du Figaro. Si le sarkozysme veut se donner un avenir, il devra affronter nécessairement la question du renouvellement de sa doctrine économique, liée à celle de la nature du pacte européen, au moment où celui-ci aussi se fissure.

    Ailleurs en Europe, en Hongrie, fait nouveau, on a vu la droite gouvernementale aller loin dans son affrontement avec la gouvernance européenne. Initialement provenant de la droite libérale pro-européenne, Victor Orban, sous la pression d'une extrême-droite puissante, a pris progressivement le chemin d'un anti-libéralisme qui le mena à restreindre dangereusement les libertés civiles et de la presse, ainsi que, face à l'ampleur du choc économique auquel son pays doit faire face, à transgresser les normes européennes dans le domaine monétaire et économique.

    Faut-il croire à "l'orbanisation" de Sarkozy ? Le turbulent président est-il susceptible de vouloir réellement ébranler la contruction européenne, comme on suppose que pourrait lui suggérer certains de ses conseillers parmi ceux venus de l'extrême-droite ou du gaullisme ? Emmanuel Todd écarte cette hypothèse. Quels que soient les discours tenus sur le sujet, Sarkozy est le président des riches, et qu'il défendra  l'euro à tout prix.

    Pourtant, même si, dans une certaine mesure, et comme le disait Jacques Chirac, "les promesses électorales n'engagent que ceux qui les croient", il n'est pas vrai qu'une fois au pouvoir, les dirigeants élus gouvernent selon leur bon vouloir. Car la manipulation électorale du peuple par les élites fonctionne aussi dans l'autre sens, par l'instrumentalisation des élites par le peuple. Quel que soit le cynisme et les mensonges des conseillers politiques, apprentis sorciers, qui ont enfanté le sarkozysme, celui-ci est aussi le résultat de stratégies de vote (abstention, vote contestataire...) de la part de la masse des Français, qui ont cherché à exprimer leur malaise vis-à-vis de la mondialisation. C'est pourquoi, à condition d'en comprendre les ressorts profonds, et de savoir le repérer là où il s'exprime, le sarkozysme n'est pas mort, et quelque soit le destin de l'homme, sa logique transgressive travaille en profondeur la droite française, en pleine recomposition, sous l'effet des bouleversements contemporains.

    En définitive, l'efficacité électorale redoutable du sarkozysme, au moment de son apparition en 2007, s'explique parce que, au moment où la gauche revendiquait l'alternance, cette force est apparue comme la seule semblant proposer une rupture avec le cadre de pensée que partageaient les forces politiques d'alors. Néanmoins, afin de ne pas forcer le trait, il est préférable d'insister, non pas sur l'enthousiasme qu'un tel vote ait pu susciter - au fond, qui peut croire que les français aient vraiment été dupes ? mais plutôt sur le rejet que ce vote signifiait, le rejet d'une gauche bobo en rupture avec les classes populaires. C'est aussi à elle qu'était adressé ce message, émanant de "la France du non", de protestation contre la mondialisation et l'Europe libérale, auxquelles il apparaît soudain, à la lumière du sarkozysme, combien la gauche adhère pleinement. Comment se fait-il que, alors qu'il a y 30 ans, elle arrivait au pouvoir avec un programme de rupture avec le capitalisme, la gauche aient pu évoluer au point d'apparaître aux yeux des Français, comme partie prenante du libéralisme ambiant ?

     (à suivre)

     

    * * *

     

    Nicolas Sarkozy et le « trou d’aiguille » du premier tour, Interview de Jérôme Jaffré, président du Centre d’études et de connaissance sur l’opinion publique ( Cecop) - Avril 2012. Extrait

    (...) Le président sortant a éprouvé une grande difficulté à présenter aux Français un projet cohérent.

    Est-ce à cause de son bilan ?

    Non, à cause du type de campagne qu’il a choisi. La crise aurait pu lui permettre de parler des enjeux du monde, et de définir la place de la France dans le monde. En partant des déficits, il aurait pu défendre un projet axé sur la compétitivité et mener la charge contre François Hollande en l'attaquant sur « l’irresponsabilité » du projet socialiste, son «inadaptation totale» à la situation du pays.

    Il avait des atouts pour cela, en termes de stature présidentielle et de thématiques.  Je pense notamment à la  valeur travail. Mais il n' a pas pris appui sur la crise. Il a choisi de faire campagne sur des thèmes transgressifs pour tenter de récupérer l’électorat populaire et les voix de Marine Le Pen .

