• Quand l'OFCE démontre que la baisse du chômage n'est pas un objectif du gouvernement

    L'Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE) est un centre de recherche associé à Sciences Po, regroupant des économistes keynésiens réclamant la fin des politiques d'austérité, soit "un renversement de la politique économique en Europe"  .

    Ayant placés leurs espoirs dans l'élection d'un gouvernement de gauche, les économistes de l'OFCE ont dans un premier temps porté un regard bienveillant sur le nouveau gouvernement, l'exemptant de sa responsabilité dans la politique de rigueur que celui-ci appliquait pourtant dès sa prise de fonction:

    "Si cette politique n’est pas adaptée, pourquoi donc le gouvernement français s’obstine-t-il dans cette voie ? Parce qu’il n’a malheureusement pas le choix et qu’il est pris au piège des marchés financiers et de l’orthodoxie de la Commission européenne."

    Aujourd'hui l'espoir laisse place à l'incompréhension :

    "Le gouvernement français a choisi de ne pas relâcher sa politique d’austérité, en maintenant l’ensemble des mesures annoncées lors du projet de loi de finances de l’automne 2012. Cette politique reste restrictive et va bien au-delà des préconisations de la Commission (...)

    Alors que l’échec de la politique d’austérité des dernières années semble infléchir progressivement la position de la Commission européenne, le gouvernement français persiste dans cette voie."

    Selon les calculs de l'OFCE, l'infléchissement récent des exigences de la Commission Européenne en matière d'austérité autoriserait le gouvernement français à viser un taux de chômage à 10,6% en 2014. Malheureusement, celui-ci s'obstine à durcir l'austérité, de sorte que l'OFCE prévoit un taux de chômage à 11,1% pour 2014. D'où ce commentaire amer de la part de l'institut :  

    "A rebours de l’urgence sociale à laquelle le pays fait face et du changement de paradigme qui semble gagner la plupart des institutions internationales, le gouvernement français choisit d’en rester au fétichisme des 3 %."

    L'objectif affiché du gouvernement est la lutte contre le chômage. En réalité, l'OFCE montre que ce n'est pas le cas, comme le révèle effectivement les choix budgétaires qui pèseront dans le sens d'un accroissement du chômage.

     

    Pour aller plus loin :

    France : pourquoi tant de zèle ?, OFCE - 25 juillet 2013

     

     

     

     

    « Regards croisés sur la situation en ItalieLa Gauche et le libéralisme : pour une clarification »

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    BA
    Dimanche 28 Juillet 2013 à 21:27

    Nous venons de vivre une semaine historique : les grands commentateurs médiatiques viennent ENFIN de comprendre que des pays européens vont faire défaut.

     

    Mardi 23 juillet 2013 :

     

    A propos des défauts de paiement des pays européens, Jean-Marc Vittori écrit :

     

    Réfléchir à l'effacement des dettes publiques.

     

    C'est intenable. En un an, la dette publique a augmenté de 450 milliards d'euros dans les pays de l'euro.

     

    [ ... ] 

     

    La deuxième manière est sans nul doute plus violente, mais elle va sans doute finir par s'imposer : c'est l'effacement d'une partie de la dette. En jargon, on parle de restructuration pour ne pas effrayer l'épargnant qui détient cette dette d'une manière ou d'une autre. La Grèce y est passée l'an dernier. Le Portugal, qui aura beaucoup de mal à lever les 15 milliards d'euros prévus sur les marchés l'an prochain, risque d'y aller. Les autorités européennes acceptent peu à peu la perspective de la restructuration, comme l'ont prouvé le plan grec de l'an dernier, l'intervention chypriote cette année, ou l'imputation des pertes des banques à leurs créanciers prévue dans le projet d'union bancaire. Le FMI, lui, a lancé en avril dernier un vaste chantier sur le sujet en soulignant que les restructurations ont souvent été par le passé trop faibles et trop tardives. Les propositions abondent : processus d'arbitrage, création d'une cour internationale de restructuration des dettes, allongement automatique des maturités des obligations émises par un Etat en cas d'assistance financière fournie par le Mécanisme européen de stabilité… La sortie de la crise européenne dépendra de notre capacité collective à gérer un effacement de dettes, puis ses conséquences économiques et sociales. Il est urgent d'y réfléchir.

     

    http://www.lesechos.fr/opinions/edito/0202911635059-reflechir-a-l-effacement-des-dettes-publiques-588695.php

     

    A propos des défauts de paiement des pays européens, Patrick Artus écrit :

     

    "Un défaut est inévitable pour les pays les plus vulnérables de la zone euro"

     

    La Tribune : Mais n'y a-t-il pas un danger d'une réaction en chaîne si l'un des pays de la zone euro fait défaut ?

     

    Patrick Artus : Le problème, c'est que l'on n'a pas mis en place les institutions nécessaires pour permettre d'éviter la contagion. Par exemple, si demain le Portugal fait défaut, nous n'avons rien pour empêcher les marchés d'attaquer les autres dettes européennes. Quant à l'OMT, il est inefficace parce qu'il ne peut être déclenché que si un pays demande à être placé sous programme d'aide. Il n'intervient qu'après le désastre, alors que ce mécanisme devrait être préventif. Mais il n'y a pas que cela. Il faut aussi prendre en compte le fait que les banques sont d'énormes détenteurs de dette publique. Pour qu'il y ait un défaut organisé, il faut prévoir avant une recapitalisation des banques. Or, le MES n'est pas prêt. Donc pour l'heure, un défaut signifierait automatiquement une crise bancaire.

