• Posture D

    "Cette ultime posture voit dans la crise se dessiner la fin même du capitalisme et l’appelle souvent de ses vœux. La crise se teinte d’une dimension presque positive, malgré les difficultés sociales qu’elle engendre, comme promesse d’un changement de paradigme radicale (...) Cette posture insiste sur l’instabilité maximale du système, lit l’enchaînement des différentes crises récentes et plus anciennes non sous le signe de la régénération, mais sous celui de l’épuisement. L’économie de marché est fortement remise en cause dans ses fondements, confrontée qu’elle serait à une politique d’accumulation sans fin. Les solutions évoquées sont bien sûr d’abord politiques (critique des limites de la démocratie face au marché) mais aussi économiques (décroissance). Elles appellent à l’élaboration d’un système radicalement nouveau. (...)

    Cette posture, plus radicalement politique, interroge le système de l’extérieur, et considère la crise non comme un accident, mais comme le révélateur de ses limites intrinsèques."

    Jean Maxence Granier, dans Sémiotique de la crise

  • "Je pense en effet que nous sommes entrés depuis trente ans dans la phase terminale du système capitaliste (...) La situation devient chaotique, incontrôlable pour les forces qui la dominaient jusqu'alors, et l'on voit émerger une lutte, non plus entre les tenants et les adversaires du système, mais entre tous les acteurs pour déterminer ce qui va le remplacer. Je réserve l'usage du mot "crise" à ce type de période. Eh bien, nous sommes en crise. Le capitalisme touche à sa fin." (2008)

    "Nous allons connaître une grande bataille politique dont l’enjeu sera l’avenir du monde." (2013)

    Immanuel Wallerstein

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  • Gérard Duménil et Diminique Levy sont à ma connaissance les plus brillants représentants des économistes français appartenant d'une façon ou d'une autre à la nébuleuse marxiste. Peu connus en France, leurs ouvrages paraissent aux Etats-Unis et ne sont pas toujours traduits. Je les classe dans la posture D car leur définition restrictive (et pertinente) du "capitalisme" font qu'ils font du dépassement de ce régime daté une possibilité pratique forte sans pour autant qu'ils n'identifient cette éventuelle avancée comme une fin de l'histoire ou l'évènement d'une société sans classe.


    "Le néolibéralisme est en crise, et il ne s'en remettra pas. (...) Le néolibéralisme est une phase du capitalisme, où il est entré à la transition des années 1970 et 1980. C'est un fait politique, dans lequel toute l'économie a été entraînée, dont l'objectif était d'accroître les revenus des classes supérieures. On peut même parler d'une « restauration », dans la mesure où les revenus de ces classes avaient été contenus au cours des premières décennies de l'après-guerre. A l'aune de cet objectif, le néolibéralisme a été un formidable succès, dans la mesure où les hauts revenus se sont énormément accrus. (...) Comme toute période de perturbation majeure, la crise actuelle crée des opportunités mais elle ne détermine, évidemment, pas les issues. L'exemple de l'entre-deux-guerres est particulièrement riche d'enseignements à ce propos. Les luttes de classes, très intenses, de ces décennies ont abouti au New Deal, au Front populaire, au nazisme…"


    "Au-delà du néolibéralisme : Trois voies alternatives :" "La troisième hégémonie financière, post-néolibérale" et "le néomanagérialisme (...) Une caractéristique commune de ces deux ordres sociaux dans les pays du centre serait l'accentuation de l'exploitation des classes populaires. Cette intensification revêtirait la forme de la diminution des pouvoirs d'achat des classes populaires, à laquelle on pourrait associer la réduction des protections sociales en matière d'emploi, de santé, de retraites et d'éducation. Dans le cas de la troisième hégémonie financière, l'objectif serait une forme de tiersmondisation des pays du centre où coexisteraient des classes supérieures richissimes et des classes populaires hyperexploitées – la reproduction sur le territoire national des processus d'exploitation au plan mondial. (...)

    Ainsi, même si l'état des luttes de classe en cette fin d'année 2011 n'incite pas à l'optimisme, on ne peut écarter l'option d'un troisième ordre social, un social-managérialisme, marquant une rupture plus radicale encore dans les hiérarchies et compromis de classe, car le compromis social y basculerait à gauche.(...)

    Bien que les rapports de classe soient maintenus, cette pression populaire viserait à leur atténuation, et au tout premier chef, à la répression des classes capitalistes, voire à leur élimination progressive, une tâche que l'ordre social de l'après-guerre n'a pas su mener à bien."

     

    La crise du néolibéralisme. Gérard Duménil et Dominique Lévy

     

    Ci dessous à lire 3 textes parus dans Actuel Marx : 

    - deux textes qui se suivent sur l'après néolibéralisme (partie 1 et partie 2)

    - une interview de 2009

     


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    "Il se peut que le socialisme ne soit pas une alternative au capitalisme, mais son héritier. Il héritera de la Terre non pas en dépossédant les riches de leurs biens mais en motivant et en incitant à des comportements éloignés de tout désir d’accumulation supplémentaire de richesse."

    Robert Skidelsky

     

     

      

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