• Le programme économique des candidats - Point de vue (Introduction)

     

    François Hollande a été un des premiers à présenter son projet présidentiel, « Le changement c'est maintenant ». Première surprise, à rebours de l’image véhiculée par les média, d’un homme consensuel (trop) ne sachant pas trancher, et entouré d’une équipe de campagne surdimensionnée, il propose 60 engagements d’une grande cohérence doctrinale. Tout l’inverse du patchwork attendu. Autre surprise, le candidat socialiste annonce un programme de rigueur budgétaire - certes modérée et bien calibrée - en complète rupture avec la tradition à gauche. Il est le candidat de la rupture libérale à gauche, se positionnant en social-libéral assumé, et à côté duquel François Bayrou fait pâle figure.

    Le candidat du centre ayant perdu le monopole du discours sur l'assainissement des finances publiques, on s'aperçoit qu'il se trouve incapable de proposer un projet autre que l'alignement brutal sur l'orthodoxie financière réclamée par les marchés. Son programme, très faible sur le plan intellectuel, rédigé dans un mauvais français, dans lequel on ne voit pas de vision pour la France, dissipe les illusions de ceux qui pensaient voir, dans le camp des anti-sarkozystes, chez le candidat du centre une alternative à François Hollande.

    Il ne faut pas trop s'arrêter sur le programme, très creux, du président sortant, mais sur la manière dont celui-ci, dans sa lettre aux Français, distille, à nouveau, en arrière fond, le thème de la rupture avec cette Europe accusée de ne pas avoir protégé les Français de la mondialisation dans tous ses aspects, le tout sans trop s'apesantir sur son bilan. Le candidat Sarkozy est soucieux, comme en 2007, de ne pas laisser le Front National capter les voix à droite des perdants de la mondialisation.

    Avec Marine Le Pen à sa tête, le Front National a muté. Il n'est plus ce parti purement contestataire, diabolisé par les médias et porté par son odeur de souffre. Il se veut doté, pour la première fois, d'un programme fondé sur une réflexion – dont on pense ce qu'on veut – sur le contexte économique. Le parti anti-système ajoute à ses thèmes habituels de l'immigration et du danger islamique, une volonté de rupture nette avec l'Europe et la monnaie unique.

    Enfin, l'événement de la campagne est le retour d'une gauche radicale, portée par Mélenchon, qui se révèle aux yeux du plus grand nombre comme un formidable tribun. A travers l'homme, c'est toute une tradition du socialisme authentique qui renaît, uni dans ses composantes républicaine, sociale-démocrate, communiste, libertaire. Le candidat du Front de Gauche, soucieux de préserver la stabilité de l'édifice (coalition d'un grand nombre d'organisations) réussit le tour de force de faire sien le patchwork indigeste qu'est le « programme commun » L'humain d'abord. Crédibilité ou démagogie de ce qui est un véritable programme de rupture à gauche, cela dépend de la capacité de ce mouvement, s'il arrive au pouvoir, à bousculer le cadre européen. Sur ce point, la crise de l'euro qui risque d'atteindre bientôt son paroxysme peut fortement aider à la manoeuvre.

     

    Vous l'aurez compris, ce blog apporte au candidat du Front de Gauche un soutien critique, dans la mesure où il n'a pas encore donné tous les gages de sa détermination sans faille à passer en force les barrages de l'euro-libéralisme.

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  • Commentaires

    1
    BA
    Jeudi 19 Avril 2012 à 23:55

    Jeudi 19 avril 2012 :

     

    Quelles possibilités de couverture contre un scénario d’éclatement partiel de la zone euro ?

     

    Avec la remontée récente des taux d’intérêt sur les dettes périphériques, la question de la pérennité de la zone euro dans sa structure actuelle se pose pour de nombreux agents économiques exposés à la monnaie unique.

     

    Parmi un ensemble des possibles très vaste, allant de la sortie d’un seul pays comme la Grèce à l’explosion totale de la zone euro, nous retenons un cas intermédiaire, à savoir la sortie de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne. Ce choix est motivé par le risque de crises politiques et sociales que les niveaux de chômage atteints, notamment parmi les jeunes, font peser sur ces pays.

     

    Nous estimons les impacts potentiels sur les changes et les taux d’intérêt des pays sortants et des pays core puis proposons des stratégies de couverture sur les marchés obligataires souverains et corporates, actions et matières premières.

     

    http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=63603

    2
    Coma81 Profil de Coma81
    Vendredi 20 Avril 2012 à 00:11

    Eh bien voilà, après deux ans de déni de la part de Patrick Artus, il lâche le morceau : la zone euro peut exploser. Tous aux abris !

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