     

    http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20130723trib000777111/patrick-artus-un-defaut-est-inevitable-pour-les-pays-les-plus-vulnerables-de-la-zone-euro.html

     

    A propos des défauts de paiement des pays européens, Romaric Godin écrit :

     

    L’automne sera placé sous le signe de la restructuration des dettes publiques dans les pays périphériques de la zone euro. Même si officiellement, il ne saurait en être question, l’idée fait en effet son chemin. Rajouter de la dette du MES (Mécanisme européen de stabilité) à de la dette pour « sauver temporairement » ces pays comme cela a été le cas depuis 2011 ne saurait être une solution durable. Mais comment restructurer une dette ? L’histoire donne un certain nombre de pistes. Et permet également d’évaluer les conséquences de ces défauts.

     

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20130725trib000777526/restructuration-de-la-dette-europeenne-mode-d-emploi.html

     

    Pronostic :

     

    Les pays européens qui vont faire défaut sont les suivants :

     

    Grèce, Italie, Portugal, Irlande, Belgique, France, Espagne, Royaume-Uni, Chypre, et plus si affinités.

     

    1-        Médaille d’or : Grèce. Dette publique de 305,291 milliards d’euros, soit 160,5 % du PIB.

     

    2-        Médaille d’argent : Italie. Dette publique de 2034,763 milliards d’euros, soit 130,3 % du PIB.

     

    3-        Médaille de bronze : Portugal. Dette publique de 208,284 milliards d’euros, soit 127,2 % du PIB.

     

    4-        Irlande : dette publique de 204,054 milliards d’euros, soit 125,1 % du PIB.

     

    5-        Belgique : dette publique de 394,220 milliards d’euros, soit 104,5 % du PIB.

     

    6-        France : dette publique de 1870,294 milliards d’euros, soit 91,9 % du PIB.

     

    7-        Espagne : dette publique de 922,828 milliards d’euros, soit 88,2 % du PIB.

     

    8-        Royaume-Uni : dette publique de 1385,701 milliards de livres sterling, soit 88,2 % du PIB.

     

    9-        Chypre : dette publique de 15,342 milliards d’euros, soit 86,9 % du PIB.

     

     

    http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-22072013-AP/FR/2-22072013-AP-FR.PDF

    2
    BA
    Mardi 30 Juillet 2013 à 07:53

    Lundi 29 juillet 2013 :

     

    A propos des défauts de paiement des pays européens, Mory Doré écrit :

     

    On le voit il n’existe pas de solution simple à la crise des dettes souveraines de la zone euro : pas de possibilité de forte réduction de dette publique compte tenu du potentiel de croissance limité ; pas de possibilité de détruire purement et simplement la dette, sauf à mettre la BCE en péril ou à en revenir à des mécanismes de monétisation d’il y a plus de 40 ans. Il reste alors des solutions de restructuration qui devront être directement ou indirectement supportées par les investisseurs institutionnels et les épargnants privés.

     

    Mory Doré.

     

    http://lecercle.lesechos.fr/entreprises-marches/finance-marches/finances/221177589/insoutenable-dette-reduire-detruire-restructu 

     

    Pronostic :

     

    Les pays européens qui vont faire défaut sont les suivants :

     

    Grèce, Italie, Portugal, Irlande, Belgique, France, Espagne, Royaume-Uni, Chypre, et plus si affinités.

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    BA
    Vendredi 2 Août 2013 à 14:19

    Jeudi 25 juillet 2013 :

     

    "La crise de l'euro va s'aggraver à la fin de l'automne"

     

    Il y a un an, le président de la BCE Mario Draghi a annoncé son intention de tout faire pour sauver l'euro. L'ancien économiste en chef de la BCE Jürgen Stark estime que cette crise de l'euro lui sera fatale. Il craint que la BCE doive bientôt soutenir la France avec des rachats d'obligations de l'Etat français.

     

    L'ancien économiste en chef de la Banque centrale européenne (BCE), Jürgen Stark, met en garde contre un rebond violent dans la crise de la dette en zone euro. 

    "Je pense que la crise va s'aggraver à la fin de l'automne. Nous entrons dans une nouvelle phase de gestion de la crise", a dit Jürgen Stark au Handelsblatt (édition du vendredi). "Après les élections législatives allemandes à la fin du mois de septembre, la France va accroître la pression sur la BCE et sur l'Allemagne. Le programme de rachat des obligations d'Etat OMT devrait en fait être utilisé en Espagne et en Italie. Mais la pression sera énorme pour que la BCE utilise cet instrument en France. Et sans ce déclenchement du programme de rachat d'obligations, il faudra mettre sur pied un plan de sauvetage", a déclaré Stark.

     

    http://www.handelsblatt.com/politik/konjunktur/geldpolitik/ex-ezb-chefvolkswirt-stark-die-euro-krise-wird-sich-im-spaetherbst-zuspitzen/8549974.html

     

    La réalité, ici encore, rattrape le petit corrézien François Hollande, qui aura donc fait une erreur de 5 points de PIB dans ces estimations de croissance entre 2012 et 2014 ! S’il n’avait pas raconté n’importe quoi, on produirait en 2014 plus de 70 milliards d’euros en plus et on aurait 35 milliards de déficit en moins. Conséquences : le gouvernement n’a donc pas les moyens d’appliquer la politique pour laquelle il a été élu, et il est même obligé de faire le contraire de ce qu’il avait promis… Pire, la parole de la France perd encore de la crédibilité parce que tout le monde sait bien qu’on ne tiendra pas nos engagements européens, même révisés. Et puis notre économie s’en remet encore une fois à la très grande mansuétude des copains de Pépère, les marchés financiers. Attendez qu’ils s’énervent, et c’est le défaut de paiement…

     

    Nos amis les européens. 

