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    "Le 17 juin pourtant, les Grecs seront confrontés à un véritable choix". A en croire Slavoj Zizek, le célèbre philosophe communiste, l'enjeu du scrutin à venir est de savoir si oui ou non, l'Europe acceptera qu'une "technocratie dépolitisée (de) banquiers et autres experts" puissent "s’affranchir de la démocratie". En somme, la démocratie, la Grèce, berceau de la démocratie, pourrait être son tombeau.

    "Democraty versus the Eurozone", confirme Daniel Gros, économiste orthodoxe allemand, c'est le choix auquel sont confrontés les peuples européens. Et de fait, l'expérience récente montre que ni les Grecs, ni les Espagnols, ni les Français ne sont prêts à aliéner leur souveraineté au profit de Bruxelles.

    On pourrait objecter à ces deux auteurs, comme ne manquerait pas de le faire un eurofédéraliste français, que la démocratie n'est pas abolie, loin de là, puisqu'il s'agit de transférer la souveraineté au niveau européen.

    Au delà des principes institutionnels, ce qui fait problème au sein de la zone monétaire commune, c'est la collusion des intérêts financiers et de la gouvernance européenne. Si l'Europe vacille, c'est qu'elle est identifiée de plus en plus, à raison, au pouvoir tutélaire des créanciers, qui imposent l'austérité aux peuples. L'europhile Daniel Gros constaste que "le message des élections grecques et françaises, c'est que la tentative d'imposer une dictature bienveillante des créanciers doit faire face à la révolte des débiteurs". Pour Zizek, en refusant dans le même geste le diktat de Bruxelles et le pouvoir des banques, "c’est à l’Europe elle-même que nous portons secours."


    "Les plans de sauvetage" sont le pêché originel de l'eurozone, parce qu'ils ont placé les institutions européennes en position de créancières, aux côtés d'intérêts financiers, et vis-à-vis des peuples en difficulté. La confrontation - et le divorce - est inéluctable. D'autres solutions auraient dû être envisagées, comme celle de la hausse de l'inflation (Kenneth Rogoff, Professor of Economics at Harvard University) afin de détruire la dette, ou bien celle de Patrick Artus, qui après deux ans d'erreurs, en vient enfin - mais trop tard - à préconiser une annulation partielle des dettes souveraines, reconnaissant en outre qu'en période de crise, l'euro est très coûteux en termes de chômage.


    Voir les quatres textes ci dessous :

     

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  • La crise grecque est devenue, pour les Européens, un feuilleton quotidien qui - jusqu'il y a peu - n'avait pas grand chose à voir avec ce qui se passait dans le pays même, mais dont les personnages principaux étaient nos responsables européens, aux prises avec les marchés financiers. L'évolution des taux d'intéret, la contagion tant redoutée aux autres pays, les chiffres mirobolants des multiples plans de sauvetages, voilà de quoi était faite la trame de cette histoire. Tout le suspens tenait dans l'éventualité de la faillite et de la sortie de la Grèce de la zone euro.
     
    Mais, deux ans après le début de la médiatisation de la crise, 4 ans de récession, la situation prend une dimension toute nouvelle. On s'aperçoit que, au delà de l'inquiétude des Européens sur leur monnaie, la Grèce vit un drame national d'une ampleur inouïe. Le PIB a chuté de 20%. Le chômage avoisine les 20% de la population active. La pauvreté s'accroie. La crise sociale considérable est le prélude d'un tremblement de terre politique, après 40 ans de stabilité politique pour les pays de la zone euro.
     

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