    C’est un vrai risque car s’il est battu sur une transgression et non pas sur une vision, c’est sa place dans l’histoire politique qui est en jeu . Il ne pourra pas rester comme la vigie qui avait averti le pays.

    (...) ll a tenté de reproduire la campagne de 2007 qui lui avait réussi.

     (...) L’anti sarkozysme a structuré la campagne mais ne l’a pas comblée. La campagne a souffert d’un manque évident de contenu. A gauche, le vote Mélenchon est une tentative de lui en donner un. (...)

    Le Monde

     

    L'équipe de Nicolas Sarkozy à l'heure des doutes, Le Monde - Avril 2012. Extrait.

    (...)  En réalité, des doutes profonds traversent l'équipe de campagne, alors que le candidat ne dispose pas de réserves de voix au second tour. Elle s'est réunie mardi soir à l'Elysée, un peu sonnée par une enquête du Figaro qui compare les qualités supposées de M. Hollande et M. Sarkozy. (...)

    Les partisans d'une ouverture au social, comme le politologue Pierre Giacometti, la plume Henri Guaino et l'ancien ministre Jean-Louis Borloo, peinent à imposer leurs vues, tant la stratégie élaborée par le politologue Patrick Buisson et la conseillère d'Etat Emmanuelle Mignon a porté ses fruits dans la mythologie sarkozyste. Depuis quinze jours, ils plaident pour un geste vers le centre sans tarder. Au soir du premier tour, la manœuvre apparaîtra trop politicienne, selon eux. "Les reports des électeurs de François Bayrou ne sont pas assez bons", constate un membre du gouvernement.

    Mais M. Buisson, le conseiller le plus écouté, accable en interne les centristes. "Il nous raconte que l'électeur bayrouiste est un lâche, qu'il se soumet à la force, et qu'on ne le récupère pas en se recentrant", s'amuse un membre de l'équipe de campagne. "Il y a peut-être différentes sensibilités, mais Nicolas Sarkozy a fait un choix constant", estime Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole du candidat. "La stratégie visant à s'adresser en lien direct au peuple français, c'est la bonne", assure Guillaume Peltier, étoile montante de l'UMP venu de l'extrême droite, tandis que le député européen Brice Hortefeux résume :"Quand on est lisse, on glisse. Hollande l'a compris, qui essaie tout d'un coup de devenir rugueux." "Depuis le début, il y a des interrogations de ceux qui paniquent quand on ne gagne pas un point par jour", constate-t-il. Certes, mais en interne, les équipes de M. Sarkozy s'attendent plus à voir Marine Le Pen sortir à 17 % et Jean-Luc Mélenchon à 11 % que l'inverse. Le succès de la stratégie de grignotage du FN n'est pas garanti.

     (...) Le troisième débat porte justement sur la ligne à adopter face à la crise. Depuis que les marchés menacent la France et que M. Hollande a présenté le programme de sa première année, M. Sarkozy a décidé d'agiter le spectre de la faillite de la France. "En 1981, cela avait pris deux ans. Cette fois-ci, cela prendra deux jours", répète-t-il en boucle. L'affaire a donné lieu à cafouillage. Du QG de campagne, Guillaume Lambert et Sébastien Proto ont rédigé, mardi, une note expliquant que la crise était passée. Le président s'est rendu sur Canal+ en l'ayant lue, mais elle n'avait pas été vue par M. Musca. Il l'a jugée imprudente, et a piqué une de ses colères légendaires. "Musca est un pessimiste de nature. Il faut toujours avoir une Cassandre dans l'équipe", souffle un conseiller.

     

    Europe : «les acrobaties spectaculaires» de Sarkozy, Libération - Avril 2012. Texte intégral. 

    Nicolas Sarkozy ayant annoncé vouloir réformer les accords de Schengen dimanche à Villepinte, de nombreux éditorialistes pointent la contradiction, le candidat PS ayant été vilipendé par l’UMP pour avoir annoncé son intention de renégocier un traité pas encore appliqué.

    Dans Libération, Paul Quinio trouve que «le président sortant est apparu plein de contradictions. A force d’avoir compris beaucoup de choses et de se repentir à longueur de discours, Nicolas Sarkozy frôle le tête-à-queue». Et de souligner comme d’autres qu’il y encore contradiction «quand il s’arroge la possibilité de modifier les traités européens mais l’interdit à son adversaire».