     

    Jürgen Stark, l’ancien chef économiste de la BCE, a jeté un joli pavé dans la mare hollandiste cette semaine, en reconnaissant s’attendre à un défaut de paiement français à l’automne. En d’autres termes, il prédit la faillite de la France dans les 4 mois qui viennent… On se dit d’abord qu’il n’a pas écouté pépère le 14 juillet, ce monsieur, puisqu’il nous annonçait en fanfare que la reprise « était là » ! Remarquons que Pépère n’en était pas à son coup d’essai : il nous claironne depuis quelques temps déjà que la crise européenne est derrière nous alors qu’on continue de donner entre 5 à 6 milliards à la Grèce tous les 3 mois… de l’argent d’ailleurs que nous n’avons pas… Tout ça va mal finir, on pressent… Manquerait plus qu’Angela repasse en Allemagne, et Pépère se retrouverait bien, tiens…

     

    http://24heuresactu.com/2013/08/02/une-semaine-en-hollandie-45/

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    BA
    Mercredi 7 Août 2013 à 15:23

    Mardi 6 août 2013 :

     

    Sortir de l'euro, mais comment ?

     

    « En fait, nous sommes déjà sortis de la zone euro », a admis M. Nicos Anastasiades, président de Chypre, un pays où les billets n'ont plus la même valeur qu'en Grèce ou en Allemagne. L'explosion de la monnaie unique aurait-elle commencé ? Contre le scénario du chaos, l'idée d'une sortie de l'euro concertée et organisée fait son chemin.

     

    par Frédéric Lordon *

     

    Beaucoup, notamment à gauche, continuent de croire qu’on va changer l’euro. Qu’on va passer de l’euro austéritaire présent à un euro enfin rénové, progressiste et social. Cela n’arrivera pas. Il suffirait d’évoquer l’absence de tout levier politique en l’état d’incrustation institutionnelle de l’actuelle union monétaire européenne pour s’en faire une première idée. Mais cette impossibilité tient surtout à un argument beaucoup plus fort, qui s’exprime à la manière d’un syllogisme.

     

    Majeure : l’euro actuel procède d’une construction qui a eu pour effet, et même pour intention, de donner toute satisfaction aux marchés de capitaux et d’organiser leur emprise sur les politiques économiques européennes.

     

    Mineure : tout projet de transformation significative de l’euro est ipso facto un projet de démantèlement du pouvoir des marchés financiers et d’expulsion des investisseurs internationaux du champ de la construction des politiques publiques.

     

    Ergo, conclusions : 1. Jamais les marchés ne laisseront s’élaborer tranquillement, sous leurs yeux, un projet qui a pour évidente finalité de leur retirer leur pouvoir disciplinaire ; 2. Sitôt qu’un tel projet commencerait d’acquérir un tant soit peu de consistance politique et de chances d’être mis en œuvre, il se heurterait à un déchaînement de spéculation et à une crise de marché aiguë qui réduiraient à rien le temps d’institutionnalisation d’une construction monétaire alternative, et dont la seule issue, à chaud, serait le retour aux monnaies nationales.

     

    La gauche-qui-continue-d’y-croire n’a donc le choix qu’entre l’impuissance indéfinie… ou bien l’advenue de cela même qu’elle prétend vouloir éviter (le retour aux monnaies nationales), sitôt que son projet de transformation de l’euro commencerait à être pris au sérieux !

     

    Encore faut-il s’entendre sur ce que veut dire ici « la gauche » : certainement pas le Parti socialiste (PS), qui n’entretient plus avec l’idée de gauche que des rapports d’inertie nominale, ni la masse indifférenciée de l’européisme, qui, silencieuse ou béate pendant deux décennies, vient de découvrir les tares de son objet chéri et réalise, effarée, qu’il pourrait bien partir en morceaux.

     

    Mais l’on ne rattrape pas en un instant une aussi longue période de sommeil intellectuel bienheureux. Aussi le concours aux planches de salut s’est-il ouvert avec la douceur d’un réveil en pleine nuit, dans un mélange de légère panique et de totale impréparation.

     

    En vérité, les pauvres idées auxquelles l’européisme raccroche ses derniers espoirs ne sont plus que des mots creux : euro-obligations (ou eurobonds), « gouvernement économique » ou, encore mieux, «saut démocratique» — façon François Hollande-Angela Merkel, on voit d’ici l’hymne à la joie —, solutions de carton pour une pensée Potemkine qui, n’ayant jamais rien voulu interroger, risque de ne jamais rien comprendre. Peut-être, d’ailleurs, s’agit-il moins de comprendre que d’admettre. Admettre enfin la singu­larité de la construction européenne comme gigantesque opération de soustraction politique.

     

    Mais que s’agissait-il de soustraire, au juste ? Ni plus ni moins que la souveraineté populaire. La gauche de droite, comme par hasard européiste forcenée, se reconnaît entre autres à ceci qu’elle a les oreilles qui saignent quand elle entend le mot de souve­raineté, immédiatement disqualifié en « -isme » : souverainisme. La chose étrange est qu’il ne vient pas un instant à l’esprit de cette « gauche »-là que « souveraineté », d’abord comprise comme souveraineté du peuple, n’est que l’autre nom de la démocratie même. Serait-ce que, disant « démocratie », ces gens-là auraient tout autre chose en tête ?

     

    Par une sorte d’aveu involontaire, en tout cas, le refus de la souveraineté est bel et bien le déni de la démocratie en Europe. « Repli national » est alors le mot-épouvantail destiné à faire oublier cette légère absence. On fait grand bruit d’un Front national à 25 %, mais sans jamais vouloir se demander si ce niveau — en effet alarmant ! — n’aurait pas quelque chose à voir, et même d’assez près, avec la destruction de la souveraineté, non comme exaltation mystique de la nation, mais comme capacité des peuples à maîtriser leur destin.

