• Par un article qu’il signe depuis Bruxelles où il se trouve, le député européen SYRIZA, Manolis Glezos, critique de manière particulièrement acerbe les manœuvres gouvernementales:

    "Changer le nom de la troïka en « institutions », celui du mémorandum en « accord » et celui des créanciers en « partenaires », ne change en rien la situation antérieure. L’on ne change pas non plus, bien entendu, le vote du peuple Grec aux élections du 25 janvier 2015. Il a voté pour ce que SYRIZA avait promis : abolir le régime d’austérité qui n’est pas seulement une stratégie de l’oligarchie allemande mais aussi de celle des autres pays créanciers de l’Union européenne et de l’oligarchie grecque. Nous abolissons les mémorandums et la troïka, nous abolissons toutes les lois de l’austérité. Au lendemain des élections, d’une seule loi, nous abolissons la troïka et ses effets. Un mois est passé et cette promesse n’est toujours pas transformée en acte. Dommage et encore dommage.

    Pour ma part, je demande au Peuple Grec de me pardonner d’avoir contribué à cette illusion. Mais, avant que le mal ne progresse. Avant qu’il ne soit trop tard, réagissons. Avant toute chose, par le biais d’assemblées extraordinaires, dans toutes les organisations, quel qu’en soit le niveau, les membres et les amis de SYRIZA doivent décider s’ils acceptent cette situation.

    D’aucuns prétendent que, pour obtenir un accord, il faut savoir céder. En tout premier lieu, entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté.

    Mais, même si nous acceptions cette aberration, ce que les gouvernements antérieurs ont fait avec le chômage, l’austérité, la pauvreté, les suicidés, en soutenant les mémorandums, va bien au-delà de toute limite de compromis."

    Manolis Glezos, Bruxelles, le 22 février 2015

    http://www.okeanews.fr/20150222-glezos-je-demande-au-peuple-grec-de-pardonner-davoir-contribue-cette-illusion


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  • Selon des enseignants du secondaire de ma connaissance, ceux-ci auraient été invités (par mail) par le rectorat a dénoncer les élèves qui auraient posé problème après les attentats : refus de respecter la minute de silence, prises de parole intempestive... Quelqu'un aurait plus d'infos à ce sujet ? Merci.

    Voici les propos révoltants de la ministre de l'éducation à ce sujet :


      

     

    " [La minute de silence] ne s’est pas toujours bien passé. Des incidents ont eu lieu, ils sont même nombreux et ils sont graves et aucun d’entre eux ne doit être traité à la légère. Et aucun d’entre eux ne sera traité à la légère.

    Vous me demandez combien nous sont remontés ? Je vais vous répondre. S’agissant de la minute de silence elle-même c’est une centaine d’incidents qui nous ont été remontés. Les jours qui ont suivi nous avons demandé la même vigilance, et c’est une nouvelle centaine d’évènements et d’incidents qui nous ont été remontés.

    Parmi eux une quarantaine ont d’ailleurs été transmis aux services de police, de gendarmerie, de justice, parce que pour certains il s’agissait même d’apologie du terrorisme. Nous ne pouvons pas laisser passer cela.

    L’école est en première ligne aussi pour répondre à une autre question car même là où il n’y a pas eu d’incidents, il y a eu de trop nombreux questionnements de la part des élèves, et nous avons tous entendu les « oui je soutiens Charlie, mais… », Les deux poids deux mesures. Pourquoi défendre la liberté d’expression ici et pas là ?

    Ces questions nous sont insupportables, surtout lorsqu’on les entend à l’école qui est chargée de transmettre des valeurs.

     

     


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  • Voilà l'information importante : la gauche radicale a choisi la ligne souverainiste et patriote en faisant alliance avec la droite anti-européenne. Par la même elle a discrédité le clivage droite/gauche en refusant l'alliance avec le centre gauche pro-européen. Lisez cet article de la Tribune :

    Une union des patriotes en Grèce !

     

    Alexis Tsipras défie l'Europe en s'alliant avec les Eurosceptiques de droite - La Tribune

    Syriza et les Grecs Indépendants ont conclu un accord de gouvernement. En préférant cette alliance à celle des centristes, Alexis Tsipras lance un défi aux dirigeants européens.

    Alexis Tsipras n'aura pas perdu de temps. Après une réunion d'un quart d'heure ce matin, Syriza et l'ANEL, le parti des Grecs Indépendants, ont annoncé un accord de coalition pour former un gouvernement. L'ANEL a obtenu 4,75 % et 13 élus lors du scrutin d'hier. La nouvelle coalition disposera donc d'une majorité de 11 sièges relativement confortable. Rien ne peut donc empêcher Alexis Tsipras de devenir premier ministre dans les prochains jours.

    Reste qu'il s'agit là un peu de l'alliance de la carpe et du lapin. L'ANEL est un parti très conservateur, issu de la scission des Eurosceptiques de Nouvelle Démocratie. C'est un parti qui a une rhétorique très nationaliste et qui n'échappe pas parfois à certains excès homophobes et antisémites. Mais c'est un allié sûr pour Syriza quant à sa politique européenne : l'ANEL rejette en effet comme le parti d'Alexis Tsipras l'austérité, la troïka et le mémorandum. Certes, cette alliance risque sur plusieurs sujets, notamment la gestion de l'immigration ou la sécurité, d'être fragile, mais son ciment sera la ligne dure face à l'Europe. Du reste, les deux partis avaient déjà passé un accord en novembre pour ne pas voter en faveur du candidat présidentiel d'Antonis Samaras et provoquer de nouvelles élections...

    Avec cette alliance, Alexis Tsipras envoie un message fort à l'Europe : il n'est pas prêt à faire des concessions sur le terrain de la restructuration de la dette et de l'abandon de l'austérité. En choisissant comme partenaire l'ANEL plutôt que les centristes europhiles de To Potami, Syriza engage un véritable bras de fer avec l'Europe. Et en fait l'élément pivot de sa future politique. D'emblée, le ton est donné.


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