    Dans L’Alsace, Patrick Fluckiger fait chorus: «Quand Hollande réclame la renégociation d’un traité qui n’est pas encore appliqué, le président-candidat n’hésite pas à envisager la suspension de traités en vigueur depuis des années. Il veut coller au plus près des préoccupations des électeurs, ce qui le mène à des acrobaties spectaculaires. Et en l’occurrence, au tête-à-queue.» «Ainsi donc, quand Nicolas Sarkozy reproche vertement à François Hollande de vouloir renégocier le traité européen sur la stabilité et la gouvernance signé le 2 mars, jure-t-il qu’il se soustrairait, lui, à la règle commune si celle-ci ne changeait pas» s’étonne Ivan Drapeau de La Charente Libre.

    «Hier accusé par Nicolas Sarkozy de vouloir remettre en cause la parole de la France, François Hollande va sans doute apparaître ce matin comme un réformateur très modéré aux yeux de nos voisins européens!» ironise Hervé Favre dans La Voix du Nord.

    «Pour en avoir dit bien moins encore pour ce qui est de l’ampleur des points à renégocier, François Hollande était qualifié voici peu d’“irresponsable”, par François Fillon», note Jean-Michel Helvig La République des Pyrénées.

    «Ses homologues conservateurs de Londres, Madrid ou Berlin, qui refusent de recevoir François Hollande parce que celui-ci veut renégocier le dernier traité européen, vont-ils aussi boycotter Nicolas Sarkozy qui veut à son tour renverser la table?» se demande Bruno Dive dans Sud-Ouest.

    Yves Thréard, au contraire, estime dans Le Figaro que «l’Europe est une épine plantée dans le pied du candidat socialiste incapable de tenir un discours clair» et ne voit aucune contradiction jugeant même que «Nicolas Sarkozy a été l’avocat d’une Europe préservée pour qu’elle soit plus forte».

    «Nicolas Sarkozy a ainsi changé la dimension de sa candidature. Il ne sera plus seulement le président des Français, mais aussi celui qui va faire bouger l’Europe face au reste du monde», observe Bertrand Meinnel du Courrier Picard «Face à tant d’envergure, il serait presque égoïste de le garder rien que pour nous après le 6 mai!» conclut-il.


     

    L'appel à la nation de Nicolas Sarkozy, Le Figaro - Avril 2012. Extrait.

    "Le président-candidat a rassemblé ses troupes dimanche place de la Concorde, à Paris.

    Nicolas Sarkozy a lancé dimanche, pendant quarante minutes, un vibrant «appel au peuple de France». Un appel à «la majorité silencieuse» afin de stopper le «rien ne nous arrêtera» annoncé par François Hollande au même moment à Vincennes, et pronostiqué par les sondages de deuxième tour qui donnent tous vainqueur le prétendant socialiste. Dans un discours très ample, lyrique et très tourné vers «les voies de l'avenir», le président sortant a enfin, mieux encore que dans sa «Lettre au peuple de France», dessiné les grandes lignes de sa vision de la France de demain. Il a annoncé un «nouveau modèle social», fondé sur l'organisation d'un «nouveau modèle de croissance» afin d'«organiser les conditions des nouvelles trente glorieuses du XXIe siècle».

    À une semaine du premier tour, il n'a pas hésité non plus à avancer encore deux nouvelles propositions: la généralisation des faillites civiles contre le surendettement - qui permet d'effacer les dettes des familles surendettées et de leur donner «une deuxième chance» -, et l'objectif de croissance pour la BCE (lire ci-dessous).Cette nouvelle proposition prolonge le discours de Villepinte, et déplace, encore une fois dans cette campagne, le combat politique hexagonal au niveau européen. Cette fois-ci, il s'agit d'inscrire la croissance parmi les objectifs de la Banque centrale européenne. Nicolas Sarkozy sait qu'il faudra pour cela convaincre une Allemagne plus que réticente et il estime être le mieux placé pour le faire.

     (...) En citant Victor Hugo et Charles Péguy, le président sortant a voulu revenir aux sources du message principal de sa campagne, le seul qui lui a valu un retour en force dans les sondages: le refus d'une mondialisation subie, et la maîtrise d'un destin national qui passe par la défense de l'Europe des frontières. «Où voulons-nous aller?», a-t-il plusieurs fois demandé, en défendant cette idée d'une mondialisation enfin maîtrisée, qu'il s'agisse des flux migratoires ou des flux commerciaux.(...)"