     

    Que reste-t-il en effet de cette capacité dans une construction qui a fait le choix délibéré de neutraliser par voie constitu­tionnelle les politiques économiques — budgétaires et monétaire — en les soumettant à des règles de conduite automatique inscrites dans des traités ?

     

    Les défenseurs du « oui» au traité constitu­tionnel européen (TCE) de 2005 avaient feint de ne pas voir que l’argument central du «non» résidait dans la partie III, certes acquise depuis Maastricht (1992), Amster­dam (1997) et Nice (2001), mais répétant au travers de toutes ces confirmations le scandale intrinsèque de la soustraction des politiques publiques au critère central de la démocratie : l’exigence de remise en jeu et de réversibilité permanentes.

     

    Car il n’y a plus rien à remettre en jeu, ni même à discuter, lorsqu’on a fait le choix de tout écrire une fois pour toutes dans des traités inamovibles. Politique monétaire, maniement de l’instrument budgétaire, niveau d’endettement public, formes du financement des déficits : tous ces leviers fondamentaux ont été figés dans le marbre. Comment pourrait-on discuter du niveau d’inflation désiré quand celui-ci a été remis à une banque centrale indépendante et coupée de tout? Comment pourrait-on délibérer d’une politique budgétaire quand son solde structurel est prédéterminé («règle d’or») et son solde courant plafonné ? Comment décider d’une répudiation de dette lorsque les Etats ne peuvent plus se financer que sur les marchés de capitaux ?

     

    Faute d’apporter la moindre réponse à ces questions, ou plutôt par l’approbation implicite qu’elles donnent à cet état de choses constitutionnel, les indigentes trouvailles du concours Lépine européiste sont vouées à systématiquement passer à côté du problème central.

     

    On se demande ainsi quel sens pourrait avoir l’idée de «gouvernement écono­mique» de la zone euro, cette baudruche agitée depuis vingt ans par le PS, quand, précisément, il n’y a plus rien à gouverner, toute la matière gouvernable ayant été dérobée à une délibération gouvernante pour être enfermée dans les traités.

     

    Sous des dehors de grand bond en avant par la sophistication financière, renouant d’ailleurs en cela avec la stratégie européenne de l’engrenage « technique », les euro-obligations, pour leur part, n’ont aucune des propriétés qu’imaginent leurs concepteurs. L’Allemagne, qui jouit des taux d’intérêt les plus bas lorsqu’elle emprunte sur les marchés, voit très bien ce qu’il lui en coûterait de faire signature commune avec les pouilleux du Sud. En accepterait-elle le prix, au nom de l’idéal européen-à-faire-progresser, qu’elle ne manquerait pas de demander, en contre­partie de son engagement à la mutuali­sation financière, un surplus draconien de surveillance et d’ingérence dans les politiques économiques nationales — exactement de la même manière qu’elle a contraint ces politiques, à travers les traités et les pactes, au moment d’entrer dans la mutualisation monétaire.

     

    La passion des œillères.

     

    C’est dire que, loin d’alléger si peu que ce soit les tares politiques de la construction présente, les euro-obligations leur feraient connaître au contraire un degré d’aggravation inédit. Qui peut imaginer un seul instant que l’Allemagne consen­tirait à entrer dans le mécanisme de solidarité financière d’une dette mutua­lisée, c’est-à-dire à être mécaniquement contrainte de payer en cas de défaut d’une des composantes, sans exiger, par le truchement d’une Commission renforcée, un droit de regard drastique et permanent, additionné d’une procédure de mise sous tutelle au moindre écart de l’un des «parte­naires» ? Le durcissement des contraintes de pilotage automatique et des formes de « troïkation » généralisée — mise sous tutelle des Etats par la Commission, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international — sont le seul résultat escomptable des euro-obligations. Soit l’exact approfondissement de la crise politique où l’Europe est déjà en train de sombrer…

     

    Dans cette affaire, c’est l’Allemagne qui est au principe de la dépossession généra­lisée de souveraineté, seule solution admis­sible à ses yeux quand il s’agit de partager un destin économique et surtout monétaire avec d’autres, dont elle juge qu’ils ne peuvent exercer leur souveraineté que pour le pire. Alors, neutralisation générale ! Ne reste vivace que… la souveraineté alle­mande, qui s’est transportée telle quelle dans les institutions économiques et monétaires européennes.

     

    Les cris d’épouvante qui accueillent toute mise en cause de l’Allemagne se succèdent alors avec une telle stéréotypie qu’ils finissent par en dire plus long sur ceux qui les émettent que sur l’objet dont il est question. Comme dans les formes inverties de racisme qui croient se dénier elles-mêmes en professant des amitiés trop bruyantes pour être honnêtes, il se pourrait que les plus travaillés par la question allemande soient ceux qui clament spontanément leur germanomanie comme refus de toute analyse.

     

    A égale distance des pôles opposés de la philie et de la phobie, où l’on est bien certain qu’aucune intelligence ne peut prospérer, il y a place pour l’analyse objective des complexions structurelles, des héritages historiques, et des rapports de compatibilité ou d’incompatibilité qui en résultent quand il s’agit de faire vivre ensemble des pays différents à un degré un peu poussé d’intégration. En l’occurrence, il faut vraiment avoir la passion des œillères pour ne pas voir que l’Allemagne s’est fabriqué une croyance autour de la monnaie, qui l’érige en enjeu si élevé que la moindre concession en cette matière lui est simple­ment impossible. Si elle a accepté d’entrer dans l’euro, ce n’était qu’à la condition sine qua non de pouvoir dicter à la monnaie européenne son architecture institution­nelle, décalquée sur la sienne propre.

