• Bernard Maris est économiste à succès : chroniqueur régulier dans la presse "bourgeoise" et membre du conseil général de la Banque de France. Européiste de la première heure, il a voté en faveur du TCE en 2005. Pourtant, en Avril 2014, il tire une première salve de trois articles successifs contre la monnaie unique; il réitère en septembre. Une belle prise de guerre pour les anti-euros.  

     

    "Existe-t-il un autre modèle que le modèle Valls – Fillon – Juppé – Sarkozy ? Oui, il y en a un, et un seul. C’est le modèle macroéconomique fondé sur une sortie totale ou partielle de la zone euro."

    Septembre 2014

    Source : https://www.facebook.com/andrejacques.holbecq/posts/945180628831689

     

     "J’ai voté oui à Maastricht, oui au traité Constitutionnel. Aujourd’hui je pense qu’il faut quitter la zone euro.  (...)

    En 1992, François Mitterrand a ouvert une deuxième guerre de 30 ans en croyant par la monnaie unique arrimer l’Allemagne à l’Europe. L’Allemagne réalise sans le vouloir par l’économie ce qu’un chancelier fou avait déjà réalisé par la guerre : elle détruit à petit feu l’économie française. (...)

    Plus de vingt ans de guerre économique ont passé, et l’industrie Allemande a laminé les industries italienne et surtout française. Aujourd’hui la guerre est terminée et gagnée. (...)

    On a le choix : sortir de l’euro ou mourir à petit feu. Sinon, le dilemme pour les pays de la zone euro est assez simple : sortir de façon coordonnée et en douceur, ou attendre le tsunami financier. (...)

    Le meilleur moyen de rendre l’Europe odieuse, détestable pour longtemps, de faire le lit des nationalismes les plus étroits, est de poursuivre cette politique imbécile de monnaie unique associée à une « concurrence libre et non faussée » qui fait se pâmer de joie ceux qui en profitent, Chinois, Américains et autres BRICs."

    Avril 2014

    Source :

    Sortie de l’euro : Bernard Maris vire sa cuti (1)

    Sortie de l’euro : Bernard Maris vire sa cuti (2)

    Sortie de l’euro : Bernard Maris vire sa cuti (3)

     

     

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  • Depuis maintenant 30 ans, tout le monde fait le même constat : la France a du mal à s'adapter au monde moderne. Un secteur est particulièrement arriéré : celui de l'éditocratie.

    Heureusement, le président Hollande et son premier ministre ont pris le problème à bras le corps : ils mettent tout en œuvre pour faire enfin faire évoluer la mentalité franchouillarde. La politique menée, ouvertement libérale et violemment austéritaire , vise à mettre fin au mythe journalistique de la "social-démocratie". Selon ce mythe archaïque, une gauche "marxiste", idéaliste" voudrait "tout, tout de suite", tandis que une gauche social-démocratie saurait promouvoir le progrès social par des réformes mesurées et, surtout, "réalistes".

    Notre premier ministre a voulu faire de l'éviction de Montebourg, le symbole de sa nouvelle politique, afin que tout le monde comprenne bien que l'opposition à gauche était dorénavant représentée par un ministre keynésien inspiré par les conseils de la majorité des économistes américains.

    Voyons la réaction de notre éditocratie hexagonale :

    Comme toujours, c'est Gérard Grunberg qui donne le "la" à l'ensemble de l'éditocratie en posant une question à la gauche et à laquelle il répond lui-même : "peut-on aujourd'hui être un grand parti de gouvernement, diriger l'une des principales économies du monde et continuer en même temps à véhiculer une idéologie anti-libérale et anti-mondialisation ?". Notre éditorialiste en chef demande au PS d'enfin choisir une ligne idéologique réformiste contre "un patrimoine idéologique datant d'une autre époque".

    Arnaud Leparmentier en rajoute une couche avec sa hargne habituelle par un "adieu" narquois "aux socialistes fin de siècle (...) fondamentalement tirés vers la gauche et le rêve révolutionnaire français." Le président a su "purger" son gouvernement après une "révolte de son aile gauche". Il lui reste maintenant a suivre le modèle de la gauche allemande qui "abjura le marxisme" dès 1959 et qui est depuis  "génétiquement réformiste".

    Même son de cloche chez Libération. Avec le choix d'un titre racoleur : "le gouvernement est-il de droite ?", le journal avait éveillé inquiétude ou intérêt, c'est selon. L'éditocrate Laurent Joffrin se charge illico de rendormir tout le monde : "Soyons lucides : vu de l’étranger, la question que nous posons en une de notre journal est absurde. François Hollande et Manuel Valls, par le geste d’autorité qu’ils viennent d’accomplir, réaffirment, clarifient, officialisent une politique qui rejoint les conceptions de la social-démocratie européenne". Circulez y a rien à voir, et tant pis si on vous a délesté au passage de 1,60 euros.

    Pour la route, citons Alain Duhamel, éditocrate momifié : "Trotskistes, communistes, écologistes et une fraction du PS - faible au sommet, forte à la base - rêvent d’une autre société au sein d’un autre monde. Faute de pouvoir changer le monde, justement, cette gauche accable le système et ses énormes défaillances, regarde les sociaux-démocrates comme les complices d’un univers honni." Faut-il lui préciser que le Trotskysme n'existe plus, que le PCF ne présente plus de candidat à la présidentielle, que EELV est proche du MODEM, que Montebourg ("la gauche du PS" ?) est tout sauf socialiste, et que Mélenchon rassemble péniblement 10% de l'électorat ?

    Finalement, comme on peut le voir, les mentalités n'ont guère évolué en France, et ce malgré les efforts de notre gouvernement. Nos éditocrates continuent à avoir une grille de lecture politique d'outre-tombe.

    Il y a une tout de même une lueur d'espoir provenant d'un éditocrate de la jeune génération, au Monde : David Revault d'Allonnes, pour qui, "une étape supplémentaire est franchie dans le remplacement de la ligne sociale-démocrate initiale par un positionnement social-libéral assumé." En voilà un qui a compris.


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