     

     

    « La révolution sarkozienne ? Un énorme chantier politique en ruine », Claude Nicolet est premier secrétaire du MRC Nord, secrétaire national et conseiller régional Nord-Pas-de-Calais - Avril 2012. Extrait.

    " (...) Tout d'abord le futur président de la République devra faire face à une situation de recomposition politique interne à la France de grande ampleur. Ni la droite ni la gauche ne seront les mêmes au lendemain de la présidentielle. Parce que le « système turbule », comme disait Jean-Pierre Chevènement il y a dix ans déjà, preuve une fois de plus de sa clairvoyance. La droite ne pourra faire l'impasse de son alliance politique et stratégique avec un Front national « relooké ». Plus l'ampleur de la victoire souhaitable de François Hollande sera grande, plus le choc sera rude. Les positionnements de Claude Guéant et de la Droite populaire n'y feront rien pour tenter de s'affranchir de cette perspective. La question de la refondation des droites est en réalité déjà posée, y compris avec la fin probable de l'UMP dans sa forme actuelle.

    Un echec de Nicolas Sarkozy ne peut qu'entraîner la fin d'un appareil crée par lui et pour lui, avec comme seule perspective la conquête du pouvoir, sa préservation et la domination idéologique d'un « néo-conservatisme européo-transatlantique ». Une politique de classes clairement assumée, violente, brutale et grossière. Mais le président-candidat a profondément choqué les Français. Dans son comportement, son projet, son exercice du pouvoir, sa façon d'être. Le bilan de la révolution sarkozienne et de son impact sur la société française sera un énorme chantier politique en ruine. On pourrait se dire « c'est le problème de la droite » ! Mais se sera aussi le problème de la France, dont seul l'intérêt doit nous guider.

    La gauche également ne sera plus la même. En premier lieu parce qu'un nouvel espace politique s'ouvre pour elle. Nous sommes d'ores et déjà entrés dans une nouvelle période historique. La crise d'août 2007 en a été le révélateur puissant. Mais un certain nombre de conditions étaient déjà réunies. Effondrement du mur de Berlin, traité de Maastricht, élection présidentielle de 2002, rejet du traité constitutionnel européen du 29 mai 2005... Pour ne citer que quelques évènements.

    Les choses se cristallisent. Il faut du temps pour cela mais aussi que les situations historiques le permettent. C'est le cas aujourd'hui. Un premier constat qui s'impose, c'est pour le moins « la prise de distance » par toute la gauche française avec la construction européenne. Prise de distance plus ou moins nette, plus ou moins franche, avec toutes les nuances possibles certes, mais la réalité est là, incontournable, le dogme européen vacille. De l'extrême gauche au Parti socialiste, de ceux qui veulent sortir de l'euro jusqu'au plus modéré, la force des évènements et le combat de celles et ceux (dont nous sommes au MRC) qui ont toujours mis en garde. Ensuite le paysage politique s'éclaircit. L'extême gauche est marginalisée, mais autre fait marquant c'est la situation d'Europe Ecologie-les Verts. Il convient toujours de dire que l'élection présidentielle n'est pas facile pour les écologistes. C'est vrai pour des raisons qui tiennent à la nature de cette élection. Il est difficile pour eux d'entrer dans la logique de la rencontre d'un homme ou d'une femme avec la Nation quand, par ailleurs, les écologistes issus de la tradition libérale-libertaire de mai (qu'on ne peut résumer à cela) s'opposent à ces notions au nom des régionalismes d'une part et de l'Europe d'autre part. Mais surtout Jean-Luc Mélenchon réalise une synthèse entre la tradition du socialisme démocratique et les préoccupations écologistes. Leur articulation crée une perspective politique que les Verts étaient incapables de réaliser et la déclaration d'amour républicaine d'Eva Joly, lors de son meeting de Grenoble, n'y changera rien. Il est trop tard. Les vrais perdants de la poussée de Mélenchon se sont les Verts et pas François Hollande qui reste très élevé dans intentions de votes du premier tour.(...)"

    Dans Marianne2.fr

     

    Euro : Sarkozy se mélenchonise dans la dernière ligne droite, Quatremer - Avril 2012. Extrait.