     

    Que l’Allemagne se soit perdue dans l’idée (fausse) que son hyperinflation de 1923 a été l’antichambre du nazisme, quand la déflation de 1931 l’a été bien plus probablement, la chose n’a aucune importance : elle y croit, et elle agit confor­mément à cette croyance. Nul ne peut lui reprocher d’avoir l’histoire qu’elle a, ni d’adhérer aux récits qu’elle s’en est donnés. Nul ne peut lui reprocher d’en avoir conçu une vision singulière de ce que doit être un ordre monétaire, et de refuser d’entrer dans un ordre qui en diffé­rerait. Mais l’on peut assurément reprocher à Berlin d’imposer ses idées fixes à tous ! Et s’il est parfaitement légitime de laisser l’Allemagne poursuivre ses obsessions monétaires, il est tout aussi légitime de ne pas désirer les poursuivre avec elle. Parti­culièrement quand ces principes monétaires ne conviennent pas aux structures écono­miques et sociales des autres pays, et, en l’occurrence, en conduisent quelques-uns au désastre.

     

    Car certains Etats membres ont besoin de dévaluation ; certains, de laisser se creuser les déficits ; certains, de répudier une partie de leur dette ; d’autres, d’inflation. Et tous ont surtout besoin que ces choses-là redeviennent des objets possibles de délibération démocratique ! Mais les principes allemands, inscrits dans les traités, l’interdisent…

     

    Qu’il n’y ait pas lieu de placer ses espoirs dans le « saut démocratique » proposé par M. Hollande et Mme Merkel est sans doute un euphémisme. La réacti­vation d’un projet fédéraliste demeure de toute façon un horizon des plus flous tant qu’on n’a pas dit en quoi il consisterait, et qu’on ne s’est pas donné la peine d’en examiner les conditions de possibilité. Il faudrait d’abord demander aux partisans de l’avancée fédéraliste de nous figurer le miracle qui conduirait l’Allemagne à accepter que réintègrent le cercle de la délibération démocratique toutes ces questions qu’elle s’est méthodiquement efforcée d’en exclure ; puis leur demander s’ils estiment qu’un fédéralisme toujours constitutionnellement interdit de débattre de ces questions demeurerait à leurs yeux un «saut démocratique» (2).

     

    Pour le plaisir de l’expérience de pensée, accordons-leur cependant l’hypothèse d’une démocratie européenne fédérale tout armée, avec un pouvoir législatif européen digne de ce nom, évidemment bicaméral, doté de la plénitude de ses prérogatives, élu au suffrage universel, comme l’exécutif européen (dont on ne sait d’ailleurs la forme qu’il pourrait prendre). La question qu’on poserait à tous ceux qui rêvent ainsi de «changer d’Europe pour surmonter la crise (3) » serait alors la suivante : imaginent-ils l’Allemagne se plier à la loi de la majorité européenne si d’aventure le Parlement souverain venait à décider la reprise en main de la BCE, la possibilité du finan­cement monétaire des Etats ou bien le déplafonnement des déficits budgétaires ?

     

    Pour la généralité de l’argument, on ajoutera que la réponse – évidemment négative – serait la même, en l’occurrence on l’espère !, si cette même loi de la majorité européenne venait imposer à la France la privatisation intégrale de la Sécurité sociale. Au fait, que n’aurait-on entendu si la France avait imposé à l’Europe sa forme à elle de Sécu, comme l’Allemagne a imposé son ordre monétaire, et si, comme cette dernière, elle en avait fait un point d’ultimatum ?…

     

    Il faudra donc que les ingénieurs du fédéralisme finissent par apercevoir que les institutions formelles de la démocratie n’en épuisent nullement le concept, et qu’il n’est pas de démocratie vivante, ni possible, sans un arrière-plan de senti­ments collectifs seul à même de faire consentir les minoritaires à la loi de la majorité ; car, à la fin des fins, la démo­cratie, c’est ça : la délibération plus la loi de la majorité. Mais c’est bien là le genre de choses que les hauts fonctionnaires ou les économistes – dépourvus de toute culture politique, et qui forment pourtant l’essentiel des personnels politiques nationaux et européens, sont incapables de voir. Cette insuffisance intellectuelle nous vaut régulièrement de ces monstres institutionnels ignorants du principe de souveraineté, le « saut démocratique » s’annonçant déjà totalement inconscient des conditions de possibilité passionnelles de la démocratie, et de la difficulté d’y satisfaire dans un cadre plurinational.

     

    Une fois rappelé que le retour aux monnaies nationales, lui, les remplit toutes, et demeure techniquement pra­ticable pour peu qu’il s’accompagne de toutes les mesures latérales ad hoc (notamment de contrôle des capitaux [4]), on peut ne pas complètement abandonner l’idée de faire quelque chose en Europe. Pas une monnaie unique, puisque celle-ci suppose une construction politique authen­tique, pour l’heure hors de portée. Une monnaie commune, en revanche, cela s’étudie ! D’autant plus que les bons arguments d’une forme d’européanisation demeurent, sous réserve bien sûr que les inconvénients ne l’emportent pas sur les avantages…

     

    Or cette balance redevient enfin favorable si, en lieu et place d’une monnaie unique, on pense à une monnaie commune, c’est-à-dire à un euro doté de représentants nationaux : des euro-francs, des euro-pesetas, etc. Ces dénominations nationales de l’euro ne sont pas direc­tement convertibles à l’extérieur (en dollars, en yuans, etc.), ni entre elles. Toutes les convertibilités, externes et internes, passent par une nouvelle BCE, qui fait office en quelque sorte de bureau de change (lire ci-dessous), mais est privée de tout pouvoir de politique monétaire. Celui-ci est rendu à des banques centrales nationales dont il appartiendra aux gouver­nements de juger s’ils entendent en reprendre les rênes ou non.

