• "Ne nous méprenons pas : une sortie disciplinée par la Grèce de la zone euro sera forcément douloureuse sur le plan économique. Mais le spectacle d’une lente implosion erratique de l’économie et de la société grecque pourrait être encore plus pénible à observer" (Mai 2012)

    "On ne sait pas encore si l'euro va survivre. Et si on ne faisait que retarder sa fin sans pouvoir l'éviter ? Dans ce cas, retarder l'inévitable rendrait la disparition de l'euro encore plus destructrice." (Août 2012)

    C'est l'Europe qui pourrait devenir cette année le lieu de tous les dangers géopolitiques. (Janvier 2016)

     

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    "Une fois de plus la gauche a perdu. Bien sûr, nous conservons ce que Daniel Bensaïd nommait « le droit précieux de recommencer ». Nous n’aurons peut-être même pas besoin de patienter très longtemps, tant les contradictions sociales et politiques s’aiguisent sur le vieux continent. Ce qui nous est interdit, en revanche, c’est de répéter les mêmes erreurs. (...) Plusieurs clés d’interprétation s’offrent à nous. Je choisis ici de mettre un nom sur la débâcle de Syriza: le défaitisme. Le défaitisme est cette attitude qui n’envisage que la déroute et finit par y contribuer. Dans le cas présent, il s’agit d’abandonner sa propre politique plutôt que de renoncer à changer l’Europe. Cette préférence pour la défaite au niveau national au nom d’une inaccessible victoire directement continentale est la raison principale pour laquelle les bifurcations possibles en Grèce ont été enterrées. Le refus de rompre avec l’euro par la gauche fut la pierre angulaire du problème, le lieu où l’absorption de Syriza par ce que Tariq Ali appelle l’extrême-centre fut consommée. (...)

    L’analogie historique la plus pertinente est sans doute le fameux tournant de la rigueur décidée par les socialistes français en 1983. François Mitterrand aurait alors déclaré : « je suis partagé entre deux ambitions : celle de la construction de l’Europe et celle de la justice sociale. Le SME (Système monétaire européen) est nécessaire pour réussir la première, et limite ma liberté pour la seconde ». Comme François Mitterrand, Alexis Tsipras a tranché : pour l’Europe, contre la justice sociale. (...)

    L’idée selon laquelle le Grexit aurait été synonyme d’apocalypse est la principale responsable de la débâcle de Syriza. Cette thèse très courante se retrouve par exemple sous la plume de Pierre Laurent, le secrétaire générale du PCF, qui en fait la clé de voûte de son argumentation en défense de la reddition de Tsipras :« le Grexit, souhaité de bout en bout par le gouvernement allemand, aurait signifié une faillite catastrophique pour les couches populaires en Grèce. (…) En acceptant, contraint, les conditions draconiennes de l’accord, c’est donc en quelque sorte maintenu dans la prison de l’austérité que Tsípras a décidé de continuer à mener le combat, parce que le choix alternatif du Grexit n’était pas celui de la liberté mais celui du condamné à mort ». (...)

    Le climat de terreur vis-à-vis du Grexit s’est déployé sur un double registre : d’une part, celui du choc économique associé au changement de régime monétaire et, d’autre part, celui de la puissance symbolique associée à l’euro qui, au-delà de son rôle monétaire, est chargé des aspirations au rattrapage du côté des pays de la périphérie et, plus généralement, d’un horizon humaniste de dépassement des clivages nationaux. (...)

    En quelques années le signifiant Europe a changé de contenu. Ce mot évoquait la fraternisation de peuples autrefois ennemis, la promesse d’une démocratie post-nationale, celle d’une prospérité partagée. Il est désormais synonyme de dépression économique, d’austérité, d’autoritarisme et de rancœur ravivées entre les peuples. Loin d’apporter une convergence des standards de vie à l’échelle continentale, il a produit une polarisation sociale accrue au sein des pays et entre les pays. Les économies de la périphérie sont cantonnées à un statut de semi-protectorat sous le joug d’un nouvel impérialisme orchestré au premier chef par les classes dominantes allemandes et leurs alliées européennes, à commencer par les multinationales françaises de l’industrie et de la banque.

