• La position officielle du Parti de Gauche sur l'Euro

    (L'auteur du site, bien que militant front de gauche, se désolidarise entièrement de la position du Parti de Gauche sur l'euro, laquelle repose sur des erreurs flagrantes d'analyse économique, et des conceptions politiques d'une naiveté afligeante. Nous pensons que la raison n'est pas tant l'incompétence des rédacteurs du texte, que le manque de courage intellectuel et politique devant la nécessaire rupture avec la monnaie unique et la version fédéraliste du projet européen).


    "Un gouvernement déterminé peut mener cette action subversive dans l’UE : il peut cesser d’appliquer l’intégralité du traité de Lisbonne, s’affranchir des règles européennes qui imposent aux politiques un carcan néolibéral, et cela sans s’imposer les difficultés supplémentaires qu’engendrerait une sortie de l’euro."

    "S’affranchir du carcan néolibéral de l’UE, sortir de l’application intégrale du traité de Lisbonne, sans sortir de l’UE, c’est démontrer que l’on peut préserver l’acquis de cinquante ans de construction européenne, en se débarrassant du poison néolibéral."

    Résolution du Parti de Gauche sur l'Euro



    Résolution sur l’euro, Parti de Gauche. Extrait.

    La crise actuelle de la zone euro et la réaction des gouvernements européens démontre que l’union monétaire n’est pas aujourd’hui l’instrument de coopération qui renforce la capacité des peuples à surmonter les crises et à progresser de concert. Elle est au contraire un instrument de soumission des peuples à l’idéologie néolibérale largement partagée par les oligarchies au pouvoir. (...)

    En fait d’ « union » monétaire, la zone euro s’est ainsi transformée en zone de désunion des peuples qui dresse les travailleurs les uns contre les autres, rogne leur pouvoir d’achat, restreint leurs droits sociaux et dégrade leurs services publics. L’union ne fait plus ici la force des peuples pour améliorer leur sort, mais seulement la force des gouvernements rétrogrades pour imposer toujours plus de sacrifices et de rigueur aux salariés. (...)

    La quasi-totalité des méfaits habituellement imputés à l’euro sont plutôt l’effet combiné d’autres règles et institutions, des choix politiques gouvernementaux et du pouvoir exorbitant des gestionnaires de capitaux dans le capitalisme financiarisé. (...)

    En un mot, la crise financière en Europe est l’effet d’un système économique et de politiques gouvernementales qui produisent les mêmes effets avec ou sans euro. L’euro ne nous protège pas contre ce système et ces politiques, pas plus que ne le ferait le franc, l’écu ou n’importe quelle autre monnaie. Centrer le débat européen sur le maintien ou non de l’euro nous détourne donc du vrai débat qui porte sur les mesures nécessaires pour rompre avec le capitalisme financiarisé et les politiques néolibérales. (...)

    Le PG comprend le souci légitime de restaurer des marges de manœuvres politiques face à l’eurolibéralisme, souci qui s’exprime notamment par l’appel à la sortie de l’euro. Néanmoins, nous considérons que la restauration d’une monnaie nationale a des effets hasardeux et pas toujours souhaitables sur lesdites « marges de manœuvres ». Cette restauration donne en effet au pays la possibilité de procéder à des « dévaluations compétitives » en vue de corriger ainsi un éventuel écart de compétitivité. Mais la longue expérience française des dévaluations compétitives (des années 1950 au début des années 1980) démontre la faible efficacité d’une telle stratégie. (...)

    Si les pays européens accablés par le carcan néolibéral optent pour la sortie de l’euro et comptent sur la dévaluation pour améliorer leur sort, l’Europe risque de s’enliser plus avant dans la logique de guerre commerciale dont elle souffre déjà. L’éclatement de la zone euro pourrait déclencher une série de dévaluations qui affaibliraient le gain effectif de chaque pays et attiseraient leur rivalité. L’éclatement de la zone euro ne prépare pas forcément la refondation d’une Europe de la coopération des peuples. Elle risque de restaurer l’affrontement mortifère des nationalismes. (...)

    Un gouvernement déterminé peut mener cette action subversive dans l’UE : il peut cesser d’appliquer l’intégralité du traité de Lisbonne, s’affranchir des règles européennes qui imposent aux politiques un carcan néolibéral, et cela sans s’imposer les difficultés supplémentaires qu’engendrerait une sortie de l’euro. Ce coup de force politique peut naturellement susciter une très forte résistance des gouvernements les plus attachés à l’actuel fonctionnement antisocial et antidémocratique de la zone euro (notamment le gouvernement allemand). Mais dans la crise politique qui s’ouvrirait alors dans l’UE, le rapport de force est défavorable à ceux qui ont le plus à perdre à l’éclatement de la zone euro (notamment l’Allemagne) et favorable à ceux qui sont disposés à assumer cet éclatement s’il apparaît inéluctable. Nous y sommes quant à nous parfaitement disposés et préparés.  Le PG ne sacralise aucun système monétaire en lui-même, il ne fait prévaloir que l’absolue nécessité de mener les politiques publiques progressistes exigées par le suffrage universel ; en conséquence, si l’alternative qui venait à se présenter était le maintien de la zone euro dans la soumission au carcan néolibéral, ou bien la sortie de l’euro pour appliquer le programme validée par le vote des citoyens, le PG opterait sans hésitation pour cette seconde solution.

    Nous pensons toutefois que, dans l’immédiat, l’alternative réelle est différente. Un gouvernement déterminé peut faire à peu près ce qu’il veut dans la zone euro, et sa détermination a toutes les chances de faire plier des partenaires récalcitrants, mais qui ont fort à perdre dans la disparition de l’euro. (...)

    Or le PG entend œuvrer à une transformation de l’UE, non à sa destruction. Il ne s’agit donc pas seulement d’abandonner l’UE à son triste sort en restaurant la seule souveraineté du peuple français, mais d’engager une épreuve de force au sein de l’UE en démontrant qu’un gouvernement déterminé à le faire peut toujours mener une autre politique. S’affranchir du carcan néolibéral de l’UE, sortir de l’application intégrale du traité de Lisbonne, sans sortir de l’UE, c’est démontrer que l’on peut préserver l’acquis de cinquante ans de construction européenne, en se débarrassant du poison néolibéral. (quels acquis ????????) Cette démonstration est un encouragement aux peuples européens pour qu’ils exercent à leur tour leur souveraineté en votant pour des gouvernants qui s’engagent à suivre l’exemple du peuple français. C’est ainsi que se construira un nouveau rapport de forces en faveur d’une refondation démocratique et progressiste de l’UE. (...)

    Le PG se prononce donc, de préférence, pour le maintien d’une zone euro refondée ou d’une nouvelle zone monétaire limitée aux seuls pays disposés à engager la refondation d’une union monétaire démocratique et progressiste. A défaut, il soutient le projet d’une monnaie commune européenne.

    (...) la monnaie unique peut constituer un système préférable à la monnaie commune, dans le cas où il serait possible de transformer radicalement les conditions de son fonctionnement.

    « L'euro est la monnaie des papy-boomersPour une gauche républicaine, démondialisatrice et émancipatrice - Appel du M'PEP »

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