     

    La convertibilité externe, réservée à l’euro, s’effectue classiquement sur les marchés de change internationaux, donc à taux fluctuants, mais via la BCE, qui est le seul intervenant pour le compte des agents (publics et privés) européens. En revanche, la convertibilité interne, celle des représentants nationaux de l’euro entre eux, s’effectue au seul guichet de la BCE, et à des parités fixes, politi­quement décidées.

     

    Récupération de la souveraineté monétaire.

     

    Nous voilà donc débarrassés des marchés de change intra-européens, qui étaient le foyer de crises monétaires récur­rentes à l’époque du système monétaire européen (5), et protégés des marchés de change extra-européens par l’intermé­diaire du nouvel euro. C’est cette double propriété qui fait la force de la monnaie commune.

     

    Le fantasme de la convergence « automa­tique » des économies européennes maintenant dissipé, nous savons que certaines économies ont besoin de dévaluer – à plus forte raison dans la crise présente ! Or le dispositif de convertibilité interne de la monnaie commune a l’immense vertu de rendre à nouveau possibles ces dévalua­tions, mais dans le calme. L’expérience des aimées 1980 et 1990 a suffisamment montré l’impossibilité d’ajustements de change ordonnés sous le déchaînement de marchés financiers entièrement libéralisés. Le calme interne d’une zone monétaire européenne débarrassée du fléau de ses marchés de change rend alors les dévalua­tions à des processus entièrement poli­tiques, où il revient à la négociation inter-étatique de s’accorder sur une nouvelle grille de parités.

     

    Et pas seulement les dévaluations ! Car l’ensemble pourrait être configuré à la manière de l’International Clearing Union proposée par John Maynard Keynes en 1944, qui, outre la possibilité de dévaluer offerte aux pays à forts déséquilibres extérieurs, prévoyait également de forcer à la réévaluation les pays à forts excédents. Dans un tel système, qui contraindrait à des réévaluations graduées au travers d’une série de seuils d’excédents (par exemple à 4 % du produit intérieur brut, puis 6 %), l’Allemagne aurait dû depuis longtemps accepter une appréciation de son euro­mark, et par là soutenir la demande dans la zone euro, donc participer à la réduction de ses déséquilibres internes. Ainsi des règles d’ajustement de change viennent-elles suppléer dans la négociation le mauvais vouloir prévisible des pays excédentaires…

     

    Le catéchisme néolibéral hurle « ineffi­cacité» et «inflation» dès qu’il entend le mot « dévaluation ». Pour ce qui est de l’inefficacité, disons que l’esprit de consé­quence n’est pas tout à fait son fort. Car la dévaluation, c’est ce qu’il ne cesse de préconiser lui-même ! A ceci près qu’il plaide pour la dévaluation interne, par les salaires – et le chômage, qui fait pression sur les salaires ! -, en lieu et place de la dévaluation externe, celle du taux de change. L’ajustement structurel plutôt que l’ajustement de parité des monnaies… S’ils venaient à sortir de l’euro pour refaire cavalier seul, les Allemands s’en aperce­vraient rapidement, qui verraient une décennie de restriction salariale annulée en deux journées de réévaluation du néo­deutschemark…

     

    Quant à l’inflation, qui demanderait de préférer le premier ajustement au second, c’est un ectoplasme dans une période qui est bien plutôt menacée par la déflation (la baisse du niveau général des prix), au moins aussi dangereuse, et qui appellerait en fait une reflation contrôlée, ne serait-ce que pour alléger le poids réel de la dette.

     

    Mais cet effet d’allégement réel ne serait-il pas dominé par le renchérissement de notre dette externe du fait de la dévaluation même ? Dévaluer de 10 % contre le dollar, c’est, mécaniquement, alourdir de 10 % notre dette libellée en dollars. A ceci près que, comme l’a montré Jacques Sapir (6), 85 % de la dette française a été émise sous contrat de droit français et serait relibellée en euro-francs, par conséquent sans aucun effet à la suite d’une dévaluation.

     

    L’enjeu d’une monnaie commune, en tout cas, va bien au-delà de la simple restau­ration des possibilités de la dévaluation, dont on peut à la fois dire qu’elle est, spécialement dans la période actuelle, un degré de liberté vital, mais certainement pas la solution universelle. Sortir de l’euro présent est bien moins une affaire de macroéconomie – c’en est une, assu­rément ! – que de conformation à l’impératif catégorique de la démocratie qui s’appelle «souveraineté populaire ».

     

    Si les conditions de possibilité passion­nelles de cette souveraineté populaire à l’échelle supranationale sont encore lointaines, alors le réalisme commande d’en rabattre sur l’« ambition européenne»; ce qui ne signifie pas l’abandonner en tout. Elle devrait par exemple être poursuivie aussi vigoureusement que possible dans toutes les matières autres qu’économiques — ceci dit contre les imputations de «repli national ».

     

    Quant à l’ambition proprement économique, il s’agit aussi de savoir avec qui on la poursuit. Certainement pas à vingt-huit ou à dix-sept, grands nombres qu’on croirait faits exprès pour garantir le pire ! Ce sont les rapports objectifs de compa­tibilité qui décident, supposant une homo­généité minimale des formes de vie — les mêmes idées, ou des idées proches, en matière de modèle social, de préoccupation environnementale, etc. —, et un préaccord sur les grands principes de politique écono­mique. Ces cohérences-là ne sont proba­blement, pour commencer, à la portée que d’un petit nombre d’Etats. Et il n’est pas faux qu’elles puissent parfois s’apprécier sur la base d’indicateurs de convergence… mais pas ceux du traité de Maastricht.