    La victoire dans les urnes de Syriza le 20 septembre 2015 ne change pas la donne. Au contraire, elle entérine la normalisation de ce parti qui avait promis d’interrompre la litanie des coupes budgétaires et des réformes structurelles qui forment aujourd’hui le seul horizon des partis de l’extrême centre. L’échec d’Unité populaire témoigne de la difficulté de rouvrir la brèche lorsque l’enthousiasme est retombé et que prévaut la logique du moindre mal.

    L’événement qui me hante est celui 13 juillet 2015. Ce petit matin lors duquel les espoirs de millions de grecs et des forces de gauche sur tout le continent se sont évanouis a révélé crument une impasse stratégique : prioriser l’idée européenne implique pour la gauche au pouvoir de se nier elle-même. J’en tire une leçon. Pour ne plus s’écraser dans l’insignifiant, la gauche doit s’arrimer solidement aux intérêts immédiats des subalternes, c’est-à-dire récuser l’austérité et préparer la sortie de la monnaie unique. Au défaitisme de l’autre Europe s’oppose la volonté de rompre."


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  • Jeffrey David Sachs est un économiste américain. Il dirige et enseigne à l'Institut de la Terre de l'Université Columbia. Il est consultant spécial du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon
     

    "L’Europe est sur le point de s’effondrer à cause des vanités et du cynisme d’une poignée de banquiers et de politiciens."

    "Fermer un secteur bancaire pendant des semaines ne s’est pas produit depuis la Grande Dépression des années 30. Le pays est déjà au bord de l’effondrement depuis quelques semaines. Il fait des pas de plus vers la falaise. La Banque centrale européenne n’a pas voulu jouer le rôle de prêteur en dernier ressort, parce que Jens Weidmann, président de la Bundesbank, faisait partie des faucons. C’est très choquant. Cela fait quarante ans que je m’investis dans l’économie internationale et je n’ai jamais vu ça; voir cela en 2015, dans une des deux plus grandes économies du monde, tient du cauchemar. C’est la faillite, en soi, d’un système financier et économique sans réelle gouvernance politique."

    "Les Etats puissants ne veulent pas entendre ce qui est douloureux pour les plus faibles. Mais à la fin, ils seront rattrapés par les souffrances qu’ils infligent. Sauf réveil essentiel, le parallèle se terminera ainsi : une série de chocs dramatiques vont se produire et nos systèmes politiques, dominés par des élites sans vision, seront incapables d’y faire face."

     

    ***

     

    La fin de la partie grecque - Jeffrey D. Sachs, Professor at Columbia University
    Les conditions en Grèce aujourd'hui rappellent celles qui prévalaient dans l'Allemagne de 1933.(...)
    Malheureusement, le continent reste divisé selon des lignes tribales. Allemands, Finlandais, Slovaques et Hollandais – entre autres – n’ont cure de la souffrance des Grecs. Leurs dirigeants politiques se soucient de leur circonscription, pas véritablement de l'Europe.(...)
    Il y a près d'un siècle, à la fin de la Première Guerre mondiale, John Maynard Keynes a offert un avertissement qui détient une grande pertinence aujourd'hui. Alors, comme aujourd'hui, les pays créanciers (principalement les États-Unis) exigeaient que les pays profondément endettés honorent leurs dettes. Keynes savait qu'une tragédie se préparait.« Les peuples mécontents d'Europe voudront-ils arranger leur existence pour toute une génération, pour qu’une part appréciable de leur production quotidienne serve à assurer à l'étranger des paiements ? », demanda-t-il dans Les Conséquences économiques de la paix. « Bref, je ne pense pas qu'aucun des tributs  en question soient payés, ou tout au moins plus de quelques années. »(...)
    Le gouvernement grec a raison de mettre des limites. Il a une responsabilité envers ses citoyens. Le véritable choix, après tout, n’est pas dans le camp de la Grèce, mais de l'Europe.
     
