• L'article du jour : Les œillères du libre-échange, Dani Rodrick

    Les œillères du libre-échange, Dani Rodrick - Mars 2012. Extrait.

    J'ai été récemment invité par deux collègues de Harvard à faire une intervention dans leur cours sur la globalisation. « Je dois vous dire, m'a averti à l'avance l'un d'entre eux, que c'est une foule plutôt favorable à la globalisation. » Lors de la toute première réunion, il a demandé aux étudiants combien d'entre eux préféraient le libre-échange aux restrictions sur les importations ; la réponse était de plus de 90%. Et c'était avant que les étudiants n'aient été instruits des merveilles de l'avantage comparé !

    Nous savons que quand la même question est posée dans de vrais sondages à des échantillons représentatifs - pas simplement à des étudiants de Harvard - les résultats sont tout à fait différents. Aux États-Unis, les personnes interrogées préfèrent les restrictions du commerce à deux contre un. Mais la réponse des étudiants de Harvard n'était pas entièrement surprenante. Les personnes interrogées hautement qualifiées et plus instruites ont tendance à être considérablement plus favorables au libre-échange que les cols bleus. Peut-être que les étudiants de Harvard votaient tout simplement en pensant à leurs propres portefeuilles (futurs).

    Ou peut-être n'avaient-ils pas compris comment fonctionne vraiment le commerce. Après tout, quand je les ai rencontrés, j'ai posé la même question sous une autre forme, en soulignant les probables effets distributionnels du commerce. Cette fois, le consensus sur le libre-échange s'est évaporé - encore plus rapidement que je ne l'avais prévu. (...)

    Pour émettre un jugement sur des résultats de redistribution, nous devons connaître les circonstances qui les causent. Nous n'en voulons pas à Bill Gates ni à Warren Buffett d'être milliardaires, même si certains de leurs rivaux ont souffert en cours de route, vraisemblablement parce qu'eux et leurs concurrents opèrent selon les mêmes règles de base et rencontrent plus ou moins les mêmes occasions et les mêmes obstacles.

    Nous penserions différemment si les Gates et Buffett s'étaient enrichis non pas par la transpiration et l'inspiration, mais en trichant, en enfreignant le droit du travail, en ravageant l'environnement, ou en tirant profit des subventions de gouvernements étrangers. (...)

    Trop d'économistes sont sourds à de telles distinctions. Ils sont enclins à attribuer les questions sur la globalisation à des motifs protectionnistes grossiers ou à l'ignorance, même lorsque de véritables questions morales sont en jeu. En ignorant que le commerce international, parfois - certainement pas toujours - implique des résultats de redistribution que nous considérerions comme problématiques chez nous, ils échouent à aborder correctement le débat public. (...)

    Mais les démocraties doivent avoir une discussion appropriée, de sorte qu'elles fassent de tels choix consciemment et délibérément. Fétichiser la globalisation simplement parce qu'elle augmente le potentiel économique est la meilleure manière de la délégitimer à long terme.

    Project Syndicate

    « Minute promotionnelle pour l'Union Européenne"Nous voulons un protectionnisme européen", ce soir 18h30 »

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    1
    BA
    Mercredi 14 Mars 2012 à 21:36

    Mercredi 14 mars 2012 :

     

    Le budget de l'Union Européenne au bord du défaut, selon le Parlement européen.

     

    Le budget de l'Union européenne est "au bord du défaut", les grands contributeurs -  fortement mis à contribution pour sauver l'euro - rechignant à augmenter leur participation, a averti mercredi Alain Lamassoure, président de la commission des Budgets du Parlement européen.

     

    La Commission européenne doit présenter le 26 avril sa proposition pour le budget 2013, mais il est "peu probable" que les Etats acceptent une augmentation, a estimé M. Lamassoure au cours d'un point de presse au Parlement européen à Strasbourg avec le commissaire au Budget Janusz Lewandowski.

     

    Les Etats ont imposé un budget d'austérité pour 2012 avec des dépenses limitées à 129,1 milliards d'euros, loin des 133,1 milliards demandés par le Parlement.

     

    Le commissaire au Budget Janusz Lewandoswki a confirmé avoir des difficultés pour trouver 11 milliards d'euros afin de rembourser aux Etats les factures présentées fin 2011, et il a annoncé travailler à un projet rectificatif nécessaire pour au moins la moitié de cette somme.

     

    "Le budget européen n'a pas un euro de déficit, mais il est au bord du défaut", a lancé Alain Lamassoure.

     

    "Nous sommes face à un problème politique. La France, l'Allemagne, les Pays Bas, la Finlande, l'Autriche, qui sont les pays contributeurs nets, refusent toute augmentation de leur contribution nationale, car ils sont les principaux supports du fonds de sauvetage de l'euro et ils ne veulent pas payer deux fois", a-t-il expliqué.

     

    http://www.boursorama.com/actualites/le-budget-de-l-ue-au-bord-du-defaut-selon-le-parlement-europeen-50ed664755db6a518316dffc504af25a

    2
    BA
    Samedi 17 Mars 2012 à 23:22

    Samedi 17 mars 2012 :

     

    A propos de l'Espagne :

     

    Les banques espagnoles ont obtenu 47 % des prêts accordés par la BCE en février ; la dette publique de l'Espagne est de 110 % du PIB, et non de 68 % comme elle l'avait déclaré ; l'Espagne va imploser. C'est un miracle que ça ne soit pas encore arrivé.

     

    Spanish Banks Account for 47% of ECB Credit in February ; Spain's Real Debt to GDP Ratio is 110% Not Reported 68% ; Spain Will Implode. It's a Wonder it Hasn't Already.

     

    http://globaleconomicanalysis.blogspot.fr/2012/03/spanish-banks-account-for-47-of-ecb.html

     

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