     

    S’il s’agit par exemple de constituer un grand marché comme entité sous-jacente à la monnaie commune, on ne saurait y faire entrer que des économies ayant des modèles socioproductifs semblables et, corrélativement, des structures de coûts voisines. Ne seraient par conséquent admis dans cette nouvelle Europe économique et monétaire que des pays dont le salaire moyen ou minimum n’est pas inférieur à 75 % — ou quelque autre seuil à déter­miner — de la moyenne des salaires moyens ou minimums des autres Etats membres. Et cette totale refonte de la construction européenne serait l’occasion d’en finir à la fois avec le délire de l’orthodoxie monétaire, financière, de l’ajustement structurel généralisé, et avec les malfai­sances de la concurrence «non distordue», celle-là même qui s’accommode si bien de toutes les distorsions structurelles, sociales et environnementales, et qui se propose en réalité de les faire jouer avec la violence maximale.

     

    C’est ici qu’on en revient au syllogisme de départ : l’idée de passer de l’euro actuel à un euro refait et progressiste est un songe creux. Par construction, s’il est progressiste, les marchés financiers, qui ont tout pouvoir actuellement, ne le lais­seront pas advenir.

     

    L’alternative est donc la suivante : ou bien l’enlisement définitif dans un euro libéral marginalement modifié par des trouvailles de seconde zone comme le « gouvernement écono­mique » ou les euro-obligations, emplâtres qui ne modifient en rien la logique profonde de la « soustraction démocra­tique » ; ou bien le choc frontal avec la finance, qui l’emportera à coup sûr… et par là même perdra tout, puisque sa «victoire» détruira l’euro et créera préci­sément les conditions d’une reconstruction d’où les marchés, cette fois, seront exclus !

     

    Il est bien certain cependant que ce retour forcé aux monnaies nationales, sonnant comme un échec, aura des effets politi­quement dépressifs qui pèseront un moment sur tout projet de relance européenne. C’est pourquoi, toutes choses égales par ailleurs, la probabilité d’une telle relance à terme dépend crucialement de la manière dont on sort de l’euro. Mettre de l’énergie politique européenne en réserve pour traverser la période des monnaies nationales suppose donc de prendre le parti de «tomber sur la monnaie commune», c’est-à-dire de provoquer la déflagration des marchés en annonçant ce projet-là, en le posant fermement comme l’horizon d’une volonté politique d’un certain nombre de pays européens, plutôt que de ne donner à cet affrontement que le débouché sans suite des monnaies natio­nales. Si donc on n’échappe pas au retour aux monnaies nationales, la manière d’y revenir détermine la possibilité d’en repartir !

     

    En tout cas, sauf la grande anesthésie définitive dans l’euro antisocial, on y reviendra. C’est là la sanction d’une construction incapable d’évoluer pour s’être privée elle-même de tout degré de liberté. Les constructions ultrarigides n’ont le choix que de résister tant qu’elles n’ont pas à faire face à des chocs externes trop puissants, ou bien de rompre ; mais pas celui de s’ajuster.

     

    S’en prendre au cœur de la construction.

     

    L’européisme protestera que son Europe aimée ne cesse au contraire de faire des progrès. Fonds européen de stabilité financière (FESF), mécanisme européen de stabilité (MES), rachat de dette souveraine par la BCE (7), union bancaire : autant d’avancées sans doute un peu douloureusement acquises, mais bien réelles ! Malheureusement, et sans surprise, aucune ne s’en prend au coeur même de la construction, ce noyau dur dont émanent tous les effets dépression­naires et antidémocratiques : exposition des politiques économiques aux marchés financiers, banque centrale indépendante, obsession anti-inflationniste, ajustement automatique des déficits, refus d’envi­sager leur financement monétaire. Aussi les « avancées » demeurent-elles périphé­riques, rustines destinées à accommoder comme elles peuvent les plus désastreuses conséquences que le « coeur », granitique et sanctuarisé, ne cesse de produire.

     

    Ravaudant les effets sans jamais vouloir s’en prendre aux causes, l’Europe, donc, persévère. Incapable de la moindre révision de fond, et inconsciente du fait que la rupture est le seul destin qu’elle se donne.

     

    FRÉDÉRIC LORDON.

     

    * Economiste, auteur de « La Crise de trop. Recons­truction d’un monde failli », Fayard, Paris, 2009.

     

    Notes :

     

    (1) Lire François Denord et Antoine Schwartz, «Dès les années 1950, un parfum d’oligarchie», Le Monde diplomatique, juin 2009.

     

    (2) Lire Serge Halimi, «Fédéralisme à marche forcée», Le Monde diplomatique, juillet 2012.

     

    (3) Thomas Piketty, «Changer d’Europe pour surmonter la crise», Libération, Paris, 17 juin 2013.

     

    (4) Par exemple en contingentant, voire en inter­disant, certaines opérations financières.

     

    (5) Le système monétaire européen (SME, 1979-­1993) était un système de changes fixes, mais accom­pagnés d’une bande de fluctuation de plus ou moins 2,25 % autour des taux-pivots. C’est la difficulté de maintenir ces taux-pivots en présence de la liberté de mouvements de capitaux qui a conduit le SME à des crises à répétition.

     

    (6) Jacques Sapir, « Quand la mauvaise foi remplace l’économie : le PCF et le mythe de « l’autre euro », RussEurope, 16 juin 2013, russeurope.hypotheses.org

     

    (7) Le FESF et le MES sont les deux fonds d’assis­tance aux pays endettés. L’Outright Monetary Trans­actions (OMT) est un programme de la BCE de rachat de titres souverains.