     

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  • "On est en train sans doute d’assister à la troisième autodestruction de l’Europe, et de nouveau sous direction allemande"

    "L’établissement de la monnaie unique et d’une Banque centrale est en train de créer une domination de l’oligarchie allemande sur l’oligarchie française, telle qu'il n'en avait jamais existé dans l’histoire"

    "L'explosion de l'euro va être la délégitimisation de tous les connards qui l'on fabriqué"

     

     

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  • (Article fondamental que la gauche radicale devrait méditer...)

    Tsipras-Mélenchon ou Tsipras-De Gaulle ? - Blog Descartes. Extrait.

    Dans cette affaire, on prend un peu trop facilement une position manichéenne et moralisante. D’un côté, la souffrance du peuple grec qui souffre, de l’autre, la cruauté des « institutions » européennes. D’un côté, la légitimité démocratique, de l’autre, la froideur technocratique. Le « gentil » Tsipras contre la « méchante » Merkel. Mais cette vision moralisante est erronée. Alexis Tsipras a été élu pour défendre les intérêts du peuple grec, et il s’honore à le faire. Mais Angela Merkel a été, elle aussi, élue pour défendre les intérêts de son pays. (...)

    Cette crise vient nous rappeler une réalité : le conflit ne se joue pas entre la Grèce et « l’Europe ». Tout simplement parce que « l’Europe » n’existe pas. Il n’y a pas de « peuple européen » pour investir Juncker ou Tusk d’un véritable mandat pour défendre ses intérêts, mandat qui leur permettrait de négocier d’égal à égal avec Tsipras. La légitimité, la vraie, celle qui vient d’une délégation explicitement consentie par les peuples souverains, ce sont les chefs d’Etat et de gouvernement qui la détiennent. Ce sont eux qui, in fine, prennent les décisions. Ce sont eux qui en dernière instance détiennent le pouvoir de refuser les ordres de la bureaucratie bruxelloise, de dénoncer les traités, de quitter l’Euro ou même l’Union européenne. (...)

    Tsipras vient de démontrer avec panache que dans l’ordre de la légitimité, son gouvernement est au dessus de n’importe quelle institution européenne. (...)

    La recherche des coupables ne sert à rien. L’affaire grecque n’est pas la lutte du bien contre le mal, du gentil contre le méchant. C’est un conflit entre des intérêts d’Etat. Et dans ce type de conflit, la question n’est pas celle de savoir qui a raison, mais qu’est ce qu’on fait. L’argent prêté par les allemands est parti, il a été dépensé. Qu’il ait été bien dépensé ou mal dépensé ne change rien au fait : les grecs n’ont pas les moyens de rembourser sans faire d’énormes sacrifices, et le fait qu’ils aient moralement tort ne change absolument rien. Mais voilà : Tsipras et Merkel ont chacun reçu un mandat, et ces mandats sont contradictoires. Tsipras ne peut pas revenir à Athènes et expliquer au Voulé qu’il a accepté un nouveau plan d’austérité, et Merkel ne peut revenir à Berlin et expliquer au Bundestag qu’elle a consenti à la spoliation des retraités allemands.


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  • Joseph Stiglitz est un économiste américain de centre gauche. Il a obtenu le prix nobel d'économie en 2001.  

     

    Europe’s Attack on Greek Democracy - Juin 2015 (Extrait)

    Les dirigeants européens commencent enfin à révéler la vraie nature du conflit au sujet de la dette, et la réponse n'est pas agréable: il est question de pouvoir et de la démocratie beaucoup plus que de l'argent et de l'économie.

