• Jeffrey David Sachs est un économiste américain. Il dirige et enseigne à l'Institut de la Terre de l'Université Columbia. Il est consultant spécial du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon
     

    "L’Europe est sur le point de s’effondrer à cause des vanités et du cynisme d’une poignée de banquiers et de politiciens."

    "Fermer un secteur bancaire pendant des semaines ne s’est pas produit depuis la Grande Dépression des années 30. Le pays est déjà au bord de l’effondrement depuis quelques semaines. Il fait des pas de plus vers la falaise. La Banque centrale européenne n’a pas voulu jouer le rôle de prêteur en dernier ressort, parce que Jens Weidmann, président de la Bundesbank, faisait partie des faucons. C’est très choquant. Cela fait quarante ans que je m’investis dans l’économie internationale et je n’ai jamais vu ça; voir cela en 2015, dans une des deux plus grandes économies du monde, tient du cauchemar. C’est la faillite, en soi, d’un système financier et économique sans réelle gouvernance politique."

    "Les Etats puissants ne veulent pas entendre ce qui est douloureux pour les plus faibles. Mais à la fin, ils seront rattrapés par les souffrances qu’ils infligent. Sauf réveil essentiel, le parallèle se terminera ainsi : une série de chocs dramatiques vont se produire et nos systèmes politiques, dominés par des élites sans vision, seront incapables d’y faire face."

     

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    La fin de la partie grecque - Jeffrey D. Sachs, Professor at Columbia University
    Les conditions en Grèce aujourd'hui rappellent celles qui prévalaient dans l'Allemagne de 1933.(...)
    Malheureusement, le continent reste divisé selon des lignes tribales. Allemands, Finlandais, Slovaques et Hollandais – entre autres – n’ont cure de la souffrance des Grecs. Leurs dirigeants politiques se soucient de leur circonscription, pas véritablement de l'Europe.(...)
    Il y a près d'un siècle, à la fin de la Première Guerre mondiale, John Maynard Keynes a offert un avertissement qui détient une grande pertinence aujourd'hui. Alors, comme aujourd'hui, les pays créanciers (principalement les États-Unis) exigeaient que les pays profondément endettés honorent leurs dettes. Keynes savait qu'une tragédie se préparait.« Les peuples mécontents d'Europe voudront-ils arranger leur existence pour toute une génération, pour qu’une part appréciable de leur production quotidienne serve à assurer à l'étranger des paiements ? », demanda-t-il dans Les Conséquences économiques de la paix. « Bref, je ne pense pas qu'aucun des tributs  en question soient payés, ou tout au moins plus de quelques années. »(...)
    Le gouvernement grec a raison de mettre des limites. Il a une responsabilité envers ses citoyens. Le véritable choix, après tout, n’est pas dans le camp de la Grèce, mais de l'Europe.
     
     

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    "Tsipras aura fait ce qu’il a pu, dans le cadre du mandat qu’il avait sollicité. Et il l’a fait avec un certain panache et beaucoup d’intelligence. Ce faisant, et probablement sans le vouloir, il a mis en lumière les contradictions et les non-dits de la « construction européenne ». Il a montré que le roi européen était nu. Mais on ne peut raisonnablement pas lui demander plus. Le vote au Parlement grec montre qu’il n’avait pas derrière lui le soutien populaire nécessaire pour s’embarquer dans une sortie de l’Euro. C’est malheureux, mais il faut peut-être aux peuples boire le calice de l’austérité jusqu’à la lie pour comprendre qu’une sortie de l’Euro, quelque soit son coût, sera sur le long terme moins chère que le fait d’y rester". Blog Descartes

     

    "Cet accord revient à une destruction complète de la souveraineté nationale, et sans espoir d'amélioration." Paul Krugman (1)

    "A mois que Merkel ne finisse miraculeusement par proposer un plan moins destructeur, la sortie de l'euro, aussi terrifiante qu'elle soit, serait préférable". Paul Krugman (2)

     

    "Après six mois d’une vraie guerre en plein cœur de la zone euro, un armistice extrêmement douloureux est proposé aux Grecs. " Jean-Michel Naulot dans Libération

     

    "En attendant la suite, la démonstration de force qui a été opérée soulève le cœur. La Grèce ne va pas sortir de l’euro, mais c’est au prix de la poursuite de son effondrement. (...) La crise politique va pouvoir se donner libre cours, en Grèce et dans toute l’Europe. C’est le prix que les créanciers vont devoir payer". François Leclerc

     

    "Politiquement, cet accord aboutit à mettre la Grèce en tutelle, à l’assimiler dans les faits à une colonie privée de tout pouvoir réel". Jacques Sapir

     

    "Ils ont osé se rebeller, mais cette rébellion est secondaire en regard de leur incohérence et leur inconséquence. Depuis le début, l’équipe de Syriza fait la preuve de son incompétence. Elle n’a pas compris qu’elle n’avait qu’une arme, l’arme atomique qui consiste à avoir le courage d’aller jusqu’au bout. (..) De toutes façons, pour Syriza depuis le premier jour, c’est tout ou rien. Il était évident qu’en cas de défaite ils seraient balayés, mis aux poubelles de l’histoire".  Bruno Bertez


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    Le feuilleton grec : suite et fin ?

     

      

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