     

    http://www.pcfbassin.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=11375:sortir-de-leuro-mais-comment-&catid=36:europe&Itemid=9

    5
    BA
    Samedi 10 Août 2013 à 14:25

    Samedi 10 août 2013 :

     

    ALERTE - France : Moscovici revoit à la baisse sa prévision de croissance 2013.

     

    Le ministre français de l'Economie Pierre Moscovici a revu à la baisse sa prévision de croissance pour l'année en cours, estimant désormais que le produit intérieur brut du pays devrait évoluer entre -0,1% et +0,1%, tout en assurant que le pays était bien sorti de la récession.

     

    Le gouvernement tablait jusqu'à présence sur une modeste croissance de l'ordre de 0,1% de l'économie du pays. 

     

    En dépit de cette révision à la baisse, le ministre, interrogé par le quotidien Nice Matin, estime que l'économie française est sortie de la récession et qu'elle amorce une reprise qui doit être durable, de plus en plus forte et créatrice d'emplois.

     

    http://www.romandie.com/news/n/_ALERTE___France_Moscovici_revoit_a_la_baisse_sa_prevision_de_croissance_201381100820131327.asp

     

    Prévisions de l'OCDE pour l'année 2013 :

     

    Pour l'année 2013, le PIB de la France va baisser de 0,3 %.

     

    http://www.oecd.org/fr/economie/perspectives/leconomie-mondiale-progresse-mais-le-rythme-de-la-reprise-varie.htm

    6
    BA
    Mardi 13 Août 2013 à 16:11

    Conversation entre un président de la République française (de gauche ou de droite, peu importe) et un Premier ministre français (de gauche ou de droite, peu importe) :

    En 2009 :

    - Le Premier ministre : Chef, la Grèce est en faillite.

    - Le Président de la République : Qu'on lui prête 10 milliards d'euros !

    - On ne les a pas.

    - Qu'on les emprunte, et ensuite qu'on les prête à la Grèce !

    En 2010 :

    - Le Premier ministre : Chef, la Grèce est en faillite.

    - Le Président de la République : Qu'on lui prête 50 milliards d'euros !

    - On ne les a pas.

    - Qu'on les emprunte, et ensuite qu'on les prête à la Grèce !

    En 2011 :

    - Le Premier ministre : Chef, la Grèce est en faillite.

    - Le Président de la République : Qu'on lui prête 100 milliards d'euros !

    - On ne les a pas.

    - Qu'on les emprunte, et ensuite qu'on les prête à la Grèce !

    En 2012 :

    - Le Premier ministre : Chef, la Grèce est en faillite.

    - Le Président de la République : Qu'on lui prête 150 milliards d'euros !

    - On ne les a pas.

    - Qu'on les emprunte, et ensuite qu'on les prête à la Grèce !

    En 2013 :

    - Le Premier ministre : Chef, la Grèce est en faillite.

    - Le Président de la République : Qu'on lui prête 200 milliards d'euros !

    - On ne les a pas.

    - Qu'on les emprunte, et ensuite qu'on les prête à la Grèce !

    En 2014 :

    - Le Premier ministre : Chef, la Grèce est en faillite.

    - Le Président de la République : Qu'on lui prête 240 milliards d'euros !

    - On ne les a pas.

    - Qu'on les emprunte, et ensuite qu'on les prête à la Grèce !

    En 2015 :

    - Le Premier ministre : Chef, la Grèce est en faillite.

    - Le Président de la République : Qu'on lui prête 300 milliards d'euros !

    - Mais le plan de sauvetage de la Grèce a déjà coûté 240 milliards d'euros aux contribuables européens ! Et la Grèce est toujours en faillite !

    - On s'en fout ! Les contribuables européens sont des cons !

     

    Mardi 9 juillet 2013 :

     

    Eurogroupe : la Grèce va recevoir 5,8 milliards d'euros.

     

    La Grèce a reçu lundi soir l'assurance d'obtenir 5,8 milliards d'euros de prêts de l'Eurogroupe et du FMI d'ici à la fin du mois, contre la promesse d'efforts de redressement redoublés. Il s'agit d'une des dernières grandes injections programmées avant l'expiration, fin 2014, d'un plan de secours de 240 milliards. Mais sur fond de récession et de crise politique, il risque d'y en avoir d'autres.

     

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/07/08/20002-20130708ARTFIG00537-grece-l-eurogroupe-pret-a-debloquer-8milliards-d-euros.php

     

    Lundi 12 août 2013 :

     

    La Grèce aura besoin d'une aide supplémentaire en 2014, selon la Buba.

     

    Depuis la déclaration des ministres des Finances de l'Eurogroupe, le 27 novembre dernier, il ne fait plus de doute que la Grèce bénéficiera, d'une façon ou d'une autre, d'un nouveau soutien financier. Les créanciers d'Athènes s'y sont clairement engagés à étudier de nouvelles mesures de réduction de la dette pour autant que le pays soit parvenu à dégager un excédent primaire de son budget (c'est-à-dire hors charges de la dette). Ce dont le gouvernement d'Antonis Samaras s'est fait une priorité absolue pour la fin 2013.

     

    Dans le document cité par le « Spiegel », présenté comme un rapport de la Bundesbank destiné au ministère allemand des Finances et au FMI, la banque centrale allemande prédit que les Etats européens « vont certainement s'accorder sur un nouveau plan d'aide à la Grèce » d'ici au début 2014 au plus tard. Au début du mois d'août, le FMI avait publié un rapport indiquant qu'il manquerait 11 milliards d'euros à la Grèce pour les années 2014 et 2015 pour tenir son objectif d'endettement.

     

    http://www.lesechos.fr/journal20130812/lec2_entreprise_et_marches/0202944751283-la-grece-aura-besoin-d-une-aide-supplementaire-en-2014-selon-la-buba-594565.php

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