    En Janvier, les citoyens de la Grèce ont voté pour un gouvernement engagé à mettre fin à l'austérité. (...) Ce souci de légitimité populaire est incompatible avec la politique de la zone euro, qui n'a jamais été un projet très démocratique. (...) Le modèle économique sous-jacent à la zone euro a été fondé sur des relations de pouvoir qui désavantageaient les travailleurs.

    Et, bien sûr, ce que nous voyons maintenant, 16 ans après que la zone euro ait institutionnalisé ce rapport de force, est l'antithèse de la démocratie: Beaucoup de dirigeants européens veulent voir la fin du gouvernement de gauche du Premier ministre Alexis Tsipras.

    Il est difficile de conseiller Grecs comment voter le 5 Juillet. Aucune de ces solutions - l'approbation ou le rejet du mandat de la troïka - sera facile, et les deux portent des risques énormes. Un vote oui signifierait la dépression presque sans fin. (...)

    En revanche, un vote non ouvrirait la possibilité à la Grèce, avec sa forte tradition démocratique, de reprendre en main son destin. Les grecs aurait la possibilité de se façonner un avenir qui, quoique peut-être pas aussi prospère que la situation passée, sera néanmoins beaucoup plus prometteur que la situation actuelle de torture inadmissible. Quant à moi, je sais comment je voterais.

    Project Syndicate

     

     

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  • Un spectre hante l'Europe: le spectre du populisme. Toutes les puissances de la vieille Europe se sont unies en une Sainte Alliance pour traquer ce spectre: le Président Junker et le banquier Draghi, Merkel et Schauble, les socialistes de France et les marchés financiers européens.
     

     

    La zone euro s’inquiète des choix du futur gouvernement grec - Le Monde

    La Commission européenne, qui a quasi ouvertement soutenu le candidat conservateur à la présidence grecque, redoute que l’arrivée au pouvoir du parti de la gauche radicale Syriza, suite aux futures législatives, ne remette en cause son scénario « optimiste » pour la Grèce.

    Les Européens craignent que Syriza ne remette en cause la discipline budgétaire imposée au pays par la fameuse « troïka » des créanciers (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international), qui a porté le chômage à plus de 25 % de la population active, mais qui, estiment-ils, commence justement à porter ses fruits. De fait, en 2015, la Grèce pourrait dégager un excédent budgétaire, et voir sa croissance approcher les 3 %.

    « Un support large des électeurs et des leaders politiques grecs pour des réformes en faveur de la croissance sera essentiel pour prospérer à nouveau au sein de la zone euro », a déclaré, lundi 29 décembre, le commissaire européen à l’économie, Pierre Moscovici. Wolfgang Schäuble, ministre des finances allemand, s’est fait plus menaçant : « De nouvelles élections ne changeront pas les accords que nous avons conclus avec le gouvernement grec », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il n’y avait « pas d’alternative » aux réformes.(...)

    Les Grecs doivent accomplir un « dernier effort », selon les autorités européennes, qui sont en train de finaliser la négociation du projet de budget 2015 du pays avec le gouvernement d’Antonis Samaras.

    Source  : Lemonde.fr


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  • "La triste vérité est que le système euro semble de plus en plus voué à l'échec. Et une vérité encore plus triste est que vu comme le système se comporte, l'Europe se porterait sans doute mieux s'il s'écroulait plutôt aujourd'hui que demain." (Octobre 2011)

    "Il est donc difficile d'éviter un profond sentiment de désespoir. Plutôt que d'admettre qu'ils se sont trompés, les dirigeants européens semblent déterminés à faire tomber leur économie - et leur société - d'une falaise. Et c'est le monde entier qui en paiera le prix." (Avril 2012)

    Comment la Grèce s’est-elle retrouvée autant en difficulté ? C’est la faute de l’euro. (Juin 2012)

    "Nous assistons à l'une des plus grandes catastrophes économiques de l'histoire" (Septembre 2014)

     

    Paul Krugman, Prix nobel

     

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