    " Nicolas Sarkozy applique les mêmes recettes qui ont fait son succès de 2007. Après avoir fait des clins d’œil appuyés à l’extrême droite, en faisant de la remise en cause de l’espace sans frontière intérieure de Schengen et de l’immigration les axes majeurs de sa campagne (avec la viande halal et le permis de conduire…), le chef de l’État s’attaque dans la dernière ligne droite à l’euro, ce qui est censé plaire non seulement aux électeurs du Front national, mais aussi à la gauche radicale dont Jean-Luc Mélenchon est le héraut. En 2007, rappelez-vous, c’était l’identité nationale (avec ses relents maurassien) et l’euro – trop- fort responsable de nos malheurs.

    Aujourd’hui, place de la Concorde, à Paris, Sarkozy n’a pas hésité à faire écho aux propositions du leader de Front de Gauche sur l’euro, lui qui se posait jusque-là en « sauveur » de la monnaie unique. Il a ainsi promis « d’ouvrir le débat » sur le rôle de la Banque centrale européenne (BCE) : « je veux poser non seulement le problème des frontières, mais aussi celui du rôle de la Banque centrale dans le soutien à la croissance. C’est une question que nous ne pourrons pas éluder. Car si l’Europe ne veut pas perdre pied dans l’économie mondiale, elle doit absolument renouer avec la croissance ». « Si la Banque centrale ne soutient pas la croissance, nous n’aurons pas assez de croissance », a-t-il clamé, dénonçant les « limites des règles fixées dans le traité de Maastricht ». Certes, « l’Europe doit apurer ses dettes, elle n’a pas le choix, mais entre la déflation et la croissance, elle n’a pas davantage le choix. Si elle choisit la déflation, elle disparaitra, il faut se souvenir des années 30 », pas moins.

    (...) Comment va-t-il donc s’y prendre pour convaincre l’Allemagne, la Finlande, les Pays-Bas, l’Autriche, la Belgique, le Luxembourg ou encore la Slovaquie, de changer les règles du jeu et de lâcher la bride monétaire ? Mystère. Lui qui accuse François Hollande d’irresponsabilité parce qu’il veut renégocier le traité d’union budgétaire qui n’est pas encore entré en vigueur et explique qu’en cas de victoire de la gauche, la France deviendra une nouvelle Grèce, n’hésite désormais plus à s’aventurer sur un terrain infiniment plus risqué en agitant le spectre d’une grave crise franco-allemande sur le rôle de la BCE, ce qui risque d’attirer l’attention des marchés… En matière d’irresponsabilité, Sarkozy, qui semble oublier qu’il est encore le chef de l’État en exercice, a fait très fort.

    (...) Sarkozy a fait le choix de ne pas sortir de la rhétorique creuse de campagne, celle qui flatte l’oreille de ceux qui espèrent que la création monétaire réglera comme par magie les problèmes de la France et des pays périphériques de la zone euro. Sarkozy « l’Européen » est loin : il préfère caresser dans le sens du poil la France du « non », supposée eurosceptique, à l’image de tous ses challengers. Ses conseillers, les souverainistes Henri Guaino et Patrick Buisson, sont bien aux commandes de la campagne. L’Europe n’a décidément pas les dirigeants qu’elle mériterait."

    Blog Les Coulisses de Bruxelles

     


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    1
    BA
    Mercredi 18 Avril 2012 à 18:21

    Mercredi 18 avril 2012 :

     

    Espagne : le secteur bancaire a besoin de 350 milliards d'euros pour être assaini et pour ne pas s'effondrer.

     

    http://www.elconfidencial.com/vivienda/2012/04/17/el-sector-financiero-necesita-350000-millones-de-euros-para-sanearse-y-no-colapsar-96327/

     

    L'Italie annonce une aggravation de la récession en 2012.

     

    Dans un communiqué publié à l'issue d'un conseil des ministres, le gouvernement italien a annoncé une révision à la baisse de ses prévisions de Produit intérieur brut (PIB) pour 2012, prévoyant une contraction de - 1,2 %, contre une baisse de - 0,4 % lors de la dernière prévision officielle datant de décembre.

     

    Cette annonce intervient alors que l'Espagne et l'Italie se trouvent particulièrement sous pression sur les marchés ces derniers jours, et alors que le FMI a annoncé mardi une contraction du PIB italien de - 1,9 % pour 2012, et de - 0,3 % pour 2013.

     

    Bourse de Francfort : - 1,01 %.

    Bourse de Paris : - 1,59 %.

    Bourse de Milan : - 2,42 %.

    Bourse de Madrid : - 3,99 %.

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